‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 6 sur 63 · ENTER · texte numérisé non relu

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torisé à penser que, dans les cas où l'extirpation du corps thyroïde chez l'homme, n'a pas donné lieu au myxædème, les glandules dont il s’agit n'ont pas été enlevées.

De plus le docteur Carrel, élève de M. le Professeur Poncet, a démontré dans sa thèse, toute récente, sur le goître cancéreux, que ces lobules thyroïdiens accessoires, peuvent devenir le siège d'épithéliomes, qui se développent dans ces débris parathyroïdiens, comme les épithéliomes branchiogènes de Volkmann dans les débris des fentes branchiales. Cette forme de la thyrocarcinose est actuellement bien connue, grâce à de nombreux travaux français et étrangers (Veau, Berger, Gussenbauer).

Pour .Brissaud, il existe deux sortes de myxædème, le myxæœdème commun, et un autre, qui s'en distingue par l'intégrité absolue des fonctions psychiques. On pourrait l'observer chez l'adulte, l'enfant et l'adolescent. Il ne s'accompagnerait d'aucun retard, ni d'aucune anomalie dans l'évolution des organes sexuels. Mais, pour l’auteur, l’ablation des éléments thyroïdiens seuls, donnerait le myxœdème sans apathie intellectuelle, tandis que le myxæœdème parathyroïdien présenterait une infiltration caractéristique, de l'arrêt de développement, de l'idiotrie crétinoïde auxquels aboutirait la cachexie strumiprive.

Moussu, d’ailleurs, d'après des expériences nombreuses sur le chien, le chat, le cheval et la chèvre, conclut que, l'extirpation des glandes parathyroïdiennes seules, amène presque régulièrement la mort, évitée avec l’extirpation pure et simple des thyroïdes. Les fonctions des

premières sont donc différentes de celles des secondes.

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Celles-ci amènent des troubles chroniques, et celles-là des troubles aigus, lorsqu'elles disparaissent.

: Ces considérations diverses nous amènent à rechercher quel est le rôle physiologiqne de l'appareil thyroïdien, tel qu'il est actuellement conçu, mais auparavant nous

dirons quelques mots de son histologie.

HiSTOLOGIE DU GORPS THYROÏDE. — Anatomiquement, dit Morin en 1895, le corps thyroïde représente une glande composée de vésicules qui sont tapissées d’un épithélium sécréteur, et qui contiennent une substance colloïde. Ces vésicules, groupées en lobules, sont entourées d’un tissu conjonctif sillonné de vaisseaux sanguins et lymphatiques très nombreux et volumineux. Pour M. le professeur Renaut, chaque lobe est formé de lobules, composés en majorité. Au sein de chacun d'eux, des grains thyroïdiens ont l’apparence de vésicules closes, ou plutôt de petits kystes arrondis, reliés entre eux par des cordons pleins. À la surface interne de chaque grain, on voit un revêtement épithélial continu et régulier formé de cellules prismatiques. Le contenu de chaque grain consiste en un globe régulier de substance réfringente et claire. Le corps protoplasmique des cellules épithéliales paraît homogène et d’une réfringence un peu inférieure à celle de la matière sécrélée, qui gonfle le grain. Il est semé de boules réfringentes comme celles du mucigène d’une cellule à mucus, mais, grâce aux colorants (éosine-carmin), on constate qu'elles en différent, de même que la matière sécrétée qui remplit les grains, qui a les réactions de la substance colloïde. Aussi, M. Renaut dit-il que ces boules sont formées de thyro-

mucigène, produit immédiat de l'activité sécréloire des cellules épithéliales de la glande thyroïde.

A la période fœtale, le produit de sécrétion des grains est constitué par une substance qui paraît être au thyromucigène ce qu'est le mucus au mucigène des glandes muqueuses ordinaires. C'est la thyromucoïne qui reste incolore par l'éosine, alors que celle-ci colore le produit de sécrétion des grains de la glande adulte. Ce dernier produit subit, dans la cavité des grains, une maturation particulière qui le rapproche d'une substance colloïde. Aussi, M. Renaut l'a-til appelé la thyrocolloïne.

Les grains thyroïdiens de Ja glande adulte ne renferment la thyrocolloïne que lorsque les voies d’excrétion du produit sécrété, ici, les vaisseaux lymphatiques, se déploient normalement au contact des grains, dans leurs intervalles au sein du lobule. Quand ils ont disparu par atrophie (goître exophtalmique), les grains ne renferment plus qu'une faible quantité de thyrocolloïne, ou même rien autre chose que de la thyromucoïne, comme dans la période fœtale,

Aïnsi, la sécrétion normale de la glande thyroïde a pour voies d'excrétion l'ensemble des lymphatiques thyroïdiens. Ceux-ci se sont réellement substitués au canal excréteur disparu depuis longtemps, et dont le seul vestige est le foramen cacum de la base de la langue.

Le produit mür de l'activité sécrétoire de la thyroïde, la thyrocolloïne, subit donc nécessairement l'action des cellules Iymphatiques avant d'être versé dans le sang. On ignore toutefois en quoi consiste cette action pour le cas particulier de la sécrétion thyroïdienne.

Comme on le voit, la thyroïde est une glande « à sé-

crétion interne », amenant dans le sang, par la voie 1ymphatique, la substance colloïde mûre et chargée d'iode (Baumann) élaborée dans ses grains glandulaires disposés en vésicules closes. Peut-être aussi donne-t-elle directement au sang, par la voie de l'absorption veineuse, d'autres produits que nous ne connaissons pas encore. Sans entrer dans le détail de ce qu'on sait de sa physiologie, il convient de faire remarquer ici qu'il ne s'agit nullement d'une sécrétion accessoire, qui puisse être supprimée sans inconvénient, comme le croyait Munk.

La thyroïdectomie amène la cachexie strumiprive; si l'on utilise les greffes, les accidents cessent. Il semble donc bien que la sécrétion interne à pour but « d'éviter l'accumulation nocive d'un produit toxique dans les Lis sus, en le détruisant au fur el à mesure qu'il se forme » (Brissaud) — produit toxique de décharge du tissu conjonctif. La glande paraît être le modificateur par excellence des produits toxiques des collagènes désassimilés.

Rappelons que le docteur Rivière, dans sa thèse faite sous la direction de M. le professeur Poncet, sur l'étude anatomique des goîitres, a décrit très soigneusement lhistologie du corps thyroïde.

HISTOLOGIE DE L'HYPOPHYSE. — On à rapproché le lobe glandulaire du corps piluilaire du corps thyroïde. Le lobe glandulaire se parsème régulièment de kystes à contenu colloïde dans les cas de goître, il augmente de volume après l'ablalion du corps thyroïde. Enfin, il subit une hypertrophie considérable dans tous les cas d'acromégalie, en même lemps que nombre d'os du squelette redeviennent des os à moëlle rouge cet augmentent de vo-

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