‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 47 sur 63 · NO · texte numérisé non relu

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OBSERVATION XXXVIII (Ibidem.)

E. A., cocher, 62 ans, vigoureux. Avoue de grands excès alcooliques, entre le 16 juillet 1899, au n° 34 de la salle Saint-Sacerdos. Le jour même, le 16 juillet, le malade avait fait une chute de voi- Lure, une roue de voiture élait passée sur sa jambe droite et avait fail une fracture à la partie moyenne du tibia et du péroné.

Le malade est mis pendant 3 jours dans une gouttière, puis immobilisé dans un plâtre.

Le 15 août, on constate que la consolidation se fait très lentement. On lui donne alors chaque jour deux cachets de thyroïodine, de 0 cjgr. chaque, et lon continue la médication jusqu'au 30 septembre, en interrompant de temps en temps. La consolidation se fait lentement, petit à petit. Le malade commence à marcher avec des cannes vers le 8 octobre, et sort le r6.

L'observation est peu probante. Il a fallu 3 mois pour la conso-

lidalion. Le sujet était alcoolique.

OBSERVATION XXXIX (Ibidem.)

V. L., menuisier, 2% ans. Pas de syphilis, ni d’alcoolisme. Très bon état général. Couché au n° rr de la salle Saint-Sacerdos, où il entre le 5 juillet 1898. Le »9 septembre 1897, il fait une chute en poussant un tonneau de 120 litres dans un escalier. Le malade allait à rebours en Lirant ce lonneau, et celui-ci, en roulant, lui frappe la face postérieure de l'extrémité supérieure de la cuisse droite qui est fracturée.

Le même jour, le rhabilleur, après des tractions sur le membre, ne place pas d'appareil, mais ordonne au malade de rester seulement élendu sur le dos.

Un mois après, le rhabilleur, en examinant la fracture, déplace les fragments. Le fragment inférieur remonte, et le raccourcissement,

qui n'était que de 3 cent. devient beaucoup plus considérable, Dou-

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leur lrès vive dans tous les mouvements du tronc et du membre inférieur opposé. Pendant 7 mois, le malade reste au lit, puis il commence à se l2ver deux heures par jour, sur un fauteuil, à côlé de son lit, mais sans pouvoir marcher, même avec des béquilles.

Le 3 juillet 1898, il entre à la Clinique. On constate la présence d’une tumeur volumineuse occupant le côlé externe de la partie supérieure de la cuisse droite. La palpalion montre une déformation considérable du fémur, Par la radiographie, on voit que le fragment inférieur comprenant les deux tiers de la diaphyse, est très remonté. Le fragment supérieur a basculé, de telle sorte que son extrémité diaphysaire est au-dessus de l’épiphysaire et forme avec le fragment inférieur un angle aigu ouvert en bas et en dedans. Sur la radiographie on détermine difficilement la posilion du trochanter.

Il y a un raccourcissement de r4 centimètres du côté fracturé. Traction et contre-extension et les poids sont porlés successivement de > à 7 kilogs. Le 16 juillet, raccourcissement de 11 centimètres. Le même jour, Monsieur Ollier, fait l'extension manuelle, sans anesthésie. Craquements au niveau de la fracture. Le raccourcissement n’est plus que de 6 centimètres. Immobilisation par une altelle plàtrée pelvi-dorso-pédieuse.

1 août. — On enlève l'appareil plàtré. Le fragment inférieur est remonté de 2 centimètres. Traction sur chariot mobile avec grande extension et les poids sont portés de 4 à 7 kilogs le 10 août.

Raccourcissement de 5 centimètres 15, au mois d'octobre. Milieu décembre, on commence la médication thyroïdienne. On donne chaque jour un corps thyroïde d'agneau, puis, comme le malade ne le prend qu'avec difficullé, on lui donne à partir du 3 janvier des tablettes de thyroïodine, deux par jour. La médication est conlinuée jusqu'au 15 mars avec des interruptions de huit jours toutes les > semaines.

A peu près, vers le comimencement de février, on note que la consolidation se fail petit à petit. Elle se poursuit après la cessation de la médicalion. ,

Vers le 25 mai, on lui met un silicate et il est envoyé, le 12 juin,

dans un hôpital de convalescence,

OBSERVATION XL. (Ibidem ).

T. J., cullivaleur, 36 ans, marié, pas d'enfants, vigoureux. Pas de

syphilis, ni d’alcoolisme, admis le 21 mars 1899. au n° 54 de la salle Saint-Sacerdos,

Sa fracture remonte au 27 décembre 1898.Fracture du liers inférieur de la jambe. Un rhabilleur fit un pansement sommaire el mit la jambe dans un appareil très imparfait comime immobilisation. > mois après, fin février, pas de consolidation.

Le 18 mars, le malade veut se lever. mais sa jambe fléchil et ïl tombe. Il entre à l'hôpital.

Le 21 mars, jour de son entrée, on voil qu'il ÿ a un léger chevauchement. Extension continue pendant deux jours. et le troisième jour, appareil plätré.

10 avril. — Après seize jours d’immobilisalion, trailement thyroïdien à raison de deux corps thyroïdes de moulon chaque malin.

22 avril. — La consolidation se fait. Mouvements de latéralité bien moins nels.

1 mai. — On cesse le trailement car le malade a un peu de tremblements des doigts sans exophlalmie, ni palpilations.

S mai. —. Consolidation parfaite. Le malade peut soulever sa jambe. Cal un peu exubérant, articulation du genou et cou de

pied ankylosés par l’immobilisation.

OBSERVATION XLI (ibidem).

B. L.., de Caluire (Rhône), polisseur sur mélaux. 45 ans, adimis au n° 44 de la Salle Saint-Sacerdos, le g octobre 1898. Fracture transversale de la rotule sans plaie. Hémarthrose du genou. Ecartement de à centimètres.

14 octobre. — Monsieur Chandelux suture les deux fragments sous anesthésie.

9 janvier, — Le malade fail une première sortie au dehors. I tombe eUse fait une fracture iléralive de la rotule avec rupture de

la peau. On le ramène à l'hôpital. M. Gayet, chef de clinique, le voit

le soir même el Lui fail après examen de l'articulation une sulure osseuse et une suture de la peau, laissant les parties latérales correspondant aux ailcrons, béantes pour permettre un lavage articulaire. Mais, le lendemain, la lempéralure s'élève et, le 19 janvier, on esl forcé d'enlever les fils. Abcès sur le condyle interne libial dont l'incision évacue deux cuillerées de pus. Lavage et extension dans un plâtre sous pansement occlusif.

3 février. La température remonte. On refait le panseinent. La plaie cutanée s'est réunie maïs les deux fragments rotuliens sont mobiles sans cal aucun.

10 février. On commence à donner de la thyroïde, 2 lobes par jour.

18 fevrier. On constate avec étonnement que les deux fragments sont en parlie consolidés. On continue le {raitement pendant 8 jours encore.

10 mars. Rotule tout à fait solide mais mobilité latérale. Nouvelles fusées purulentes sous-cutanées autour du genou. Incisions. Drainage.

14 avril. Le pus diminue. Le malade est profondément cachectique. :

5 mai. Suppuration larie. Alrophie musculaire très marquée. Ankylose partielle.

1 juin. Le malade part pour l'asile de convalescence.

r* aout. Le malade revient en bon élat général mais ankylose presque complète. Cependant la rotule est mobile, les deux fragments sont réunis et soudés l’un à l’autre. Il part avec un silicate pour parfaire l’ankylose, ayant refusé toute tentative de mobilisation arliculaire.

5 novembre. Le malade est vu de nouveau. Il marche facilement

sans bandage, le genou ankylosé.

OBSERVATION XLII (ibidem)

B. A. 20 ans, cultivateur. Couché au n° 16 de la salle Saint- Sacerdos. Vigoureux. Ni alcoolisme ni syphilis.

Le 5 septembre 1808, il se fait une fracture de la partie inférieure de la cuisse. Une rhabilleuse lui fait un appareil d’immobilisation

insuffisant, > mois 1/2 après, il marche avec des béquilles et enlève

son appareil, Il se rendait parfaitement compte que son membre ballottait. Au mois de mai 1899, voyant qu'il n'y a pas d’amélioralion, il consulte un médecin qui l'envoie à l’hôpital.

Lundi 8 mai. Examen à l'entrée. Fracture de la partie inférieure de la cuisse, sus-condylienne. On ne sait si la fracture est intraarticulaire. Quand le malade détache le talon du lit, le fragment supérieur soulève la peau. Les deux “fragments sont engrenés el la partie supérieure est portée en avant et sur le côté externe de l'inférieur. Trait de fracture paraissant être à 12 centimètres de l'interligne. Mobilité latérale. Raccourcissement de 6 centimètres. Par la radiographie, on voit que la fracture est extra-articulaire.

Appareil extenseur sur chariot. Contre-extension à point d'appui entre les cuisses. Poids tenseurs portés jusqu'à 6 kilog. (20 mai).

31 mai. Raccourcissement de 4 cm, 5.

> juin. On enlève la traction. Pas de consolidation. Douleur vive au niveau de la fracture.

5 juin. M. Ollier intervient. Incision sur la face externe à la rencontre de la face antérieure. Vissage; appareil plàtré d’immobilisation. Un mois après, pas de consolidation. Le malade reste immobilisé août et septembre.

5 oclobre. M. Gayet, chef de clinique, se décide à essayer le traitement thyroïdien. On donna d’abord 3 capsules de thyroïdine par jour dosées à 20 centigr. Puis à parlir du 9 octobre, comme le

temps le permet, du corps thyroïde de mouton, 2 lobes tous les matins.

16 octobre. Le malade se plaint de tressautements el de fourmillements dans les deux membres inférieurs, surtout dans le membre fracturé. On défait son pansement. La mobilité latérale existe, comme avant le traitement thyroïdien.

4 octobre. Le malade se plaint toujours de tressautements dans son membre. Le pansement est défait. Pas de trace de consolidation. Douleurs de tête, vertiges. Pouls à 100, vomissements. Pas de tremblement, ni d’exophtalmie. Un peu d’amaigrissement. On supprime le corps thyroïde. Le lrailement avait duré 21 jours. Le membre est laissé à l'air, On fait du massage, La consolidation se fait. (0 no-

vembre.)

15 décembre. Le malade peut sans trop d'efforts soulever son talon du plan du lit,

Des 6 observations de notre camarade, nous voyons que les deux observations concernant B.-L. et V.-L. prouvent une action fort probable de la médication; dans

Sautres cas concernant M. A.—T.J.etE. À., elle n'a peut

être pas eu d'action. Dans celle de B. À. enfin, elle a été négative.

Quelques unes, parmi ces observations et celles de notre camarade, le docteur $Ser, sont litigieuses, d'autres négatives. Cilons quelques autres faits où la thyroïodine

a donné des insuccès. :

OBSERVATION XLHII (Due à l’obligeance de M. Aboulker, interne à l'hôpital de Muslapha.

Service du docleur Bruch.)

Jeanne M., 35 ans, repasseuse. 5 ans de séjour en Algérie. Couchée au lit n°23 de la salle Bichat. Entrée le 6 mars 1899. Diagnostic: fracture bimalléolaire; ostéotomie. Retard de consolidation. Cette femme est obèse, a eu des fausses couches, et a une fille vivante polysarcique. Elle se fait -unc fracture bimalléolaire ; consolidation en mauvaise position, Pied bot valgus, marche el slalion debout impossibles. Ostéotomie, Consolidation retardée. An bout de 3 mois, traitement thyroïdien, sans effet, malgré sa durée d’un mois. Nie la syphilis. Pas de trace de cette maladie, On laisse s’écouler 2 mois. on soumet la malade au traitement mécanique (injection de calomel). 6 grammes d’iodure de potassium pro dic.

La consolidation est obtenue en 4 semaines. La radiographie, du reste ne montre plus de solution de continuité, et la malade à pu reprendre son métier. Elle sort en décembre 1899.

Aoûl 1900. — Nous avons retrouvé celte malade. Les fonctions du membre sont excellentes, Les empreintes plantaires des deux

pieds sont symétriques.

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