‹ De la thrombose et de l'embolie cérébralesChapitre 9 sur 27 · MARCHE · texte numérisé non relu

MARCHE

Déjà à propos de la symptomatologie générale, nous avons donné l’ébauche de la marche des accidents cérébraux consécutifs à la thrombose et à l’embolie cérébrales; mais c’est là un point important sur lequel nous croyons devoir insister.

Quand l’attaque d’apoplexie, suivie ou non de coma, n’entraîne pas une mort rapide, tous les accidents décroissent probablement

sous l'influence de l'établissement de la circulation collatérale; les facultés intellectuelles reviennent à un étal presque normal, la parole s’améliore ou devient normale; les membres, complètement paralysés tout d’abord, peuvent exécuter bientôt de légers mouvements ; puis cet amendement s’interrompt et fait place à un état stationnaire qui dure souvent jusqu’à la mort : telle est la marche habituelle des symptômes dans le grand nombre des cas qui appartiennent à l’embolie. Telle a été la marche observée dans ce fait encore sous nos yeux et dans lequel nous supposons l’existence d’un ramollissement par embolie de l’artère de Sylvius : Une femme de 44 ans fut tout à coup frappée d’apoplexie, il y a deux ans, dans le courant d’une affection cardiaque avec rétrécissement mitral; l’hémiplégie, d’abord complète, s’améliora durant quelques jours , de sorte que la malade put imprimer quelques mouvements à son bras et à sa jambe ; depuis cette époque , elle n’a pas remarqué le moindre changement. On peut objecter, et avec raison, que cette marche est également celle de l’hémorrhagie cérébrale : cela est vrai , mais il est juste de remarquer toutefois que cette dernière affection produit, au bout de quelques jours, un léger état de réaction fébrile et des phénomènes d’irritation locale que nous ne rencontrons pas ici. Reconnaissons néanmoins qu’il existe la plus grande ressemblance dans la marche des deux affections, et que celle circonstance rend souvent le diagnostic à peu près impossible.

Dans quelques cas, il est arrivé de voir les accidents s’améliorer, disparaître même, pour reparaître ensuite au bout de quelques jours. Cette marche saccadée paraît encore le fait de l’embolie, et semble tenir aux deux conditions suivantes, sur lesquelles nous avons déjà insisté ; ou bien à l’arrêt, dans l’une des carotides internes, d’un corps qui trouble tout à coup la circulation cérébrale et produit des accidents plus ou moins sérieux ; ou bien à l’existence dans l’une des artères provenantdu cercle deWillisd’un bouchon qui n’obstrue d’abord qu’une partie de la lumière du vaisseau. Dans le premier

cas, la fibrine qui s’ajoute à Fembolus carotidien gagne peu à peu les artères cérébrales moyenne et antérieure, les oblitère, et c’est alors que survient l’attaque définitive. Dans le second cas , le dépôt successif de couches fibrineuses nouvelles autour du caillot primitif a pour résultat définitif l’obstruction totale du vaisseau ; par suite, les phénomènes pathologiques s’accroissent progressivement, et à un moment donné, ils deviennent permanents. Dans la thrombose, les accidents peuvent être brusques et arriver tout à coup à leur maximum d’intensité , mais leur décroissance est ordinairement moins prononcée que dans l’embolie, circonstance qui paraît due à la difficulté de l’établissement de la circulation collatérale dans des vaisseaux ordinairement altérés dans une grande partie de leur trajet. Il est enfin des cas où la marche est progressive ; la perte de connaissance faisant défaut, la paralysie va croissant durant un ou plusieurs jours , puis s’arrête, reste stationnaire, et quelquefois s’accroît de nouveau. Ces cas sont encore le fait de la thrombose.

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