OBSERVATION XLV
(Guinard, Semaine médicale, n° 1, 1900.)
Je tiens à m'associer aux réserves qui ont été formulées par M. Potherat, sur l'emploi de la thyroïodine dans le traitement des pseudarthroses, Dans un cas que j'ai opéré, il s'agissait d’une pseudarthrose consécutive à une fracture de la jambe, je fis une résection. J'immobilisai le membre dans un appareil plàtré et pendant ho jours. Au bout de ce laps de temps, la consolidation n'était pas oblenue.
Chez ce malade, j'ai employé la thyroïodine mème à doses assez
élevées, et le résultat a été absolument nul.
Nous donnons ici un résumé de nos observalions personnelles, ou inédites, qui montrera rapidement les résultats obtenus :
Fractures récentes. — Observations [ et Il. Homme 35 ans, fracture simble de jambe au tiers moyen. Administration de thyroïodine. Homme 28 ans, fracture de jambe au tiers moyen. Administration de thyroïodine. On donne la médicalion de façon intermittente et son action est bien prouvée en ce sens que le cal qui commençait à se former durant une première période du traitement, devient mou dès qu'on le cesse, pour reprendre son évolution pendant une période nouvelle etaboutir alors rapidement à la consolidation. Il est probable que l’on peut voir en ee fait l'explication suivante. L'organisme ne pouvait arriver à édifier du tissu osseux que lorsque l'iodothyrine lui était donnée en quantité suffisante, quantité qui
n'élail pas encore assez considérable au cours d’une première période. LA
OBSERVATION 11. — Homme 4o ans, fracture du calcancum par écrasement. \dministration de thyroïodine, ce genre de fracture qui, d'ordinaire, se consolide très tard, le fait ici en 40 jours.
OBSERVATION 1V. — Homme 19 ans, fracture bimalltolaire. Thyroïodine, Consolidalion en 30 jours.
OBSERVATION V. — Homme 67 ans, fracture bimalléolaire. Thyroïodine. Consolidalion en 48 jours. Résullal appréciable vu l’âge et le genre de la fracture. |
OBSERVATION cilée 1X. — Homme 45 ans, fracture du libia au licrs inférieur. Thyroïodine. Consolidalion en 14 jours.
OBSERVATION citée x. — Femme 52 ans, fracture transversale de la rotule. Thyroïodine. Consolidation en 19 jours.
OBSERVATION cilée x1. — Hoimme 40 ans, fracture bimalléolaire. Thyroïodine. Consolidation en 13 jours.
OBSERVATIONS cCilées xX11, XII, XIV.— Hommes 35 el 40 ans, fractures de jambe. Consolidation en 4o jours. Femme 32 ans, fracture
extra-capsulaire du col. Consolidation en un mois ct demi.
Rappelons de plus les faits consignés en masse d'une dizaine de cas de fractures de jambe, recueillis encore dans le service de M. le professeur Poncet, consolidées
dans le temps minimum.
RETARDS DE CONSOLIDATIONS — PSEUDARTIROSES
OBSERVATION citée xvH. — Homme 55 ans, fracture compliquée el complète de la jambe à la partie moyenne. Pseudarthrose. Consoli-
dation en 30 jours.
OBSERVATION cilée XVII. — Femme 58 ans, fracture exlra-capsulaire du col. Relard de consolidation. Thyroïodine qui agit en 14 jours.
OBSERVATION Cilée x1IX. — Homme 17 ans. Résection du genou. Fhyroïodine. Consolidalion en 28 jours.
OBSERVATION citée XX. — Fenime 46 ans, pseudarthrose de la jambe
gauche. Guérison en » mois.
rose
OBsERvATION citée XXXVI. — Homme 45 ans, fracture compliquée de l’extrémilé inférieure du péroné depuis un an. Saillie de la malléole interne. Ostéolomie de cette dernière. Ostéoclasie du fragment supérieur du péroné. Pas de consolidation 67 jours après. Thyroïo-
dine. Consolidalion en 12 jours.
Au moment de meltre sous presse, M. le Professeur agrégé Bérard est assez bon pour nous communiquer de mémoire une observation fort intéressante, mais malheureusement, nous ne pouvons donner à son sujet des détails fort précis, car nos nombreuses recherches pour retrouver l'observation initiale sont restées infructueuses. Toutefois, l'observation mérite à de nombreux égards d'être citée. Elle n'occupe pas la place que nous lui aurions assignée dans notre travail si nous l’avions eue plus tôt: aussi nous contentons-nous, forcés que nous le sommes,de lui donner le numéro d'ordre qui doit lui revtnir. Que l'on veuille donc bien la lire à la suite de
l'observation XVII après laquelle elle aurait figuré.
OBSERVATION XVIT bis (inédite)
Due à la bienveillance de M. le professeur ayrégé Bérard. {Service de
M. le professeur Poncel).
X..., ltalien, 4o ans environ, entré à l'Hôtel-Dieu de Lyon dans le courant de l’année 1899, salle Saint-Philipe, n° 9. Fracture compliquée de la jambe droile par chute du haut d'une échelle. Issue des fragments La fracture est comminutive et infectée, nécessitant une résection diaphysaire des deux os de la jambe que fait M. Bérard. On pratique un large drainage. Peu de lemps après, une fusée purulente se produit le long du péroné, qui est traitée par une contre-ouverture el un drainage soigné, à la partie supérieure de la
jambe. Au boul de 4 mois, les drains sont graduellement diminués
de calibre puis supprimés. On applique une goutlière, puis un plàtre sous pansement. Le malade est envoyé à Longchêne. À son retour, on constate des mouvements de latéralité entre les fragments. La jambe ne peut être appuyée sur le sol sans provoquer de la douleur.
Le malade rentre de nouveau dansle service, à l'annexe de la salle .Saint-Philippe. On lui fait d’abord du massage qui ne semble hâter en rien la consolidation. M. Bérard lui donne alors, chaque jour, des doses de thyroïodine variant de 0,30 à 0,40 cenligrammes. Au bout de 3 semaines, la jambe est absolument solide el permet au malade de marcher avec des béquilles.
Celui-ci a été revu depuis à l'hôpital. IL marche maintenant avec
unecanne. Le raccourcissement est de 3 à 4 centimètres.
CHA PER EMOMI
Traitement SOMMAIRE. — Indications et contre-Indicalions. — Médication thyroïdienne.— Thérapeutique de la médicalion,— Dangers du traitemenL.
LS INDIGATIONS. — En 1898, au Congrès de Médecine in-
terne de Montpellier, Mossé s’en occupe.
L'opothérapie, dit-il, est indiquée dans les étals pathologiques d'origine dysthyroïdienne.
1). Ellerest-dirécte :
a). Dans les dystrophies et toxhémies consécutives à l'athyroïdie avec myxædème.
Dans le myxœdème spontané de l'adulte.
Dans le myxæœdème opératoire ou cachexie strumiprive.
Dans le myxædème de l'enfant — qu'il soit congénial (idiolie myxædèmateuse, myxædème infantile) — ou tardif (crétinisme sporadique).
Dans le crétinisme endémique.
b). Dans les goiîtres et autres diverses affections de la
glande amenant un amoindrissement de la sécrétion.
B}. Elle est indirecte :
«. WHY a une corrélation évidente, physiologiquement, entre la fonction thyroïdienne et le trophisme général. Si le mécanisme intime de cette corrélation nous échappe, il est rationnel de le supposer languissant, affaibli, dans la nutrition relardante, dans le retard de développement du système osseux, dans le retard de la puberté.
b). Il y a une corrélation assez étroite entre les organes de la génération (testicules, ovaires, utérus, mamelles) et le corps thyroïde à l'état physiologique comme en élat morbide.
e). Elle est empirique : des troubles morbides, ressemblant vaguement comme symptômes à l'athyroïdie aiguë ou chronique, ont été traités par l'opothérapie
(psoriasis, ichthyose, eczéma, télanie).
CONTRE-INDIGATIONS. — Elles sont tirées de lélat du cœur.
Chez les arthritiques, les obèses, les emphysémateux, il faut surveiller le cœur et le pouls.
Chez les basedowiens, il faut s'abstenir, mais l'on peut tenter la médication chez les faux basedowiens ou dans
les cas de goîtres basedowifiés (Marie).
MALADIES DANS LESQUELLES ON A PRÉCONISÉ L'EMPLOI DE PRÉPARATIONS THYROÏDIENNES. — Nous avons vu au chapitre Il tous les troubles qui résultent pour l'organisme
de l'état de déchéance de la glande thyroïde. Dans le