‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 27 sur 63 · EXPÉRIENCES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES PERSONNELLES

Nous avons opéré sur le lapin que nous avions facilement à notre disposilion, vu loultes les facilités que nous a données M. le D' Guinard. Remerçions-le ici. car nous ne saurions oublier les bienveillants conseils qu'il nous a donnés, l'accueil si sympathique qu'il nous à réservé.

Nous résumerons brièvement nos expériences, malheureusement peu nombreuses au point de vue des résultats. car le temps nous à fait défaut, et la mauvaise fortune nous à continuellement poursuivi dans .des recherches

qui nous intéressaient d'une façon toute spéciale.

Une première série de lapins âgés de trois mois ne nous à donné que des accidents, tenant sans doute au jeune âge de ces animaux. D'une autre série de lapins, dont quelques-uns thyroïdectomisés, le témoin seul survil (lapin A). Il meurt vingt jours après sa fracture. La radiographie exéculée avec l'aide bienveillant de Monsieur Porcher, Professeur à l'Ecole vétérinaire de Vaise, ne donne aucun indice d'ossification.

Nous avons tenté dans d'autres séries de voir l'action de l'iode (un centimètre cube pour un gramme d'eau) ; de Farsenic (0,5 pour 1000 d'acide arsénieux pour un centimètre cube d'eau.) Dans ce dernier cas tous nos animaux sont morts avec des lésions intestinales.

Vu le peu de temps dont nous pouvions disposer nous nous en sommes lenus à la thyroïodine (Baumann et Merck). La première était dissoute dans la solution physiologique à sept pour mille. Nous avons enfin injeelé du suc thyroïdien selon le procédé de Murray.

D'une des séries où l’on avait employé larsenic, le témoin a encore seul survécu. On l'a radiographié. Le cliché nous montre que dix huit jours après sa fracture, le cal commence à peine à se former. Il est assez gros, un manchon fibreux entoure parallèlement le tibia et Ie péroné. Extérieurement, le cal parait bien fourni, Île membre n'a que peu de mobilité anormale. Le lapin à perdu soixante-quinze grammes (lapin B).

En revanche, un lapin de la même série, qui avait recu des injections de thyroïodine depuis le 9 mars, pré sentait seize jours après un cal d'apparence solide. On le sacrifia et on examina son fémur droit qui, en effet,

présentait une solidité parfaite. — Notons done que cel

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animal, après injections préalables à gagné pour se consolider, au minimum quatre jours sur un lapin témoin. puisque celui-ci ne présentait pas encore au bout de vingt jours trace de cicatrisation définitive (lapin C).

Dans une troisième série nous avons eu trois résultats différents.

Un lapin fracturé reçoit de la thyroïdine en injections : quatorze jours après, on constate chez lui une consolidation bien marquée, et on en a la preuve par la radiographie (lapin D).

Un autre reçoit des injections de suc thyroïdien. Nous constatons que la réduction ne s'est pas maintenue, et qu'un des fragments à fait issue en entrainant la formation d'une plaie. L'animal ne tarde pas à mourir et en disséquant, nous trouvons queles deux fragments, dix-sept jours après le début du traitement, sont englobés par une sorte de virole qui se laisse facilement couper. lout en opposant encore une certaine résistance. Le raccourcissement est considérable, mais un début de consolidation semblait devoir se produire. L'examen histologique n'a pu être fait (lapin E).

Enfin, ayant voulu thyroïdectomiser des lapins et leur injecter ensuite de la thyroïodine, nous n'avons guère éprouvé que des échecs. Un seul d'ertre eux a survécu suffisamment. Mais nous n'avons noté aucun résultat appréciable, car, (hyroïdectomisé le 9 mars et fracturé le 16 — il mourait le 6 avril, ayant mis 0 jours pour faire sa consolidation — (lapin F). Cependant ces quelques essais nous permettent de tirer quelques conclusions qui auront encore leur utilité, puisque, si elles

sont peu nombreuses, elles sont par contre, probantes :

j UE * ‘al N S A Ar : sn] ‘€ ‘Ar 1 J L D JO À C — Nous allons d'abord condenser nos quelques obser

valions :

1 OBSERVATION. — Un lapin (A. cilé plus haut) témoin. d’une série, meurt 20 jours après sa fracture. Il n'a reçu d’injections

d'aucune sorte. Son cal est fibreux, sans trace de consolidation.

2° OBSERVATION. — Un lapin (B.) témoin lui aussi, dans une aulre série ; radiographie 18 jours après sa fracture, le cliché montre à peine le début de formation d'un cal. Ce lapin n'a reçu non plus aucune injection: IL est mort peu après, et de ce fait, Ù :

l’on n’a pu suivre l’évoiulion du cal.

3° OBsERVATION. — Un lapin (C.) reçoit, après avoir élé fracturé des injections de thyroïodine, du Q au 25 mars. À cette date, le cal paraissant solide, on le sacrifie. Le fémur droit qui avail été

fracturé, présentait une solidité irréprochable.

4° OBSERVATION.— Ün autre lapin (D.) fracturé, reçoit de la Lhyroïodine en injections. Consolidation en 14 jours, appuyée par la radiographie.

5* OBSERVATION. — Un lapin (E.) fracturé, reçoit des injections de suc thyroïdien. La plaie se complique, et, malgré cela, l’on peut être en droit, au bout de 17 jours, de penser à un début de

consolidation.

6° OBsERVATION. — Un lapin (K.) thyroïdectomisé, puis fracturé — il meurt 20 jours après ce dernier traumalisme, en présentant

un membre consolidé.

D'autre part nous avons opéré sur de jeunes chiens, en compagnie de M. Jumaud, élève de l'Ecole vétérinaire de Vaise, qui voudra bien recevoir ici nos remerciements bien sincères, pour les bons conseils qu'il nous

a prodigués.

Un premier chien, de 13 mois environ, fut fracturé au niveau du tibia. On lui fit pendant 10 jours seulement des injections de thyroïodine à la dose de 2 c/c. de la solution employée pour les lapins. Nous nous sommes servi de la thyroïodine Merck en solution physiologique à 7 p. 1.000.

Au bout de 15 jours, le pansement a été enlevé : la patte semblait consolidée. On sacrifia l'animal. Macroscopiquement le cal était des plus apparents.

Un second chien, de 11 mois environ, est fracturé au niveau du tibia ; au bout, de 15 jours, on enlève le pansement. On en refait un autre pour faciliter la consolidation, car la patte s'est déformée. Cel animal n'a pas reçu de thyroïodine. Le 21° jour, on le sacrifie. Il n'y a que quelques fibres qui ne constituent pas un cal.

Ces observations sont intéressantes, car d'après Messieurs Cadiot et Almy, professeurs à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, ce n'est qu'au bout de 3 semaines en moyenne que la consolidation commence à se produire chez les chiens. Or, chez le premier, grâce à la thyroïodine, elle a eu lieu en 15 jours; chez le second qui servait de témoin, et qui pourtant élait plus jeune, elle a été beau-

coup plus hâtive.

Ceci nous permet done de dire que :

1° Des lapins fracturés el recevant de la thyroïodine se consolident plus rapidement que des lapins fracturés chez lesquels la cicatrisation osseuse est laissée aux seuls soins de la nature. Dans 2 cas, ces derniers avaient à peine un début de consolidation, l'un À en 0 jours, l’autre B en 18. Par contre les premiers présentaient :

C'une consolidalion parfaite en 16 jours : D en 17, quoi-

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