ON ADMISSION
Examination revealed a fracture in left forearm, of the radius, situated one inch above the wrist joint. There was the char-
— 23 -« les parois ventricuiaires, ont permis de constater une teinte jaunâtre assez apparente. Dans ces cas nous avons trouvé (obs. 1 et 3) un certain nombre de fibres dég-énérées, ayant perdu leurs stries, et devenues granuleuses. La dég"énérescence grg,isseuse de la fib cardiaque dans les cas de diphthérie, quoique observée dans un certain nombre d'exemples, ne paraît pas g'énéralement connue dans la science. Dans les auteurs Ang'lais nous relevons les faits suivants: Bristowe (1) a vu dans une autopsie faite avec le plus g rand soin que ses fibres étaient dans un état graisseux très -nettement dessiné, et dans le même cas il y a eu de l'extravasation sanguine dans le tissu musculaire. Greenbow (2) rapporte que dans l'examen post mortera d'un malade qui est mort de diphthérie à Guy's-Hospital, de Londres, ou a trouvé le cœur ramolli et ecchymose. Hillier (3) en parlant devant le Bristish médical Association, sur les cas de diphthérie observés à Fiiôpitai des Enfants-Malades à Londres, pendant les sept années qui venaient de s'écouler, a sig'ualé chez trois enfants qui ont vécu près de trois semaines, une dég^énerescence graisseuse très-évidente du cœur. Ces enfants sont tous morts d'astliénie, leurs g'org-es étant à peu près ou complètement g^uéries. On voit que dans les cas de Hillier les m alacies commençaient à sortir de l'état aigu. Parmi les auteurs français, nous citerons MM, Lorain et Lépine, qui disent que « dans quelques cas les fibres cardiaques ont présenté une dég'énérescence g'raisseuse manifeste. »
(1) Med cal Times, t. II, p. 2U, 1859. (2)' Médical Times, t. II, p, 294, 1859.
(3) Diseases of Ghildren, p. 154, 1868, et Médical Times, t. II, p. 204,
OA
Dans l'observation qui nous a été donnée par notre ami M. Seuvre, et oii l'examen microscopique a été fait par nous-mêmes, l'enfant est mort sept jours après le début de la maladie, d'une manière subite. Que cette dég-énérescence existe dans la diphthérie, cela n'a rien d'étomiant.Dansbeaucoup d'autres maladiesinfectieuses, comme on sait, on a trouvé des dég'énérescences du cœur. Dans les fièvres graves, Laënnec avait remarqué un état particulier du cœur, qrie Louis a bien décrit dans la fièvre typhoïde. On sait aussi que Stokes a décrit dans le typhus pétéchial des lésions du muscle cardiaque. Ces lésions avaient donné lieu à des symptômes qui avaient permis de les reconnaître pendant la vie. Depuis, Zenker (1864) en Allemag'ne, et Hayem (1), Laveran (2) en France, ont bien étudié les myosites symptomatiques. M. Hayem en parlant de la dégénérescence g'ranuleuse des muscles, fait remarquer qu'il arrive souvent que, après un court séjour dans l'acide chromique ou l'alcool, les fibres granuleuses reprennent un aspect normal. Afin qu'on ne s'y trompe pas, M. Hayem démontre qu'en ajoutant aux préparations des fibres prétendues normales une petite quantité d'acide acétique ou de potasse, on fait aussitôt réapparaître un nombre plus ou moins graiid de g-ranulations. Les réactions, ditil, ne se produisent jamais, comme il s'en est assuré, avec des fibres réellement saines. Plus d'une fois nous avons eu à nous louer de ce conseil dans l'examen des fibres cardiaques chez les diphthéritiques. Les transformations partielles et peu avancées de la fibre cardiaque ne sont pas rares, selon nous, dans la diphthérie, à
1) Archives de physiologie, 1870.
(2) Archives de médecine, p. 97 et suiv , 1871.
— îa —
cause même de cette altération commençante qui pourrait quelquefois paraître douteuse pour un sceptique, nous ne voudrionspas y attacher une trop g-ran de valeur. Dans d'autres cas, exceptionnels, il est vrai, en disant que le cœur est franchement dégénéré, nous croyons être l'expression précise de la vérité.
Quant aux muscles de la vie de relation, nous n'avons eu lieu de croire qu'une seule fois qu'ils étaient dég*énérés. Du reste, on sait que « les causes g-énérales (fièvres, empoisonnements) qui développent l'atrophie g'raisseuse des muscles en g-énéral, agissent souvent sur le cœur sans atteindre les autres points du système musculaire. Cette prédilection patholog'ique paraît tenir à une structure et à une composition particulière du muscle cardiaque » (1).
Valvules. — Les valvules sig-moïdes de l'aorte chez nos sujets ont été trouvées saines, sans épaississement, plusieurs fois de couleur rosée. Dans un mémoire lu devant le British médical Association, M. Bridg'er(2)dit qu'il a fait 2i autopsies d'individus (adultes et enfants) atteints de diphthérie et que dans tous les cas il a constaté l'état suivant des valvules auriculo-ventriculaires du cœur (queladiphthérie ait été compliquée d'une autre maladie ou non). La valvule est chag'rinée, roug-ie et épaissie comme par un dépôt interstitiel, qui serait situé au milieu de la valvule, entre son insertion autour de l'orifice auriculo-ventriculaire et le bord oii s'insèrent les cordons tendineux. L'une ou les deux valvules étaient affectées plus ou moins suivant la g'ra-
(4) Ollivier, thèse d'agrégation, 1869.
(2) Médical Times and Gazette, t. II, p. 20i ; London, 1864.
vite du cas, et le temps qui s'est écoulé entre le moment où se sont montrés les symptômes d'une affection cardiaque et la mort. Dans nos autopsies nous avons constaté plus d'une fois l'état des valvules signalé par Bridg^er. Etait-ce une simple affaire d'imbibition cadavérique, était-ce plutôt le début, ou première étape d'une affection inflammatoire, d'une véritable endocardite? M. Blache (1) dit que «bien que les pyrexies ne produisent ea g-enéral aucune détermination inflammatoire du côté du cœur, elles n'en exercent pas moins sur lui une action morbide. »
Cette manière de voir devrait peut-être aujourd'hui être moins admise depuis l'étude consciencieuse des complications cardiaques dans la variole, et notamment de la myocardite varioleuse, faite par MM. Desnos et Huchard, 1871. Quoi qu'il en soit, voici ce que nous avons bien vu, notablement dans un exemple dont nous rapportons l'observation (IV) et oijl la mort pour nous était due directement à la formation de caillots fîbrineux que nous avons trouvés dans le cœur droit. Nous citerons ici textuellement ce que nous avons écrit lors de l'autopsie : « Les valvules auriculoventriculaires toutes deux étaient rosées, boursouflées et chagTinées suivant leur bord libre, plus qu'à l'état normal. A ce niveau il y avait un peu d'épaississement très-net. De chaque*côté, les valvules aortiques et pulmonaires étaient rosées, mais non épaissies ; l'endocarde qui tapisse les oreillettes, ainsi que les cavités ventriculaires ailleurs que sur les valvules, est parfaitement sain. »
Ainsi donc pas de vascularisation apparente, mais de la (1) Essai sur les Maladies du cœur chez les enfants, p. 23 ; Paris, 1869.
roug'eur ; cette roug'eur était assez vive mais non déteinte roug'e vineuse. Elle faisait un liséré de quelques millimètres de larg'eur sur le bord libre de la valvule et ne s'étendait pas à toute sa surface. Dans ce cas il y avait à la vérité du sang* liquide dans le cœur droit qui entourait en partie le caillot fibrineux ainsi que le prolong'ement fibrineux du côté de l'artère pulmonaire. On pouvait donc de ce côté, attribuer peut-être la roug-eur des valvules à l'imbibition dans leur tissu de la matière colo rante du sang, d'autant plus que les valvules sig'moïdes de l'aorte étaient rosées, non épaissies, et nous pouvons ajouter ici sans rug-osité, ni élevure. Mais du côté g-auche, c'est différent : Le ventricule de ce côté ne contenait aucun caillot. Alors comment expliquer la roug'eur anormale que nous avons mentionnée, la présence de petites rug'osités au toucher, un épaississement notable de la valvule à ce niveau? Nous croyons et nous repétons que dans ce cas, comme dans quelques autres que nous avons très-bien vus, il y avait début d'état inflammatoire — d'une véritable endocardite. — Si nous n'aviong vu que de la roug'eur seule, telle que nous l'avons remarquée sur les valvules artérielles, nous serions resté dans le doute quant à son explication, du moins, dans le cas cité, quoique nous sachions aujourd'hui que la roug'eur vive, écarlate, est pour certains auteurs un sig'ne suffisant pour caractériser la phlog'ose simple, sans qu'il se soit produit encore de vascularisation appréciable. Nous rapportons, à l'appui de cette observation, une autre observation due à l'oblig-eance de notre ami et collèg'ue M. Rendu et où les lésions patholog-iques du cœurg'auche étaient assez prononcées pour mériter de la part de notre ami le nom d'endocardite vég'étante.
§ 3. — Vaisseaux.
Jamais nous n'avons trouvé les vaisseaux propres du cœur malades. Plusieurs fois nous en avons fait des coupes sur des pièces conservées et nous n'avons pu reconnaître au microscope aucune dég'énérescence g'raisseuse ou autre des parois vasculaires. Deux ou trois fois seulement à l'œil nu, nous avons vu très-nettement un comiuencement d'altération athéromateuse des parois de l'aorte à leur orig'ine, mais la membrane interne était lisse, sans érosion et sans soulèvement, et ce n'était que par la différence de coloration qu'on pouvait la reconnaître. On sait du reste que l'athérome artériel est excessivement rare dans l'enfance. Les exemples se comptent à cette période de la vie.
§ 4. Nerfs.
Nous avons recherché l'état du tronc des nerfs pneumo g-astriques, ainsi que celui des fibres nerveuses audessous du péricarde dans le cœur lui même, à plusieurs reprises. Dans tous les cas notre travail a été infructueux, les nerfs paraissaient parfaitement sains. Avant d'en avoir fait l'examen nous avions presque espéré y trouver une lésion, car les accidents qui ont amené la mort des enfants avaient vraisemblablement pour siég'e anatomique un des éléments qui entrent dans la structure du cœur, D'ailleurs M. Gubler n'a-t-il pas prédit, il y a déjà assez long^temps, l'existence des lésions nerveuses dans la paralysie du voile du palais ? Au mois de décembre 1862, MM. Charcot et Vulpian lurent une note à la Société debiolog^ie, qui a donné rai-
son à la prédiction de M. Gubler et qui a démontré d'une manière concluante que la paralysie du voile n'était pas une affection purement dynamique, mais qu'elle se rattachait à une lésion nerveuse et musculaire qui pouvait être démontrée par le microscope. M. Bailly (1) rapporte encore un fait dû à M. H. Liouville, oiî ce dernier a trouvé sur un sujet mort asphyxié, dans le cours d'une paralysie post-diphLhéritique les nerfs phréniques altérés à la façon des nerfs palatins dans l'observation de MM. Charcot et Vulpian. On sait que quelques auteurs allemands, parmi lesquels nous mentionnerons Max Jaffé, pensent aujourd'hui que l'infiltration diphthéritique détermine une altération spéciale du tissu conjonctif des g^aînes des nerfs, qui peut se propag'er au nerf pneumog-astrique lui-même. Nous avons recherché cette lésion du tissu conjonctif: nous aurions voulu voir la compression des faisceaux nerveux par leurs g-aînes dans le nerf vag-ue, fait entrevu seulement par Jaffé. Jamais la plus petite lésion ne nous a été révélée. Il est donc possible que cette altération nerveuse si elle existe, ne se produise que tardivement dans la diphthérie.
§ 5. — Péricarde.
Dans la moitié des cas, nous avons remarqué un excès de sérosité citrine dans la cavité de cette séreuse. Une seule fois la quantité du liquide nous a semblé suffisante pour entraver par la pression les mouvements du cœur.
(1) Thèse de Paris, p. 38, (fS?-?.
§ 6. — Changements pathologiques des autres organes.
a. Les poumons ne pouvaient être considérés comme à peu près sains que dans deux cas. Dans toutes les autres autopsies nous avons pu constater, ou bien de la cong'estion simple des bases, ou bien quelques noyaux d'atélectasie ou de broncho-pneumonie arrivés àl'état d'hépatisatiou, disséminés dans les poumons. Plusieurs fois les portions antérieures, ainsi que la partie supérieure de leur bord postérieur, étaient devenues emphysémateuses.
b. Plèvres : Rarement leur cavité contenait une petite quantité de liquide séreux.
c. L abdomen : Les gTosses veines'et les org-anes contenus dans cette cavité, c'est-à-dire le foie, les reins, et la rate, présentaient g-énéralement un état de cong'estion considérable.
d. Cerveau : Toutes les fois que nous l'avons examiné, dans le cas o\x il y avait une concrétion fibrineuse dans le cœur droite nous l'avons trouvé cong^estionné. Les ventricules ne contenaient jamais de liquide.