‹ De la thrombose et de l'embolie cérébrales considérées principalement dans leurs rapports avec le ramollissement du cerveauChapitre 6 sur 24 · CONSIDÉRÉES PRIKCIPALEMENT DANS LEURS RAPPORTS AVEC · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉES PRIKCIPALEMENT DANS LEURS RAPPORTS AVEC

L!î RAMOLEÎSSEMENT Dü CERVEAU.

INTRODUCTION ET <ÏÜEtQUES MOTS d’hISTORIQÜE.,

L’étude que nous embrassons constitue l’un des points les plus importants de l’histoire des obstructions vasculaires; elle est une partie intéressante et peu connue de la pathologie cérébrale.

Nous rappelons, bien que cela-soit à peine nécessaire, ce que nous entendons par thrombose et embolie.

Sous le nom de thrombose, on comprend l’obslrucîion des canaux vasculaires par le fait d’un travail morbide développé sur le ieu même du poinl oblitépé. Le coagulum , ord’mairement hbrineux e» pa«it CB*, e*t c6«..:u *au* le oem de caillot autochlhme oo thrombm. ■ , ,

l.a dénomination s’applique aux obstrfctions vasculaires

par tout corps détaché de la surface interne du coeur ou des-vaisseaux eux-mêmes. Le corps migratoire a reçu le nom d embolus.

Suivant qu’elles ont pour siège les artères ou les capillaires, ganes dont la structure et les fonctions sont différentes, le» o

lions vasculaires de l’encéphale peuvent avoir des manifestations diverses et variées. Nous étudierons donc successivement, en premier lieu, la thrombose et Xembolie des artères; en second lieu, la thrombose et Xembolie des capillaires.

Nous avons cru devoir, en dernier lieu, afin de réunir dans un même travail toutes les obstructions des vaisseaux de l’encéphale et les affections qui en sont la conséquence, traiter de la thombrose des sinus de la dure-mère.

Les expériences pratiquées sur les animaux, les opérations (1) faites sur l’homnoe, ont depuis longtemps démontré que des accidents plus ou moins graves peuvent résulter de la ligature des troncs destinés à charrier le sang nécessaire à l’excitation et à la nutrition des centres nerveux. Ces accidents, ordinairement consécutifs à la ligature des carotides, se rencontrent encore, mais plus rarement, lorsque ces vaisseaux deviennent le siège d’une obturation pathologique. Si dans quelques cas, à la vérité, on a pu trouver l’occlusion d’une seule (2) et même des deux carotides (3) du tronc innominé (4) sans

(1) Un grand nombre d’observateurs, depuis Avicenne, ont reconnu que l’interruption de la circulation artérielle dans les deux carotides ne produit généralement, chez les cbiens et les lapins, que des troubles cérébraux peu graves. A. Cooper lia même une fois les carotides et les vertébrales chez un chien, et l’animal survécut. La ligature simultanée des deux carotides chez le cheval est constamment mortelle, ainsi que l’a indiqué M. Jobert de Lamballe, et comme l’ont vu depuis Normann et Chevers. Chez l’homme, où cette opération a ete pratiquée une fois par Mott, à quinze minutes d’intervalle, le malade tomba dans le coma et ne survécut que quelques heures. Dans plusieurs autres cas ou on laissa entre les deux ligatures un temps suffisant pour l’établissement de la circulation collatérale, on ne vit survenir aucun accident. (Voir, pour plus de details, Ehrmann, des Effets produits sur l’encéphale par l’oblitération des vaisseaux artériels qui s’^ distribuent ; Varis, iSQO.)

(2) Baillie, Dict. de S. Cooper, t. I, p. 155; Cruveilhier, Gazette médicale, 1833, p. 76.

(3) Jadelot, cité par S. Cooper, loc. cit.

(4) Darrach, cité par Velpeau, Médecine opératoire, t. Il, p. 246.

que des accidents eussent été notés durant la vie, il n’en est plus ainsi lorsque l’oblitération porte sur l’une des branches qui partent du cercle de Willis; et nous verrons bientôt que des désordres sérieux en sont ordinairement la conséquence inévitable.

M. Rostan (1 ), le premier, signala l’influence fâcheuse de l’ossification des artères sur la structure et les fonctions de l’encéphale.

« Le ramollissement cérébral, a-t-il' écrit, nous paraît être souvent une destruction sénile, offrant la plus grande analogie avec la gangrène de la vieillesse.»

Plus tard, Abercombie (2), Carswell (3), Copland (4), reconnaissent l’obstruction artérielle et sa liaison avec le ramollissement du cerveau, dont ils admettent deux espèces, l’une inflammatoire, l’autre, comme la gangrène sénile, consécutive à l’oblitération des artères nourricières.

Bright (5), Crisp (6), MM. Piorry (7), Gely (8), Gueneau de Mussy (9), ont publié des cas de paralysie avec ramollissement de l’encéphale et occlusion des artères correspondantes. Dans un mémoire présenté à la Société des hôpitaux, M. Bouchut (10) considère, avec MM. Gendrin, Cruveilhier, et plusieurs des observateurs/ cités, le ramollissement du cerveau des vieillards comme une gangrène sénile causée par la présence d’obstacles mécaniques situés dans les*artères du cerveau.

(1) Recherches sur le ramollissement du cerveau, 1823, 2® édit,, p. 169.

(2) Maladies de l’encéphale, trad. Geadrin, 1835, 2® édit., p. 34.

(3) The Cxclopedia ofpract. med., vol. IV, âtid Palh. anat., article Softening,

(4) Dict. of pract. med.

(5) Gu/’s hospital reports, u“ 1.

(6) The Lancet, 1840; Cases of cérébral disease.

(7) Bulletin clinique,

(8) Gazette médicale, 1838.

(9) Archives générales de médecine, f® série, t. XXVI, p. 559.

(10) Actes de la Société des hôpitaux, 1850, 1 . 1, p. 43.

1862. — Lancrreaux. ^

^ VQ —

Jüsqtj’fci rbyitéràtion est te résullat d’un traTail tout local, dans lequel le caiîîbt est formé sur place ; il n’est question que delà fÜPombose. C’est à Virchow et à ses élèves qu’on doit d’àvoiV fiait connaître l’obturation embolique (1) et d’avoir signalé le ramollissement qui aecompagne l’embolie des artères cérébrales. Cependant, dès I W, Lenoir (2) rapportait, dans sa thèse inaugurate, trois observations dans lesquelles le ramollissement du cerveau coïncidait avec une gangrène des extrémités, ün cas (3) du même genre se trouve consigné dans les bulletins de la Société anatomique, où on trouve encore le fait (4) très-remarquable d’un homme qui succomba dans le service de M. le professeur Laugier, et chez lequel la source dë te gangrène et du raraollisseménltouià la fois, parut à plusieurs membres provenir des caillots formés autour d’une aiguille implantée dans le cœur. En 1850, M. le D" Charcot (5) communiquait à te Société de biologie l’observation curieuse et intéressante d’un komme de 29 ans qui succomba à une endocardité rhumatismale , et chez lequel il existait en même temps un ramollissement du cerveau , dés interctus des reins, de la rate, et des intestins. Dans tous faits, les uns antérieurs, les autres postérieurs aux travaux de l’anato-

(t) William Gonld {Philos, transact., i684), Vaa Swletea {Comm-irr Jph&r:, § 1010, 2), Legroux, maître vénéré dont nous déplorons la perte (thèse de doctorat, 1827\ avaient déjà fait observer que des fragments détachés de concrétions cardiaque» pouvaient quelquefois être propulsés, dans l’arbre artenel. Dans le passage suivant^ Van Swieten indique à la fois les embolies du système a sang noir et du système à sang rouge : «Pluribus observationibus. consüüt, po- «lypos illos quandoqne adnasci cordis coliimnis carneis, forte ut postea

«separari, et una cura sanguine arteriam pulraonalera aut aortam-,, ej.»sqwe ra

«mos majores propelli illosque vel angustare multum,, vel iate^e prope oec « dere. »

(2) Thèses de Paris, î837.

(3) Bullel. delà Soe. 1846, t. XXI, p. 123.

(4) la Voc-. a/mi., 18.49, t. XXIV, p. 334.

(r>) Comptes rendus el mém. delà Soc. de bioL, 1851.

miste allemand, mais publiés à une époque où ces derniers n’élaient pas encore connus en France, si la.qalupart des auteurs ixoniiiJias usé de rinterprétalion qui paraît la plus probable et que nous sommes tenté de leur appliquer aujourd’hui, U faut néanmoins reGonnaÙre qu’il leur restait peu à faire pour arriver à la connaissance de la théorie de l’embolie en général et de l’embdlie cérébrale en particulier.

L’attention éveillée par les observations de Virchow (1) ne s’arrêta pas; des faits nouveaux parurent et se muUiplièrent,^ et des recueils anatomo-pathologiques, où ils étaient tout d’abord consignés comme des cas curieux et remarquables, ite passèrent bientôt dans le champ de la clinique et de la pratique médicales. C’est à ce point de vue que les ont envisagés MM. Senhouse Kirkes (2), Schutzenberger (3), Oppolzer (4) et Cohn (5), dans leurs intéressants travaux.

C’est à l’aide des observations rapportées par ces auteurs , d’un grand nombre d’autres, éparses et isolées,^principalementdans les journaux, et dont nous doônons plus bas les indications (6), de

(Ij Arch'w für pathol. Anat. und PhysioL, 1847. Voici le titrü des deux obs«rvatioQS de Virchow relatives à l’obturatioa des artères cérébrales :

Obs. IV. — Hypertrophie du cœur, sclérose avec crétifîcatious ramollies des valvules aortiques et mitrale; oblitération de plusieurs branches de l’artère sylvienne ; foyer de ramollissement cérébral ancien et récent, foyers fibrineux dans.Ia rate; maladie de Bright ancienne.

Obs. V. — Oblitération des deux branches de l’artère sylvienne; foyer circonscrit de ramollissement dans le cerveau;; hydropéricarde, hyperJrophie du cœur; concrétions fibrineuses anciennes de l’oreillette droite, oblitération de l’artère pulmonaire; infarctus des poumons, des reins et de la rate.

(2) /¥cd/cn-cA/r. irare«aci., t. XXXV, p. 281.

(3) Gazelle médicale de Strasbourg, y et seq.

(4) fFien.med. fTehnschr, 1859,p. 50, 51, 53; 1860, p. 1, 2, 5, 7,9,25,M.

(5) Kiinik der Embolisch, gefasskrarihelltj^QvWü, 1860.

(6) Index bibliographique :

Basse, de Zurich, in Hènle und Pfeujfer Zeitschrift fur rat. Med., t. 111; Gaz. des hôp., 1847, p. 369, et Bierck, thèse de Strasbourg, 1853.

quelques-unes enfin qui nous sont personnelles, que nous avons rédigé la première partie de ce travail.

Rühle, deBreslau ,ia Firchotv's Archh., t, V ; Medical tiines and gaz., ^ t : I , p. 299, et Bierck, loc. cit.

S.-W. Sibley, Med. timesand gazette, new sériés, 1852, vol. V, p. 412.'*

G. Burrows, ibid,, 1853, t. I, p. 135.

Todd, Med.-ckir. transact., t. XXVII.

Simpson, Obstetric worhs, vol. II, p. 35 et suiv.

Sirohl, de Strasbourg, m Bierck et Schutzenberger,/oe. ci<.

S. Gibbon, Transact. of ihe pathol. Soc. of London, 18 avril 1854, p. 11.

Von Duben, Hygiea, p. 621, sept. 1855, et The Dublin quart, journ. of med. science,' august 1856.

Pèacock et Bristowe, The Lancet, 12 avril 1856, p. 405.

Brunnicke, The Dublin kosp. gaz., 1856, vol. III, n°* 16 et 17.

Van der Byl, The Lancet, 8 march 1856, p. 264 , et Med. times and gazette, lAa.

Haldane, Edinburgh ined. journ., mai 1858, 2® partie, p. 1.046.

Esraarck, de Kiel, Firchoiv's Archiv, t. XI, p. 5, et Union méd., 1858, p. 406. Walmann, im. Bd. XIII, 1858.

Hughes Bennett, Clin. lect. on the princip. and pract. of the med., 2® édit., 1858, p.345. , ^

J.-M. Charcot, Comptes rendus et mém. de la Soc. de bioL, 1851, t. III, et 2® série,. 1855, t. II.

Trousseau, Sée, Gubler, discussion à la Société méd. deshôp.; Union méd., 1858, p. 35.

O. Walther, de Hemiplegia ex emboHa or/a, dissertât, inaugur. raed.; Leipz.,

Addison et Rees, Lancet, mai 1860,1.1, p. 466 et 467.

•lenner, Lancet, 2 juillet 1860, t. H, et Med. times and gaz., 1*® sept. 1860.

Farre, Za/icet, 1860, t. II.

Tungël, Virchow's Archiv, t. XVI, p. 356.

Oppolzer, fVien, med. fVehnschr., 1859, p. 50, 51, 53; 1860, p. 1, 2, 5, 7, 9. 25, 26.

Bristowe, Transact. of the path. Soc. of London, t. X, p. 44.

Lebert, Gazette méd. de Paris, 1860, p. 6.

Elle repose ainsi sur 61 observations, dont le résumé se trouve dans un tableau placé à la fin de notre thèse.

Trousseau et Dumont-Pallier,//KZ/ef. de la Soc. anal., 1860, et thèse de Fonteueau, Paris, 1861.

On trouve eu outre des articles intéressauts sur le même sujet et la réunion de plusieurs des faits que nous indiquons dans plusieurs journaux, et plus particulièrement :

1856, t.lll, p. 241.

Gazelle hebdom. de méd. et de chir., 1856 et 1857, art. Embolie et ramollissement cérébral.

Sclimidt’s Jaresb., 1860, p. 189* -

P.R.EMltR£ PÂRïlEe ' ,

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