CONCLUSION
Si nous avons tenu après le travail de Paul Laurens à refaire une nouvelle étude de l’anatomie du golfe, à passer en revue l’étiologie, la symptomatologie, le diagnostic de la thrombophlébite du coude de la crosse jugulaire :
C'est d’abord pour y ajouter les notions que nous devons aux dissections du labyrinthe de notre camarade Girard; en effet les cellules rétrolabyrinthiques qu'il a décrites, nous paraissent jouer un rôle important dans la périphlébite bulbaire déjà signalée par Luc.
C'est ensuite pour en faire découler notre technique.
L'abrasion du promontoire falciforme avait déjà été tentée par les auteurs, ils se servaient du ciseau gouge ou de la pince gouge baïonnette de Lombard. Nous avons attiré l'attention sur l'influence des chocs du marteau dans les complications post-opératoires; d’autre part cette manœuvre était aveugle, on pouvait craindre une échappée du ciseau allant sectionner
les trois derniers nerfs crâniens, une fissure osseuse pouvait se prolonger vers le canal endolymphatique.
Grünert, le premier, a draîné efficacement le golfe; mais son opération ouvre dans la région cervicale"mastoïdienne une longue brèche de 10 à 15 centimètres, la cicatrice ultérieure en est très disgracieuse, le traumatisme opératoire est considérable, la simplication du procédé de Grünert par Paul Laurens n’a pas supprimé ces inconvénients.
Notre technique nous parait, au contraire, y avoir réussi. ses |
À part les trois ou quatre coups de ciseau servant à décorliquer l’aréa cribosa, le marteau ne heurtera plus le crâne de ses secousses.
Les curettes et les pinces gouges de Châtellier évideront la mastoïde, dénuderont le sinus sans heurts.
Notre fraise pourra mordre le promontoire falciforme sans secousses, mordra de même le bord postérieur du canal déchiré remplaçant avantageusement la scie de Gigli que préconise Paul Laurens, son extrémité boutonnée refoule le conduit sinusien et ne peut blesser ni les nerfs craniens ni le labyrinthe; son action est rapide économisant le chloroforme qui dans les longues opérations ajoute son action toxique au choc opératoire.
Enfin notre instrument nous ayant toujours donné sur le cadavre un jour suffisant, nous croyons qu'il sera possible chez le vivant de drainer assez largement le bulbe sans infliger au patient les risques d’une trop longue opération.
En même temps notre technique donnera satisfaction