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IT. — La papavérine.
Alcaloïde de l’opium, la papavérine a été isolée par Merck, en 1848. Sa formule chimique est C? H# NO. Elle fait partie du groupe benzol isoquinoléine. La base pure est absolument sans saveur. À peu près complètement insoluble dans l’eau et les alcalins, difficilement soluble dans l'alcool, l’éther, le benzol, elle est par contre facilement soluble dans l’acool chaud, dans le chloroforme et l’acétone. Le chlorhydrate de papavérine, qui rentre dans la formule que nous expérimentons, est très soluble dans l’eau.
Propriétés physiologiques. — La papavérine, considérée en 1864 par Claude Bernard comme n'ayant pas de propriétés soporifiques, et classée dans la catégorie des convulsivants, à côté de la thébaine et de la narcotine, ne sortit de l'oubli qu en 1883. À cette époque, deux physiologistes, Baxt et Ott, observèrent, à la suite d’injections de chlorhydrate de papavérine chez la grenouille, une irrégularité des battements cardiaques, puis une diminution de leur fréquence. Avec des doses de 6 centigrammes ils obtinrent, au lieu de la tétanisation signalée par Claude Bernard, une paralysie immédiate et, fait plus intéressant, ils virent les systoles diminuer d'énergie et surtout de fréquence, et le rythme cardiaque passer successivement de 36 à 32, 28, 18, 11, 1 jusqu'à l'arrêt du cœur. Sur le chien, et à des doses plus faibles, les résultats ne sont pas les mêmes. Avec une injection intraveineuse de 2 à 4 centigrammes, on note un abaissement passager de la tension artérielle, s’accompagnant d’une accélération cardiaque considérable avec diminution de l’amplitude du pouls. Cette accélération se produit, Même si on à sectionné au préalable les pneumogastriques. Elle n’est donc pas due à une paralysie du vague.
Des expérimentateurs ont également étudié, chez le chien, l’action de la papavérine sur la digestion. Elle a pour effets d'augmenter la durée d’évacualion de l'estomac et de diminuer
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l'intensité des contractions stomacales. Il en est de même pour le grêle. :
En 1913, Pal, professeur à l’Université de Vienne, dans une. communication sur l'emploi thérapeutique de cet alcaloïde, insiste sur l’action de la papavérine sur la musculature lisse. Elle abaisse le tonus des muscles de la vie végétative sans les paralyser. Cette propriété s’étendrait à tous les organes à tissu musculaire lisse, tels que l'intestin, là vessie, les bronches, la vésicule biliaire, l'utérus. De ce fait, les spasmes et affections douloureuses de ces organes deviendraient du ressort de cet alcaloïde.
Mais la conséquence la plus importante de cette action est sans contredit celle qui s'applique au système vasculaire. Alors qu'à l’état normal la papavérine produirait sur la tension artérielle un abaissement léger ou nul, sur une pression élevée soit artificiellement par l’adrénaline ou la pituitrine, soit pathologiquement par une affection rénale par exémple, les effets hypotensifs seraient très marqués.
D'autres expériences de Pal montrèrent que la papavérine est aussi un excellent anesthésique local. Cet auteur employa avec succès le chlorydrate de papavérine dans l’asthme bronchique, et les divers états spasmodiques de l’appareil digestif (crises gastriques, vomissements incoercibles); dans la lithiase biliaire, la constipation spasmodique et les crises menstruelles.
Popper la prescrivit à son tour dans les vomissements des nourrissons et la coqueluche. Dans ce dernier cas, il donne toutes les deux heures une petite cuillerée d’une solution à 0,02 ou 0,03 0/0. Les crises deviennent plus légères et plus rares. La quinte plus faible ne survient plus à chaque crise.
Macht a préconisé son emploi dans les coliques néphréti-
-ques. Il a fixé les doses de papavérine, chez l'adulte, à 4 à 8 cen-
tigrammes par jour par voie buccale, rectale ou sus-cutanée. On n’observe pas d’accoutumance, comme avec la morphine, et on ne note, comme effet secondaire désagréable, qu'une légère tendance à la diarrhée.
Cette étude rapide nous montre bien l'importance qu'on at-
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tribue aujourd'hui à la papavérine, dont l'emploi en thérapeutique semble devenir plus courant. Nous retiendrons, comme nous intéressant plus particulièrement, son action hypotonique sur la musculature lisse.