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soit à tout l'organisme, un facteur qui est nécessaire pour la formation d’un cal régulier. Peut-être, s'agit-il d’une fonction thyroïdienne insuffisante et alors la médication spécifique est indiquée.Peut-être y a-Lil absence d'un autre facteur physiologique dont lexcilation thérapeutique de la fonction thyroïdienne peut amener la
fabricalion ».
Hanau avait pensé que l'évolution du cal dans les fractures pouvait être influencée par la thyroïdectomie, et les expériences que Sleinlin fit sous sa direction confirmèrent ses idées et montrèrent que chez les jeunes lapins rendus cachectiques par Fablation de la glande, le processus de réparation des fractures subissailt dans son ensemble un retard très marqué. Le cal se forme plus lentement, reste plus longtemps cartilagineux., n'atleint pas le volume habituel. et se résorbe
aussi plus tard.
Pourtant, la fracture se consolide finalement. Steinlin qui à fait ces expériences, dit. que de ses recherches, il résulte que chez les animaux auxquels il a fait subir la thyroïdectomie, la formation. l'accroissement et la résorplion définitive du cal se font d'une façon défectueuse, moins bien que chez les animaux normaux. La glande, ditil, a une telle influence sur le développement du cal, que son ablation entrave sa formation et son accroissement. Elle se comporte vis-à-vis du cal, comme vis-à-vis du cartilage de conjugaison des jeunes animaux, et l'on sail que chez l'animal jeune auquel on à enlevé la glande thyroïde, le cartilage de conjugaison persiste
très longtemps au niveau des épiphyses. mais que son
activité étant très faible, Faccroissement de l'os se fait avec une très grande lenteur, ou même ne se fait pas.
Tout récemment, en juillet 1900, le même autcur confirme ses travaux précédents, sur l'influence de la glande vis-à-vis de la croissance des os. Il paraît probable, ditil, que la thyroïdectomie doit avoir quelque influence sur la formation du cal. Pour le prouver, il fracture les métalarsiens chez des lapins préalablement thyroïdectomisés. Les animaux n'étaient mis en expérience d’une façon générale que lorsque les symptômes de cachexie, étaient bien développés. En comparant les résultats obtenus chez les lapins ainsi traités, avec ceux que fournissaient les sujets témoins, M. Steinlin, put constater que l'absence du corps thyroïde amène un ralentissement sensible dans la formalion du cal et dans la réunion des deux fragments. La consolidation se trouve par suite très retardée. C’est ainsi que la réunion des deux fragments, complète chez l'animal témoin au cours de la quatrième semaine, n'est pas encore effectuée chez le sujet thyroïdectomisé, au bout de 5 à 7 semaines. La cavité médullaire, normalement rétablie chez le premier, au bout de 11 semaines, ne l’est pas encore après 24 semaines chez le second. Le volume du cal est en général plus petit chez le lapin privé de corps thyroïde, mais il persiste plus longtemps chez lui que chez lanimal témoin.
Tous ces phénomèmes furent d'autant plus apparents que la cachexie elle-même élait plus accentuée au moment de la fracture. Dans un cas où la thyroïdectomie ne fut pas suivie de cachexie, la fracture se conso-
lida comme chéz les sujets normaux.
Grâce à ces deux auteurs, on sait done que chez les animaux thyroïdectomisés auxquels on fait des fractures, il y à un ralentissement notable de la réparation ct un plus petit volume du cal. Toutes les périodes de sa formalion sont retardées et la période cartilagineuse prolongée. Mais, dans la seconde période de guérison, le cal est plus volumineux, probablement parce qu'il est logique de penser que la résorption du cal est aussi retardée que sa formation (Gauthier). Ces expériences montrent la lenteur du passage de la cellule cartilagineuse à la cellule osseuse, lorsque la glande est enlevée, mais la propriété évolutive de la cellule cartilagineuse n'est pas abolie et elle pourra former du lissu osseux dès qu'on lui en donnera les moyens.
Lorsque la fonction thyroïdienne est supprimée, les matériaux jeunes et embryogéniques que fabrique sans cesse l'organisme, subissent un arrêt dans leur formation. Sans celle, il semble que les matériaux en préparation ne puissent pas arriver à leur organisalion complète. Les cartilages épiphysaires destinés à devenir tissu osseux s'arrêtent dans leur processus.
Veillon, dans sa thèse, en 1896, nous rapporte ses expériences. Il thyroïdectomise complètement des lapins de plus de neuf mois et leur fail des fractures à la partie moyenne du Libia. Un lapin A fracturé, sert de témoin: un second B thyroïdeclomisé, lui aussi, et fracturé. reçoil de la thyroïodine.à raison de 1/40 du poids indiqué pour l’homme par jour.
Or, quatorze jours après la fracture, le cal du lapin B cède à la pression, en donnantune sensation d'élaslicilé
tres nelle, landis que celui de À est plus dur et à peine
dépressible. En faisant une section longitudinale, le cal . de ce dernier oppose une résistance très marquée au tranchant du couteau. On constate une sorte de crépitement dû à la ruplure des lamelles osseuses. De plus, pour détacher le cal de l'os ancien, il faut exercer un certain effort et arracher en quelque sorte le tissu spongieux incomplétement ossifié qui s'implante à la surface de la diaphyse. L'adhérence de l'os ancien et des portions néoformées devient plus intime à mesure qu'on se rapproche des extrémilés du cal. Celui de B au contraire. se laisse couper facilement avec le rasoir. Sa consistance est celle du fibro-cartilage. Entre l'os ancien ctle bourrelet cartilagineux, il existe une couche molle très vasculaire, assez peu solide pour laisser une certaine mobilité. D'ailleurs, les deux parties se sont séparées en quelque sorte spontanément au cours de la décalcificaltion. En somme, si la néoformalion cartilagineuse ne présente à l'examen aucune différence sensible chez les deux sujets, il est évident que le lapin thyroïdectomisé, malgré les injections de suc thyroïdien, présente un relard très net des phénomènes d'ossification.
Par la radiographie, M. le docteur Veillon nous donne de nouveaux renseignements. Ses lapins, immobilisés sur un support du modèle Sleinach, sont exposés dans une position horizontale aux irradiations d'un tube focus de Watson, à 0,25 centimètres. Des plaques Lumière 6 1/2 sur 9, enveloppées dans du papier aiguille noir, sont placées à plat entre la jambe de l'animal et la planchette du support. Une bobine Ruhmkorff fournissant des étincelles de 06,15 centimètres dues à un courant de 128 volls,
et 5 ampères d'intensité, est employée. La pose dure de
trois à quatre minutes. Les clichés sont développés de suile. Grâce à ces expériences, nous apprenons que le cal purement cartilagineux se laisse traverser complètement par les rayons X sans fournir aucune image. La radiographie ne décèle que le dépôt de sels calcaires. Ces renseignements qu'elle fournit se bornent donc aux phénomènes d'ossification proprement dite et de calcification. Les animaux opérés et thyroïdectomisés, traités par les injections de thyroïodine présentent un retard d'une semaine environ. Chez ceux qui n’en ont pas reçu, la réparation est plus longue. A l'état de cachexie strumiprive, la consolidation est plus lente, mais se fait. Chez les lapins normaux, on trouve les premiers indices d'ossification au huitième jour, par la radiographie. Chez les lapins adultes thyroïdectomisés, l'évolution du cal subit un retard de plusieurs jours, mais, nous l'avons vu, est plus rapide chez ceux qui sont traités par les injections de thyroïdine. La radiographie a montré que, chez les lapins normaux, les premiers indices de l’ossification se montraient aux environs du huitième jour.
Chez deux lapins thyroïdectomisés, auxquels l'auteur avait laissé les glandes parathyroïdes, le début s'est fait, l'un vers le quinzième jour, chez l’autre vers le seizième. Chez deux lapins qui avaient subi la thyroïdectomie totale, le début s'est produit vers le dix-septième jour. Enfin, chez trois lapins thyroïdectomisés auxquels il donnait chaque jour des doses de thyroïodine, les premières opacités signalant l'ossification ont apparu le quatorzième jour.
On peut donc conclure de ces expériences que les lapins normaux présentent une ossification dont la rapidité ne
peut certainement être mise en parallèle avec celle des
lapins thyroïdectomisés; cependant, l'évolution du cal, chez ces derniers, lorsqu'ils sont soumis au traitement thyroïdien, se fait plus vite que chez ceux qui n’y sont pas soumis.
Veillon et Ser, tous deux du même avis, disent que les injections de thyroïodine chez les lapins sains, ne paraissent pas provoquer une consolidation plus rapide des fractures.
Toutefois l'on peut répondre que, d'une façon constante, la consolidation ayant eu lieu plus rapidement chez plusieurs animaux et non un seul, soumis au lraitement, que chez ceux ne recevant pas d'extrait, on peut en conclure que celui-ci a eu fort probablement une action certaine quoique trop peu appréciable.
Puis, toutes ces expériences ont eu lieu sur le lapin, qui n’est peut-être pas l'animal de choix, car il est bien étonnant que des expériences conduites chez des animaux soient négatives ou à peu près, alors que des observations cliniques, positives el affirmalives par leur poids et leur nombre viennent les contredire. Puisque la thyroïodine à agi chez l'homme, elle devrait en faire autant chez les animaux, et servir chez eux de contre partie probante, car les expériences animales nous montrent d’après l'action de la médication sur les échanges qu'on devrait arriver chez elles au but cherché.
Enfin, l’on ne peut toujours conclure non plus de l'animal à l'homme. On sait, entre autres choses. que certains poisons, tels que la belladone, n'ont pas une action comparable chez l'animal, le lapin surtout, et l'homme. N’en serait-il pas de même pour la thyroïo-
dine ?
Le lapin a toujours été employé comme animal de choix, car on se le procure facilement, et il est aisément maniable.
Carrière el Vanverts. en 1900, ayant fait des expériences du même genre, sur le même animal, ne se hâtent pas de tirer des conclusions négatives pour la clinique, car ils disent que si l'administration de la thyroïodine ne semble pas hâter la consolidation des fractures, il n'est pas permis d'appliquer d'emblée ces conclusions à l'homme.
= Nous nous trouvons d'accord avec ces auteurs,d' autant que ces lignes ont été écrites avant que leur travail ne parüL. |
Les conclusions de ces auteurs sont sages. Elles ne tranchent pas d’un coup une question litigieuse, clles permellent de chercher un terrain plus favorable pour perfectionner la direction du traitement, si cela peut se produire, puisque celui-ci a eu de bons cffets chez
l'homme.