‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 5 sur 63 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La Glande Thyroïde

SOMMAIRE : Anatomie: Corps thyroïde; Glandules. — Histologie ; Corps thyroïde ; Hypophyse. — Physiologie : Corps thyroïde ; + Glandules ; Appareil conjugué.

Nous désirons exposer dans ce court travail une des actions de la médication thyroïdienne. Il ne semblera donc

pas étonnant à ceux qui nous liront, de voir quelques mots consacrés à la glande thyroïde.

EXPOSÉ ANATOMIQUE. — Nous emprunterons les quelques considérations suivantes à la thèse de M. le professeur agrégé Bérard, inspirée par M. le professeur Poncet.

Le corps thyroïde, ou glande thyroïde, occupe à peu près le centre de la région décrite en anatomie topographique sous le nom de sous-hyoïdienne. Appliqué par la gaîne viscérale contre la trachée, l'œsophage etla partie inférieure du larynx, il est séparé par elle des autres organes du cou. Notons en passant les déformations el les altérations qui résultent pour ces derniers organes de

leur voisinage avec laglande, lorsque celle-ci est atteinte

par un goître ou un cancer. Ces troubles ont été étudiés tout au long dans les différentes thèses de MM. Orcel, Gruié, Carrel, élèves de M. le professeur Poncet, ainsi d’ailleurs que dans celle de M. le professeur Bérard.

La forme extérieure de la glande, comparée habituellement à celle d'un croissant, à concavité supérieure, ou d’un fer à cheval, serait plus souvent celle d'un \-7 dont le trait transversal couperait les jambages à l'union du 1/3 inférieur avec le tiers moyen. Chaque jambage, un peu oblique en bas et en dedans, représentant un lobe latéral, et le trait transversal correspondant au lobe médian encore appelé isthme à cause de son peu d’épaisseur.

L'istkme, est surmonté d’un prolongement glandulaire plus ou moins grêle, la pyramide de Lalouette, dans une proportion de 3 fois sur 4 environ, (37 fois sur 50 sujets dans des recherches faites par M. le professeur Bérard). Mais l’isthme lui-même peut faire défaut (4 fois sur les 5o sujets déjà cités) et les deux lobes latéraux rester distincts, comme chez les oiseaux et les monotrèmes (Testut).

Les données morphologiques relatives à la glande thyroïde sont d'ailleurs soumises à des variations considérables. Il en est de même des dimensions — chez l'adulte en moyenne, chaque lobe mesure 3 à 4 centimètres de hauteur sur 3 de largeur (3 de hauteur sur 6 à 7 de largeur pour M. le professeur Testut). L'épaisseur est de 4 à 6 millimètres pour le lobe médian et de 15 à 20 millimètres pour les parties latérales. Plus volumineux chez la femme, il n'affecte pas,

comme on l'a prétendu, chez le fœtus un développement

plus considérable que celui qu'il aura chez l'adulte. Son poids, de r à 3 grammes chez le nouveau-né, s'élève plus tard à 25 ou 30 grammes en moyenne (Testut).

Il est maintenu dans la position qu'il occupe par trois ligaments — le ligament moyen de Grüber — déjà signalé par Hüter — les ligaments latéraux de Grüber, — le ligament supérieur, vestige du conduit de Bochdaleck qui reliait primitivement la glande thyroïde au foramen cœcum de la base de la langue.

A ces trois organes qui maintiennent fixé le corps thyroïde, il faut adjoindre la gaîne viscérale qui s’attache. aux aponévroses du cou.

La glande présente une couleur qui varie du gris rosé au rouge brun — elle est molle et se laisse facilement déprimer ou déchirer. Sa consistance est variable et, si l’on promène le doigt sur la surface de section, on éprouve comme une sensation de ;viscosité particulière, qu'on ne retrouve pas sur autres glandes et qui provient

de la nature toute spéciale du contenu de ses vésicules.

VAISSEAUX. — ARTÈRES, — La glande reçoit des vaisseaux de la carotide et de la sous-clavière par l'intermédiaire des artères thyroïdiennes supérieures et inférieures, auxquelles s'ajoute l'artère thyroïdienne moyenne de Neubauer quand elle existe. Rappelons les rapports spéciaux et importants des nerfs récurrents et grand

sympathique avec l'artère thyroïdienne inférieure.

Vexes, — La circulation veineuse est assurée par la veine thyroïdienne supérieure et la veine thyroïdienne supérieure accessoire, décrite par Kocher, les veines

thyroïdiennes inférieures — les veines thyroïdiennes infé-

rieures accessoires de Kocher, et les veines thyroïdiennes

inférieures profondes.

LymPHATIQuESs. — La circulation lymphatique a été bien étudiée dans la thèse du docteur Rivière, inspirée par M. le professeur Poncet. Au sortir de la glande, ils se divisent en vaisseaux ascendants et descendants. Les Iymphatiques ascendants sont médians et latéraux. Les premiers se rendent dans des petits ganglions situés au devant de la membrane crico-thyroïdienne (Poirier). Les seconds, vont dans les ganglions pharyngés et dans un ou deux ganglions qui sont au niveau du bord postérieur du cartilage thyroïde (Boéchat, G. Marchant).

Les lymphatiques descendants se rendent dans les gan-

glions péritrachéaux (Legendre-Boéchat).

Nerrs. — Tous les nerfs que reçoit le corps thyroïde sont des vaisseaux assez fins provenant du grand sympathique et des récurrents. Berres a décrit des filets thyroïdiens provenant de l’anse de l'hypoglosse.Il est le seul à

les signaler.

GLANDES ACCESSOIRES. — À côté de la glande thyroïde que nous venons de décrire rapidement, se trouvent d'autres organes que l'on a appelés les glandules parathyroïdiennes.

Ces glandules existent chez les animaux comme chez l'homme. Gley fait bien remarquer que, pour thyroïdectomiser totalement les lapins, il est nécessaire d'enlever en même temps que les deux glandes thyroïdes, une autre glandule située un peu plus bas. au devant de la carotide. L'animal, autrement, vit comme auparavant. Cette glandule accessoire, restée à l'état embryonnaire. |

TA

aurait pour l’auteur un poids moyen de 10 milligrammes pour les deux lobes. Le corps thyroïde, lui, a un poids moyen de 170 milligrammes pour les deux lobes réunis. Or, borne-t-on la thyroïdectomie à l'ablation unique de la glande principale, ces corps se développent, et, chacun d'eux arrive, au bout d'un mois environ à peser 10 milligrammes. Si l'on a pratiqué la thyroïdectomie totale, on peut supprimer les accidents par une injection intra-veineuse du suc extrait par trituration du corps thyroïde, après expression et filtration. La glandule, ajoute Gley, est à un demi-centimètre au-dessous de chaque lobe, recouverte complètement par le muscle sterno-thyroïdien, difficile à voir, surtout si l'animal est un peugras, de teinte moins rouge que la glande. Sa longueur est de à 6 millimètres, sa largeur de 1 à r millimètre 5, son poids de 0,004 à 0,006. Sa structure est analogue à celle du corps thyroïde à l'état embryonnaire.

M. Gley dans Schmidt's Jahrbücher 1880, Bd 1887, et Krause (dans la 2"* édition de son Anal. des Kaninchens), trouvent duresteletravail d’un Suédois, [varSändstrom,qui, vers 1887, a étudié chez le chat, le cheval,le lapin, et surtout chez l'homme, ces glandules qu'il a découvertes etqu'ilappelle parathyroïdiennes. Il ne les a vu manquer que 7 fois sur bo cadavres examinés, et comme elles sont restées à l’état embryonnaire, il dit qu'il ne faut pas les considérer comme des glandes thyroïdes accessoires. La situation qu'il leur assigne chez le lapin n'est pas tout à fait juste, et, pour Gley ces glandules sont situées non sur le côté de la glande comme le dit Sändstrüm, mais presque toujours au-dessous. L'importance de ce travail

cité par Krause réside en ce qu'on est maintenant au-

Page 1