‹ De la thrombose et de l'embolie cérébralesChapitre 22 sur 27 · CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS

1° La thrombose et l'embolie cérébrales sont les deux grands modes d’occlusion des vaisseaux de l’encéphale. L’une et l’autre sont incontestables. La thrombose, toutes les fois que l’obstruction existe en même temps qu’une altération de la paroi du vaisseau, et indépendamment des conditions favorables à la production de l’embolie; cette dernière, dans tous les cas où des corps calcaires, des fragments de valvule, des végétations verruqueuses, et parfois des caillots fibrineux arrondis et non adhérents, ont été rencontrés dans un vaisseau dont les parois étaient d’ailleurs saines. Elle est encore très-probable, lorsqu’en l’absence d’un bouchon aussi nettement caractérisé, l’oblitération artérielle coïncide avec les infarctus dés viscères ou la gangrène d’un membre. Elle est enfin douteuse, quand ces diverses lésions font défaut.

2° La thrombose et l’embolie des artères de l’encéphale donnent lieu à des accidents passagers ou permanents. Les premiers, plus rares, sont dus à l’obstruction des troncs vasculaires , et ils sont indépendants du ramollissement du cerveau. Les seconds sont le résultat de l’occlusion des branches artérielles et du ramollissement consécutif de la substance nerveuse.

3° Le processus pathologique lié à l’oblitération des artères de l’encéphale offre dans l'accomplissement de son évolution trois périodes successives, caractérisées anatomiquement par des différences de coloration et de consistance de la substance nerveuse. Rouge et à peine ramollie dans la première période, la substance cérébrale est pulpeuse et jaunâtre dans la deuxième, blanche et diflluente dans la troisième.

4° Les différences de consistance et de coloration de la substance nerveuse, dans les cas de ce genre, correspondent donc aux phases di\ erses d’une même altération, et ne constituent pas, par conséquent des espèces anatomiques distinctes. Le ramollissement céré-

forai et toutes les altérations qui l’accompagnent, et qui, comme lui, reconnaissent pour cause l’occlusion artérielle, sont constitués par la métamorphose régressive des éléments normaux de la portion d’organe alimentée par l’artère obturée.

5° Les accidents qui résultent de la thrombose et de l’embolie des artères de l’encéphale, et du ramollissement cérébral consécutif, sont ordinairement caractérisés par des phénomènes paralytiques, le plus souvent par une hémiplégie subite, avec ou sans perte de connaissance. Ils ont la plus grande ressemblance avec ceux qui révèlent l’hémorrhagie cérébrale; mais ils diffèrent par leur marche, l’absence de contracture et de convulsions, des accidents liés aux diverses formes de ramollissement de l’encéphale qui ne reconnaissent pas pour cause une oblitération artérielle.

' 6° La thrombose et l’embolie des vaisseaux capillaires de l’encéphale engendrent des lésions multiples. Le ramollissement cérébral est l’une des principales; il se montre surtout lorsque l’oblitération a sa source dans la dégénérescence graisseuse ou athéromateuse soit des capillaires, soit d’une autre partie du système artériel.

Les lésions et les phénomènes varient d’ailleurs suivant la nature de la matière obturante, et aussi suivant le nombre, le volume, l’étendue des vaisseaux obturés.

7° La thrombose inflammatoire, ou phlébite des sinus, et' la thrombose proprement dite des sinus de la dure-mère, diffèrent l’une de l’autre, tant par les lésions qui les constituent que par les phénomènes qui les révèlent. Celle-là se rencontre fréquemment liée à l’infection purulente, celle-ci n’en est jamais accompagnée. C’est à la dernière que s’associe plus particulièrement le ramollissement cérébral, qui, en pareil cas, paraît encore sous la dépendance unique de l’occlusion vasculaire.

8° Les diverses formes de ramollissement cérébral qui reconnaissent pour cause l’obstruction des vaisseaux encéphaliques (artères , veines ou capillaires) ont des caractères anatomiques et cliniques qui les distinguent des autres formes de ramollissement

cérébral , avec lesquelles on les a , à torl , presque toujours confondues.

9° Le ramollissement cérébral consécutif à l’oblitération vasculaire, et l’hémorrhagie cérébrale, dont la cause originelle est ordinairement, sinon toujours, une lésion des vaisseaux ou du cœur, et tout particulièrement la dégénérescence graisseuse des capillaires de P encéphale, constituent une classe importante des affections cérébrales; le caractère dominant de ce groupe, c’est que l’altération de l'encéphale y est subordonnée aux affections de l’appareil circulatoire.

Une deuxième classe, non moins importante, comprend les cas où il y a altération primitive des éléments de tissu conjonctif, qui entrent dans la structure de l’encéphale ou de ses membranes (ramollissements par exsudations; indurations cérébrales, etc.).

Dans une troisième classe enfin, les altérations porteraient primitivement sur les éléments nerveux eux-mêmes (tumeurs à myélocytes, affections cérébrales qui dépendent d’une intoxication).

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