‹ De la thoracentèse par aspiration dans la pleurésie aiguëChapitre 2 sur 7 · DE LA TI10RACENTÈSE · texte numérisé non relu

DE LA TI10RACENTÈSE

médicaux el attendre la chute de la lièvre avant de prendre une décision. Mais la défervescence de la pleurésie n’a aucune époque fixe; dans d’autres phlegmasies, dans la pneumonie lobairc, par exemple, on sait à peu près à quel moment la fièvre doit tomber; ici, au contraire, rien n’est prévu, et la défervescence, participant en cela de toutes les irrégularités de la pleurésie, se fait du septième au trentième jour, indistinctement. De plus, il s’en faut que la chute de la fièvre soit toujours le signal de la diminution du liquide : c’est un point sur lequel a fort judicieusement insisté M. Woillez; le liquide peut se résorber en pleine période fébrile, et par contre, l’épanchement peut progresser en dépit de la défervescence; du reste, ne voyons-nous pas tous les jours des pleurésies dites latentes (je ne dis pas des hydrothorax) dans lesquelles la période fébrile passe inaperçue, alors que l’épanchement prend des proportions considérables ?

Il faut donc surveiller à la fois le malade el l'épanchement, puisque signes physiques et symptômes fonctionnels ne sont pas toujours solidaires, et guetter avec soin la défervescence, qui souvent est accompagnée de phénomènes de crise , d’urines abondantes et de sueurs copieuses. Quand la fièvre est tombée* la pleurésie est généralement terminée, et il ne reste plus de la maladie qu’un reliquat, un corps étranger, l’épanchement; eh bien, si la décroissance

INDICATIONS

de cel épanchement coïncide avec la chute de la fièvre ou avec la crise, si sa résorption s’annonce franchement, il est inutile d’intervenir, car en quelques jours, avec ou sans l’aide des révulsifs et des diurétiques, sa disparition sera complète ; mais si malgré la défervescence le liquide reste stationnaire, si après deux et trois jours d’attente sa résorption paraît devoir être lente ou difficile, il faut extraire ce corps étranger qui n’est qu’une gêne et un obstacle, et il faut pratiquer l’aspiration.

C’est toujours ainsi que j’ai procédé dans les nombreuses observations qui font la base de ce travail, et cette pratique, j’en ai la conviction, a souvent abrégé de plusieurs semaines la convalescence de certains pleurétiques. Elle présente encore d’autres avantages; car ce n’est pas impunément qu’on garde dans la plèvre un reliquat de pleurésie; les organes déplacés finissent par s’immobiliser dans leurs positions vicieuses ; le poumon aplati, et quelquefois adhérent, ne respire pas ou respire mal ; en un mot, deux des principales fonctions de l’économie, l’hématose et la circulation, peuvent être pour longtemps compromises, sans compter, chez les sujets prédisposés, le passage de la phlegmasie à la chronicité et à la purulence (Trousseau). La thoracentèse pratiquée au moment voulu pare à ces inconvénients; elle est un bienfait, et j’espère prouver que, soumise à des règles précises, elle est absolument exempte de danger.

Page 1