‹ De La Toux Dans La Tuberculose Pulmonaire Chronique Ses Complications Essai De Traitement SymptomatiqueChapitre 26 sur 37 · AUS TES · texte numérisé non relu

AUS TES

stimulante diffère de celle exercée par la morphine et se rapproche beaucoup plus de celle de l’opium. On obtient une excitation prolongée à forme active, suivie ou non de torpeur, avec rêves, stimulation de la force physique et intellectuelle, alacrité d'esprit, sensation de bien-être, de bonne humeur. La sensibilité est moins engourdie que par la morphine et on n'observe pas, comme cela arrive parfois avec cet alcaloïde, de phénomènes de dépression consécutive avec état nauséeux. Il y a même excitation vive et active du système nerveux-moteur, alors qu'aux mêmes doses la morphine produit de la parésie prononcée. Le pantopon est en outre un excellent analgésique : il calme la douleur et permet aux patients de dormir. Après ce sommeil les malades n’éprouvent pas ce réveil désagréable, fâcheux écueil de la médication morphinique.

. Action sur l'appareil cardio-vasculaire. — Le pantopon produit une diminution de la tension artérielle. Le pouls, d'abord rapide, ralentit son rythme en renforçant ses battements, et cette augmentation remarquable d'énergie du myocarde se produit au bout de peu de temps. Il y a de la stase périphérique par paralysie vaso-motrice, et cette dilatation vasculaire peut être assez intense pour provoquer de la congestion cérébrale. Ces phénomènes cardiaques et vaso-moteurs paraissent dus à l’action du pantopon sur les noyaux du pneumogastrique. Cette vaso-dilatation ne doit pas être perdue de vue dans l'administration de tout produit opiacé, que l'on interdira dans les maladies à tendance congestive, soit de l’ordre de l’aliénation mentale, soit de l’ordre cardiaque et en particulier dans les affections mitrales. |

Action sur l'appareil respiratoire. — À la dose de 6 centigrammes administrés à un chien de 15 kilogrammes, on observe une augmentation considérable des mouvements rospiratoires qui deviennent précipités et inégaux. Ces phénomènes traduisent l'influence toxique sur le bulbe. Le gaz carbonique augmente dans le sang et la quantité d'oxygène consommé diminue. Ces troubles respiratoires sont d'ailleurs passagers. Au bout de peu de temps, la respiration se régularise et

augmente d'amplitude. Avec des doses plus faibles, cette accélération et cette inégalité des mouvements respiratoires n existent pas. On obtient seulement alors une augmentation d'amplitude de la respiration.

Action sur l'appareil glandulaire. — Le pantopon a pour eljet de diminuer toutes les sécrétions, sauf la sueur.

Action sur l'appareil gastro-intestinal. — Le pantopon ralentit moins les fonctions gastro-intestinales que ne le fait la morphine. Il produit peu ou pas de nausées et encore moins de vomissements.

Toxicité et accoutumance. — Malgré qu'il contienne beaucoup plus de morphine que l’opium officinal, le pantopon n'en est pas plus toxique et l’est surtout bien moins que la mor- .phine. Enfin, point sur lequel nous croyons devoir attirer l’attention, l’accoutumance et le besoin de doses progressivement, croissantes sont, soit mexistants, soit très légers et fugaces. Il existe cependant quelques « pantopomanes ». Mais le plus souvent ces malades sont primitivement des morphinomanes; ils ont changé de drogue à cause de l'impossibilité de se procurer celle qui a-commencé à les intoxiquer.

Les applications thérapeutiques du pantopon découlent de ses propriétés hypnotiques, sédatives, analgésiques, anti-sécrétoires et toni-cardiaques.

Sa posologie se résume dans la formule suivante : Un centigramme de pantopon=un demi-centigramme de morphine. On peut l’employer en solution par la voie sous-cutanée et en comprimés de { centigramme, ou sous forme de sirop à raison de 1 centigramme par cuillerée à soupe, par la voie buccale. Les doses moyennes pour l’adulte seront de 1 à 2 centigrammes par jour; les doses maxima de 4 à 8 centigrammes par vingtquatre heures. Les enfants, qui sont très sensibles à la morphine, supportent mieux le pantopon, d'après Comby, à la dose de 1/3 à 1 centigramme par jour, surtout sous forme de sirop,

dans les toux spasmodiques et la diarrhée.

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