‹ De La Toux Dans La Tuberculose Pulmonaire Chronique Ses Complications Essai De Traitement SymptomatiqueChapitre 36 sur 37 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

RESULTATS THERAPEUTIQUES

La trop courte durée de notre expérimentation ne nous permet d'apporter qu'un nombre d'observations restreint. Peutêtre ne nous permet-elle pas de conclure d’une façon affirmative. Cependant, des quelques essais que nous avons tentés de l'association papavérine-pantopon-atrinal, certains faits sem-. blent se dégager nettement. Nous nous permettons de les indiquer dans ce dernier chapitre, en même temps que les indications et contre-indications du produit et notre point de vue personnel, quant à la conduite du traitement.

Nous n'avons administré le complexe papavérine-pantoponéther sulfurique d’atropine que sous forme de comprimés, parce que ceux-ci sont d'un emploi plus commode, surtout pour les cas où l’on ordonne aux malades de prendre un comprimé dans le courant de la nuit. Peut-être eût-il mieux valu utiliser la voie SOUS- cutanée, étant donné que nous avions à faire à des tu-.. ber culeux dont, on le sait, il faut ménager le plus possible l’estomac. D’après les auteurs, que nous avons déjà cités, l’action eût été, semble-t-il, la même. Nous regrettons de n’avoir pu nous en assurer par nous-MmÊmMe.

Les propriétés particulières de la papavérine, du pantopon, de l’artrinal se sont maintenues dans l'association de ces com-, posants,. par exemple le pouvoir hypnotique et analgésique du pantopon, la propriété antispasmodique de la papavérine sur les muscles lisses, l’action dépressive sur le vague de L’éther sulfurique d’ atropine; bien plus, elles semblent se renforcer du

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fait de leur action en commun, conformément à une loi générale de thérapeutique : les effets synergiques d’un composé sont plus grands que ceux de chacun des composants pris isolément.

D'une façon générale, l'association papavérine-pantoponatrinal, utilisée contre la toux dans la tuberculose pulmonaire chronique, nous a permis de constater une atténuation notable de ce symptôme, parfois si pénible et fatigant pour le malade et qui avait, dans bien des cas, résisté aux autres alcaloïdes de l’opium, ou à leurs dérivés, tels que codéine, héroïne, péronine, dionine, et aux diverses potions calmantes. Nous avons vu les quintes, souvent si fréquentes, diminuer de nombre et de violence. En particulier les quintes nocturnes ont été nettement influencées et ont complètement disparu chez quelques malades, qui ont pu goûter un sommeil réparateur, dont ils étaient privés depuis bien des nuits. En même temps, nous avons vu se dissiper, chez les malheureux qui en étaient affligés, ces sueurs nocturnes profuses, qui les obligeaient à changer de linge plusieurs fois par nuit et qui les incommodaient tant.

Pour ce qui est de la toux, la vérité nous oblige à faire une distinction, d’une part entre les diverses périodes de la maladie, d'autre part entre les formes fibreuses et ulcéro-caséeuses de la tuberculose pulmonaire. |

Administrée au début de la tuberculose, pendant la première phase et le commencement de la seconde, tant que la toux est sèche, ou tant qu'elle ne s'accompagne que d’une expectoration légère, muqueuse, la spasmalgine amène une heureuse amélioration. Dès que l'examen révèle l’existence de cavernules, lorsque la toux devient grasse, lorsque les crachats deviennent très abondants, purulents et visqueux, ce médicament gêne l’expectoration. Le malade n'arrive pas à expulser les sécrétions, à « vider » son poumon; il éprouve une sensation pénible sans doute à cause d’une tendance à l’asphyxie. Il faut alors cesser la médication qui continuée pourrait devenir dangereuse. De même, nous avons obtenu de meilleurs résultats dans

les formes fibreuses à évolution lente que dans les formes ulcéro-caséeuses à marche rapide.

Sous ces réserves, l’action a été heureuse et elle s’est prolongée, après la cessation de la médication, pendant quelques jours. Cet avantage permet, comme nous le préconisons à la fin, de faire des cures discontinues. Il permet aussi d'utiliser ce produit pour discipliner dès le début le malade.

Plusieurs de nos tuberculeux présentaient la complication, sur laquelle nous nous sommes longuement étendu, nous voulons parler de la toux émétisante. Nous rappelant que Guéneau de Mussy prescrivait dans ce cas, avec quelque succès, quelques gouttes de teinture de belladone avant le repas, nous avons songé à administrer de la même façon un comprimé de : Spasmalgine. Les résultats ont été surprenants, en particulier chez la malade qui fait l’objet de l’observation VIL. La quinte de toux post-prandiale a disparu, et du même coup le vomissement. L’appétit n’a pas été diminué et, comme pour la toux ordinaire, nous avons assisté à la persistance de l’amélioration, après cessation du traitement.

Ainsi que nous l’avons dit tout à l'heure, nous avons fait, suivant les cas, des cures de traitement de cinq à dix jours, à deux comprimés par jour, séparées par des intervalles d’égale durée, pendant lesquels le malade ne prenait aucun médicament. Nous avons même conseillé aux malades de suspendre d'eux-mêmes la médication, lorsque l’effet attendu se produisait, afin de les droguer le moins possible. Nous n'avons, sauf dans un cas, jamais dépassé la dose de deux comprimés par vingt-quatre heures; souvent même nous nous sommes contenté d’un seul. À ces doses, nous n’avons jamais observé de symptômes d'intoxicafion. Dans un seul cas nous avons poussé la dose pendant deux ou trois jours jusqu à trois comprimés par jour : nous avons dû arrêter la médication, car, malgré une augmentation des effets utiles, le malade a présenté un peu de sécheresse de la bouche et un peu d’excitation cérébrale avec cauchemars la nuit. Les mêmes signes d’intoxication sont apparus chez un malade que nous avons traité

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pendant vingt jours à deux comprimés par jour sans interruption. Il nous paraît donc logique de préconiser le traitement discontinu, que nous avons le plus souvent employé.

Contre la toux sèche, agaçante, suivant la prédominance noc-

turne ou diurne des quintes, nous faisions prendre le produit .

soit le soir au coucher, soit le matin au lever, soit vingt minutes avant l’heure présumée de la plus forte quinte. Contre la toux émétisante, nous administrions le médicament quelques minutes avant le repas qui doit être suivi de vomissement; avant les deux principaux repas, si le malade vomit après toute ingestion d'aliments.

En conduisant le traitement de la sorte, nous n'avons jamais observé de phénomènes d’accoutumance et les malades ont très bien supporté les périodes d'abstention, que nous leur imposions, ainsi que la suppression définitive du médicament.

La médication à la spasmalgine a amené assez souvent chez nos malades un léger degré de constipation au bout d’un certain temps. Nous avons facilement obvié à cet inconvénient en ordonnant en même temps de la rhubarbe, ou mieux encore de l’agar-agar, à doses laxatives.

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