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M. Poneat que son opérée ne respirait plus, qu'elle était morte, 1} courut immédiatement dans la salle Sainte-Catherine et trouva Ia femme, qui ressemblait tout à fait à un eadavre, assise dans son lit, la tête penchée sur l'oreiller, et ne donnant plus aueun signe &a vie. =
Par une inadvertanes des plus regrettables, les infirmiers, qui avaient transporté cette femme à son lit, au lieu de l'étendre horizontalement la tête basse, l'avaient au eontraire haussée, plaçant deux oreillers en arrière. Ainsi se trouvaient malheureusement réunies les conditions les plus favorables à une syneope post-auesthésique.
M. Poncet fit immédiatement placer cette femme sur un brancard, au milieu de la salle, et s'efllrea, assisté de ses deux internes MM. Leclere et Rochet de la ranimer par les moyens habituels.
On commença de suite la respiration artificielle, puis les flagellations sur la face, sur les membres, avee des compresses imbibhées d'eau froide, ete. En mème temps on ouvrit portes et fenètres de la salle, de façon à renouveler l'air le mieux possible, Une pile fut apportée et les pôles appliqués sur la région eervieale et la région épigastrique.
Malgré l'électrisation, malgré les flagellations répétées, faites par des aides nombreux et vigoureux, malgré la respiration artiicielle soigneusement entretenue et que pratiquaient suecessirement M. Poncet et ses internes; quoique la langue fut maintenue projetée hors de la bouche, quoique, de temps à autre, on enlevât, avec un linge, les mucosités accumulées au fond de l'arrière gorge, la malade ne donnait cependant aueun signe de vie, et la cyanose se prononçait même deplus en plus.
Tous les moyens précités furent méthodiquement employés et continués pendant longtemps ; mais, en présence de leur ineffiea cité et soupçonnant que l'asphyxie pouvait être entretenue par des mucosités encombrant le larynx et la trachée, M. Poncet pratique la trachéotomie. L'opération est faite rapidement, pendant qu'on continue la respiration artificielle et les flagellations. L'isthme thyroïdien, sur lequel on tombe, est sectionné ; une artère assez
volumineuse donne du sang, qui bave sur la plaie; mais la trachée est promptement ouverte, et on introduit la canule. La res. piration artificielle est toujours soigneusement entretenue: de temps à autre on écouvillonne la canule dans laquelle se trouvent du sang et des mucosités, La langue est maintenue hors de la bouche, et les mâchoires écartées.
La respiration artificielle semble plus aisée après l'opération ; néanmoins la malade passe par des alternatives curieuses ; parfois, : il semble qu’elle respire spontanément, la cyanose disparaît, le sang redevient vermeil ; mais si on interrompt la respiration artificielle, l’état de mort apparente réapparaît et ce phénomène se reproduit plusieurs fois de la même manière.
M. Poncet pratique alors l’insufflation, la bouche appliquée sur l'orifice de la canule. On continue les flagellations sur la face, sur le tronc. Enfin, une heure et quart après le début des accidents asphyxiques, plusieurs respirations spontanées s’établissent, au cours de la respiration artificielle. Celle-ci est alors suspendue ainsi que l:s flagellations et la respiration normale paraît se régulariser, respiration presque exclusivement diaphragmatique et légèrement saccadée.
Bientôt de fortes et profondes inspirations se manifestent : le pouls, d’abord petit et rapide, se ralentit et se relève; les yeux tournent dans leurs orbites. Enfin, on fixe solidement la canule et, la langue toujours maintenue hors de la bouche, la malade est replacée dans son lit.
Dans la soirée l’état de la malade, qui avait complètement recouvré ses sens, était aussi satisfaisant que possible. Mais à partir de 9 heures du soir, elle a été prise d'accès de suffocation de plus en plus rapprochés. Elle avait une respiration à la fois fréquente et saccadée ; chaque série d’inspirations courtes et se succédant très rapidement, était suivie d’une longue respiration, pendant laquelle la malade poussait un profond soupir. À chaque instant, elle portait ses mains à son cou ou à sa poitrine, comme pour se débarrasser d'un obstacle respiratoire. Cet obstacle pourtant n'existait pas; car on eut soin de tirer la langue, qui d’ailleurs n'avait aucune tendance à s’iuterposer entre