OBSERVATION VI
(Due à l’obligeance de M. le docieur Pauzar.)
Tuberculose pulmonaire cavitaire du sommet gauche, évoluant
depuis 4 ans.
M. X..., 41 ans.
Syndrome cavilaire très accentué, comme le prouvent les signes d’auscultation et l’expectoration très abondante, qui est très riche en bacilles de Koch. Etat général très touché : amaigrissement, œdème cachectique des malléoles. Tachycardie. Abaissement considérable de la pression artérielle : Mx, 9; Mn, 6; 1: 1/2. Fièvre hectique. Alternatives de diarrhée légère el de constipation. Somnolence diurne. Insomnie nocturne. Pas de sueurs.
Toux. — Le malade à partois, dans la journée, des quintes de toux violentes, qu'il maîtrise difficilement. C’est surtout la nuit que ces quintes se répètent, présentent le maximum d'intensité et semblent être en disproportion avec l'effort nécessaire à l’expectoration. Elles - provoquent l’insomnie. Pas de loux émélisante. Les médicaments employés depuis trois mois : œthone (cent gouttes par vingt-quatre heures), pilules de pantopon (trois à quatre centigrammes par jour) n'avaient pas beaucoup modifié cel état. Le malade avait réussi à se discipliner un peu pendant le jour. Mais il y arrivait difficilement la nuit.
Traitement. — Le 10 octobre 1925, le malade est soumis au trai-
pur
tement par la spasmalgine, employée uniquement la nuit, aux doses suivantes : une première pilule à 10 heures du soir, une seconde au moment du premier réveil, c'est-à-dire vers { heure du matin; une troisième, si nécessaire, dans la nuit. Au bout de huit jours, le malade, qui n’a dû prendre que deux pilules, a ressenti une grosse amélioration fonctionnelle. La toux s’est calmée, les quintes se sont réduites et le malade peut dormir 5 à 6 heures par nuit, sans être réveillé. À ce moment-là il n’y a pas de phénomènes nerveux traduisant une intoxication. Pas de gêne de l’expectoration. Ni oligurie, ni àlbuminurie, ni pyurie.
La médication spasmalginique est continuée pendant huit autres jours. Bien supportée encore pendant les quatre premiers jours de cette nouvelle période, elle donne lieu à partir du cinquième jour à des phénomènes nerveux consistant en accentuation du délire, agitation psycho-motrice légère, dont témoigne l'entourage, hallucinations diverses, dont se plaint le malade, et qui obligent à interrompre la médication.
Depuis cette date, jusqu’au 20 novembre, il n’a pas été donné de nouveau de spasmalgine. Les phénomènes nerveux se sont rapidement amendés après la suppression; ce qui semble bien prouver leur origine médicamenteuse. Pendant cette période le malade a pris 3 centigrammes de codéine et 3 cuillerées de sirop de Desessartz par nuit. Il semble avoir gardé, depuis le traitement par la spasmalgine, les habitudes de sommeil prolongé et la faculté de discipliner sa toux, habitudes qui lui avaient été données artificiellement par ce médicament.
OBsERvATION. VIT.
(Recueillie dans le service de M. le docteur Denis, hôpital Bel-Air.) "
Bacillose pulmonaire des deux sommets avec prédominance à gauche,
évoluant depuis À an environ. Toux émétisante.
Françoise Sau..., 22 ans, domestique.
Pas d’antécédents familiaux. Bonne santé jusqu’à 20 ans. Réglée normalement à 16 ans. En novembre 1923, la malade vient de la
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campagne pour se placer à Bordeaux, comme domestique. Par suite de surmenage, elle commence par perdre l'appétit et par se sentir fatiguée. En décembre 1924; une hémoptysie. Peu après, la malade commence à tousser et à cracher : quintes nocturnes: insomnie: asthénie extrême; amaigrissement. Elle continue à travailler, jusqu’en avril, date à laquelle elle se marie. Après le mariage, les symptômes s’aggravent : quoique ne travaillant plus, la malade se sent très fatiguée; elle ne mange presque pas. Les quintes de toux deviennent plus violentes; après le repas de midi, elles provoquent le vomissement. Elles présentent le maximum d'intensité pendant la nuit. Sueurs nocturnes profuses.
-Sur le conseil de son médecin, la malade entre à l'hôpital Bel-Air, le 25 juillet 1925. Nous voyons la malade, le 30 octobre 1925.
Etat général touché : amaigrissement; pommettes rouges, yeux cernés, muqueuses décolorées; fièvre hectique; tachycardie; le pouls bat à 120; asthénie; cessation des règles depuis trois mois; ni diarrhée, ni constipation; sueurs nocturnes très abondantes.
Cliniquement : signes de ramollissement du sommet droit; signes cavernuleux au sommet gauche, nombreux gargouillements.
Toux. — La malade tousse beaucoup; elle a une forte quinte pres-
ue chaque jour à 16 heures. Quintes nocturnes fréquentes, qui,
s’ajoutant aux sueurs, rendent les nuits très pénibles. Depuis quelques jours, comme avant son entrée à l'hôpital, la malade présente de la toux émétisante, après les deux repas. Elle vomit tous les aliments ingérés. Cependant lappétit est assez bien conservé. La langue n’est pas saburrale. Si par hasard la malade ne vomit pas, la digestion se fait bien.
Traitement. — Le 30 octobre 1925, nous prescrivons à la malade deux pilules de spasmalgine à prendre une avant chacun des deux principaux repas. Ce même jour, la malade n’a pas de vomissement après le repas de midi; après le repas du soir, une quinte de toux provoquée par le rire amène encore le rejet des aliments. Mais, dès le lendemain, la toux post-prandiale ne survient plus et les vomissements disparaissent du même coup. En même temps la malade note une amélioration considérable au point de vue des sueurs, qui disparaissent presque complètement, alors qu'elles avaient résisté au