‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 43 sur 63 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

l'olel. Gazelle hebdomadaire 26 février 1899

Vers le milieu d'octobre dernier, un homme fut placé dans ma salle Saint-Jean, porteur d’une fracture en biseau du tiers inférieur de la jambe. Après quelques jours d’attente, le dégonflement obtenu, je lui appliquai la gouttière contentive plâtrée, avec l'intention de lui poser le surlendemain l’étrier ambulatoire. Mais, ayant été très chargé, les jours suivants, de besogne et d'opérations, nous oubliàmes complètement le blessé qui, ne souffrant nullement ne se plaignit pas et ne réclama point. Ce ne fut qu’au bout de 15 jours, que l’on s’avisa de la chose et le malade ne semblait point pressé de se lever. La fracture paraissait d’ailleurs bien maintenue. Je le laissai achever dans son lit le temps nécessaire à la consolidation.

Mais quand j’enlève l'appareil vers la fin de novembre, la solidification ne s’est pas effectuée. Les deux fragments libiaux sont unis par des liens fibreux, assez denses et serrés pour que le membre puisse être levé en bloc au-dessus du plan du lit, mais quand on empoigne ces fragments, ils remuent un peu l’un sur l’autre et, si l’on porte en arrière le fragment inférieur, on fait légèrement saillir la pointe biseautée du supérieur.

J'ai l'habitude de traiter ces pseudarthroses par la marche méthodique..….. 11 faut souvent, par ce moyen, 6 à 8 semaines pour obtenir la solidification d’une fracture à cal retardé, mais on constate d'ordinaire, au bout de quelques jours, un resserrement dû à la pseudarthrose, une diminution de la mobilité. Ici, au bout de > semaines, les fragments semblaient jouer l’un et l’autre tout autant que le premier jour.

Sur ces entrefaites, je lus dans le Bulletin de la Société de Chirurgie 6 décembre 1898, les deux observations de MM. Quénu ct

Reclus.

Frappé de ces observations si nelles, ayant constaté, du reste, que mon malade ne présentait aucun symptôme cardiopathique, et que ses reins fonclionnaient bien, je lui fis administrer la thyroiïodine sous la forme que m'offrait la pharmacie de l’hôpilal, c’est-àdire en pastilles de thyroïodine Flourens, « représentant, dit l'éti quete, 20 centigrammes chacune de corps thyroïde de mouton frais et sain. » Trois pastilles par jour une heure avant le repas. Le malade continue à marcher deux heures par jour.

Je dois à la vérité de dire qu’au quatorzième jour de ce traitement la consolidation presque complète était acquise et que le malade marchant solidement sur sa jambe (soutenue par précaution au moyen de deux altelles), voulut absolument sortir de l'hôpital. Quelle part est due dans ce résultat à la déambulalion méthodique ? Quelle : part au médicament? Il me semble probable que la plus grande revient à la thyroïodine. Comment agit-elle ? Agira-t-elle dans ous les cas ? Je ne sais. Ce fait est tout simplement un document d'attente à ajouter aux faits analognes. Toujours est-il que dans les relards inexpliqués de consolidalion, on sera en droit de songer à

la thyroïodine.

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