‹ De la Thrombo-phlébite du Golfe de la JugulaireChapitre 5 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En Mars 1914 nous avons observé à l'hôpital Saint- Joseph un malade qui, à la suite d’une vieille otite suppurée, fut atteint de thrombo phébite sinuso-jugulaire.

Après l’évidement, la ligature de la veine, et l’ouverture du sinus les accidents de grande pyoémie n'avaient pas cédé.

Alors le docteur Henri Châtellier, pour éviter la technique laborieuse de Grünert, se décida, en attaquant directement le golfe par la fosse cérébelleuse, à reséquer le repli falciforme appartenant à l’apophyse jugulaire de l’occipital, repli sur lequel le canal sanguin se coude complètement pour former ce que notre maître se plait à nommer la crosse de la jugulaire ou crosse sinuso-jugulaire.

Sous cette dénomination synthétique il réunit a) la portion terminale horizontale ou légèrement ascendante; b) le golfe; c) la partie initiale de la veine ren- Jermée dans le trou déchiré postérieur et un peu audessous, qui constituent pour lui une véritable région embryologique, anatomique et pathologique dont la clef

lo

opératoire est constituée par l'apophyse jugulaire de l’occipital.

Son but était de transformer le canal sanguin à multiples courbures en deux canaux presque rectilignes, s’abouchant l’un dans l’autre, angulairement il est vrai, mais par un large confluent facile d'accès, en haut par la fosse cérébelleuse, en bas par le cou et d'obtenir ainsi un meilleur drainage.

L'opération, que le docteur Henri Châtellier pratiquait pour la première fois, fut relativement facile; les accidents infectieux disparurent rapidement et le malade guérit.

‘L'opérateur avait employé son matériel ordinaire de trépanation.

Frappé de l’heureux résultat obtenu, nous nous sommes demandé si l'opération ne pourrait pas être élargie par l'abrasion du bord postérieur du canal déchiré et rendue encore plus sûre en substituant à la gouge et au maillet une instrumentation plus maniable et plus appropriée. |

C'est ce que les quelques études auxquelles nous nous sommes livré sur le cadavre semblent nous avoir démontré, c’est aussi ce qui nous a conduit à entreprendre l'étude anatomique, clinique et opératoire qui va suivre.

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