‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 54 sur 63 · TO · texte numérisé non relu

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être la thyroïodine que Baumann a isolée dans les corps albumino iodés de la glande.

Grâce à quel principe agitelle ? Sans doute par l’iode, peut-être le brome et l'arsenic. Ces deux derniers corps, sur lesquels des recherches ont eu lieu. ont-ils une action quelconque? Leur portée est-elle différente de celle de la thyroïodine ou lui est-elle associée ? Ce point n'est pas encore élucidé.

En tout cas, la thyroïodine modifie sensiblement les échanges organiques en les rendant plus énergiques, el rétablit leur mélabolisme normal. Les troubles auxquels on assislait disparaissent, ou sont fortement atténués.

Les arrêts de croissance s'amendent notablement. La reprise du travail d'ossification a lieu, et est prouvée par la radiographie.

Les observations, consignées ici-même, d'infantiles fortement améliorés par le traitement, sont considérables.

UT, — 1° On s'avise alors d'appliquer ces notions aux fractures, aux relards de consolidation, et même aux pseudarthroses. Si la régénération du tissu osseux ne se fait que difficilement, c'est que le principe que fournil la glande est alléré ou fait défaut — et, en effet, dans nombre de cas, on est témoin d'une consolidation plus rapide, on voit une pseudarthrose rétrocéder. — Dans ce sens ont eu lieu les recherches, surtout de Gauhier et de notre maitre, M. le Professeur Poncet.

Nous en apporlons nous-même quelques faits, recueillis en majeure partie dans le service de M. le Professeur Poncet.

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Tirer une moyenne des résultats obtenus ne démontrerail pas grand chose, car il faut tenir compte dans chaque cas particulier de l’âge, du genre de fracture, du terrain organique. — Cependant, nous constatons en bloc que les fractures récentes, guérissent entre 13 el 40 jours, ce qui donne une moyenne de 25 jours.

Si nous faisons le même calcul dans des cas de pseudarthroses, nous voyons la consolidation survenir entre le 12° et le Go‘ jour, ce qui amène à une moyenne d'un peu plus d'un mois.

2° Des expériences étrangères faites sur les lapins ont montré que dans la grande majorité des cas, les témoins présentaient une consolidation plus rapide que les animaux thyroïdectomisés. — Mais si, à cerlains de ces derniers on donne de la thyroïodine, on conslate que la formation du cal se fait plus vite chez eux. |

D'après nos observations, tandis que les lapins témoins commençaient à se consolider en 20 jours — ceux qui avaient subi des fractures et recevaient de la thyroïodine étaient sur pied en 15. Un lapin thyroïdectomisé et fracturé, traité de la même façon, guérissait en 20 jours — aussi vile au moins que les témoins — puisque son cal élait solide alors que celui de ces derniers commençait à peine sa solidification.

Dans d’autres expériences, chez un chien fracturé témoin de 11 mois, le cal commence à se former en 5 semaines — landis qu'il est déjà constitué en 15 jours chez un autre chien de 13 mois qui reçoit de la

thyroïodine en injection.

IV. — Nous sommes d'avis, d’après les indications de M. le professeur Poncet et pour notre compte, que, lorsqu'un individu est atteint de fracture, ou qu'il présente un relard ou une absence dans la formation du cal, si lon ne retrouve dans ses antécédents ni maladies infeclieuses ou spécifiques, ni albuminurie, ni alcoolisme, ni graves affections qui affaiblissent l'organisme, on est en droit d'instituer le traitement thyroïdien. De nombreuses observations sont là pour le conseiller. Du moment que l’on peut tenter une chance de succès sans porter préjudice au malade, on doit l'utiliser. à

On peut, il est vrai parfois, éprouver des échecs. Les raisons, souvent, en sont obscures, et l'on est forcé de les constater sans les pouvoir expliquer, puisque, de deux individus semblant identiques au point de vue nosologique, l'un guérira et l'autre gardera une pseudarthrose.

On peut donc, soit préventivement, pour hâler une consolidation, soit plus tard, pour l'activer dans un retard, pour la faire naître dans une pseudarthrose, utiliser la thyroïodine, mais sans que le sujet en souffre. On devra donc l'examiner au point de vue nerveux et surveiller de près le cœur, l'estomac, donner le traitement à des doses raisonnables, périodiquement si l'on à lieu d’avoir des craintes au sujet de son emploi, le cesser si de graves accidents se produisent, ce que nous n'avons jamais vu; lui adjoindre la liqueur de Fowler si des accidents légers, tels que céphalée, insomnie, inappétence, accélération du pouls,

faisaient leur apparilion. On peut ainsi continuer la plu-

part du lemps, — constamment dans tous les cas que nous avons observés, — la médicalion sans danger.

Enfin nous conseillons, si faire se peut, d'examiner la qualité des produits que l'on emploie, et d'utiliser les tablettes ou les comprimés de préférence aux autres préparations, car l'on peut ainsi doser exaetement la quantité de substance active que l’on administre.

Le Président de la These,

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