CONCLUSIONS
EL — La physiologie de la toux est utile à connaître pour la compréhension de certains faits cliniques.
I. — Dans la tuberculose pulmonaire chronique, la toux, en tant que symptôme isolé, n’a pas une valeur pathognomonique.
Ses caractères sont assez nettement tranchés à chaque péricde de la maladie.
TT. — Deux facteurs sont à considérer dans la production de la toux chez les phtisiques : d’une part la lésion organique de l'appareil respiratoire, d'autre part l’état de névropathie et de déséquilibre du système nerveux autonome.
IV. — Au cours de la tuberculose pulmonaire chronique, la toux peut assombrir beaucoup le pronostic de la maladie, soit par elle-même, quand elle devient trop violente et répétée, soit par les complications multiples qu’elle peut provoquer, et dont la plus grave est le vomissement. Il convient donc de la traiter.
V. — L'association pantopon-papavérine-atropine semble avoir pour elfets principaux de diminuer le tonus de la fibre musculaire lisse et de diminuer l’excitabilité réflexe des centres bulbaires et en particulier des noyaux du vague, surtout quand
il y a hypervagotonie.
VI. — Cette association, utilisée pour combattre la toux sèche des tuberculeux, donne de bons résultats au début de la maladie quand l’expectoration est presque nulle où simplement muqueuse. À la période cavitaire, elle diminue la violence et
l'intensité de la toux; elle réduit le nombre des quintes et fait disparaître presque complètement les quintes nocturnes. Elle permet ainsi au malade de prendre un repos qui lui est néces-
saire. Enfin elle tarit les sueurs profuses nocturnes, si péni-
bles et dangeureuses pour le phtisique. Il importe toutefois d'en surveiller l'emploi, car elle gêne l’expectoration et peut devenir dangereuse dans certains cas.
VIE — Dans la toux émétisante, l'association opium-atropine, donnée sous la forme papavérine-pantopon-éther sulfurique d’atropine, quelques minutes avant le repas, fait disparaître la quinte post-prandiale et du même coup le vomissement. Cette amélioration persiste après la cessation du traitement.
VIIL. — Le traitement discontinu nous paraît préférable au traitement continu, celui-ci pouvant amener à la longue un peu d’excitation cérébrale, en particulier des cauchemars. On se trouvera bien d’instituer des périodes de traitement de cinq à dix jours séparées par des intervalles de repos d’égale durée.
IX. — Aux doses thérapeutiques employées, 1 à 2 comprimés par vingt-quatre heures, nous n’avons jamais observé d’accoutumance, ni de phénomènes d'intoxication.