I. Action sur la peau et les muqueuses
Ce sont en général de petits moyens, d’usage courant : on porte le malade à l'air frais, on le frictionne, on le flagelle, on lui projette de l’eau froide sur le corps, sur la face. On lui fait respirer de l’'ammoniaque, du vinaigre, etc. Les résultats obtenus sont médiocres.
L’excitation du fond de la gorge, la {itillation de la luette réussissent là où d’autres ont échoué. Cette pratique est à suivre et d'autant plus rationnelle que l’isthme du gosier est un des derniers refuges accessibles de la sensibilité.
L’électrisation des téguments, des muscles et même de moelle (proposé par M. Ateille) a rappelé à la vie des animaux éthérisés qui ne respiraient plus ; mais elle est impuissante dans le cas de syncope cardiaque : elle n’en est pas moins très importante, puisque expérimentalement les animaux poussés à ce point de l’anesthésie où la respiration s'arrête meurent toujours s'ils sont abandonnés à eux-mêmes. Malheureusement, chez l’homme les résultats
ont été rarement favorables; il est vrai que c’est un des derniers procédés auxquels on ait recours. Il est par conséquent trop tar@, le plus souvent.
Mareschal, dans une instruction pratique sur les secours à donner aux personnes en état de mortapparente, résume ainsi l’ensemble des petits moyens à employer {.
« Frictions sur tout le corps, la plante des pieds, la paume des mains, avec des gants de crin, des frottoirs de laine, des linges chauds, massage et pétrissage des mem bres, bassinoires ou cruchons remplis d’eau chaude promenés sur {out le corps, fers à repasser, briques ou cailloux chauffés, en prenant la précaution de ne pas produire de brûlures.
« Si le blessé fait des efforts pour respirer, passer rapidement sous le nez au-devant de la bouche une petite éponge où un linge imbibé d’ammoniaque. Il ne faut pas lui donner à boire avant qu’il ait repris ses sens ; mais on peut, en vue de le ranimer, introduire dans la bouche quelques gouttes d’eau -de-vie, de vinaigre, d’alcool camphré. »
M. Laborde, outre son procédé de tractions rythmées de la langue dont nous parlons plus loin, recommande expressément de placer sur la région précordiale, une serviette pliée en compresse et imbibée d’eau très chaude, presque bouillante. :
IT. Action sur la circulation.
Les moyens employés sont peu nombreux et dignes de peu de confiance :
4 Mareschal., Th, d’agrégation, 1875.
RCE
Aiguilles aacupuncture plongées dansle cœur. Situation déclive de la tête et du tronc, pour aider à l’action du cœur : on sait d’ailleurs, d'observation vulgaire, que dans la syncope, il faut étendre le malade.
Nélaton a proposé l’inversion totale, qui consiste à renverser le malade la tête en bas pour faire affluer le sang au cerveau, Il en aurait tiré quelques avantages ; mais si ce procédé est justifié par la théorie, dans les accidents dus au chloroforme qui anémie le cerveau, il est à rejeter complètement dans les accidents de l’éther, qui hyperhémie les centres nerveux.
La saignée de la jugulaire externe a été indiquée pour enlever en même temps que le sang,une certaine quantité de vapeurs toxiques qu’il a dissoutes. Elle est à rejeter.