‹ De la traite et de l'esclavage des noirs et de blancs;Chapitre 3 sur 4 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dans la lutte entre le despotisme et la liberté, deux classes nombreuses s’opposent toujours au triomphe de celle-ci. Les uns. prêchant l’obeissance passive au nom du christianisme qui ies désavoue , livrent les nations aux caprices de quelques individus ; les autres, dans leurs rêveries sur le mécanisme des sociétés politiques , repoussent la religion , qui seule peut consolider l’ordre social et sans laquelle il s'écroulerait dans les convulsions de l’anarchie. L homme sensé , l’homme de bien , marche avec circonspection entre les deux écueils du cagotisme et de l’impiété : mais le despotisme qui souvent a suscité et soudoyé les deux partis , profite habilement de leurs excès ; par l’un, R dégoûte le peuple de la liberté , en lui per-

suadant que ^ toujours escortée de la licence , toujours subversive des propriétés , elle est incompatible avec la sûreté et le bonheur ; par l’autre , il fait intervenir le ciel pour sanctionner les mesures oppressives. Personne ne prétendit jamais posséder sa maison, ses champs, ses bestiaux de droit divin ; tandis qu’en vertu du droit divin , des gouvernans se déclaroient propriétaires incommutables des nations. Ils n’ont jamais produit cette charte céleste 5 mais quelques hommes, comblés par eux de richesses et d'honneurs , assurèrent qu’elle existoit. Toute puissance vient de Dieu, voilà le principe; mais l’application de ce principe aux dynasties, aux familles , aux; individus, dépend du choix libre des nations. Cependant, lorsque des penseurs voulurent élever des doutes sur la légitimité des prétentions despotiques* ils furent /

traités de séditieux et punis comme rebelles, par ceux même qui étoient en révolte contre la volonté générale.

Il n’est tyrannie pire que celle qui s’exerce au nom de la liberté et sous des formes légales,

De nos jours s’est grandement perfectionnée cette tactique , au moyen de laquelle on a mystifié la grande nation ; l’intérêt de l’État fut toujours le prétexte dont se couvrit l’ambition pour sanctionner ses attentats , ses déprédations et cette suite , rarement interrompue, de guerres ruineuses dont le but et le résultat ne furent presque jamais le bonheur des nations.

Le poids des impôts s’aggrava par la création de castes parasites, qui s’enorgueillissoient de leurs parchemins et de leur fainéantise. La population fut alors partagée en esclaves titrés, quivivoient aux dépens des esclaves pauvres , laborieux et affamés. Yoilà les Ilotes anciens et modernes.

L’oppression fut à son comble, lorsqu’on voulut forcer l’asile de la conscience et que la disparité de religion fut un titre pour proscrire , exiler ou du moins vouer à l’humiliation , des hommes professant un culte différent du culte dominateur. Yoilà l’inquisition d^Espagne contre les Jnifset les Maures.Yoilàl’inquisition d’Angleterre contre les catholiques des trois royaumes.

Il est très-louable le zèle que déployé le Gou«* vernement britannique contre la traite des Nègres , mais quand obtiendra-t-elle justice cette Irlande, martyre depuis plusieurs siècles, et dont les annales présentent l’exemple unique dans 1 histoire d une nation entière qu’on a expropriée arbitrairement ? Lorsqifon se montre si fervent en faveur des* Africains , pourquoi refuser obstinément l’émancipation politique à cinq millions de catholiques ? Que répondrez-vous aux partisans de l’esclavage colonial , s’ils vous objectent que vous aimez les hommes à mille ans ou mille lieues de distance, pour vous dispenser d’aimer vos voisins et d’être équitables envers eux ? Quoi , le fils d’un Noir , né en Angleterre , aura , s’il est protestant, tous les droits de cité, qu’on y refuse impitoyablement à un Blanc , parce qu’il est catholique ! Faut-il qu’on ait à reprocher une telle inconséquence à un peuple qui, tant de fois, a déployé un caractère magnanime et généreux , et qui , dans ces derniers temps , a couvert de bienfaits les émigrés de France ? à un peuple

chez leqael des écrivains sensibles et des prédicateurs ont élevé la voix , même contre les traitemens cruels exercés envers les animaux! Les règlernens , affichés au marché de Smith- Fidel , infligent des peines pécuniaires à quiconque les maltraite sans nécessité. Cet exemple louable est peut-ctre unique dans son genre.

Les défenseurs des Africains doivent être simultanément les défenseurs des catholiques. Agir autrement seroit une abnégation de droiture, une contradiction, et cependant peuton dire que, soit dans leurs écrits , soit dans les débats parlementaires , les mêmes personnages aient tous développé la même énergie dans l’une et l’autre cause ? Rien de plus noble , de plus édifiant que les efforts de la société fondée pour l’abolition de la traite , mais pourquoi les mêmes individus n’ont-ils pas formé une société pour accélérer l’émancipation de leurs concitoyens catholiques ? Les Anglais pensent que. leur honneur seroit compromis en souffrant que la France continuât la traite : le sera-t-il

moins si l’on continue d’opprimer l’Irlande ?

La législation coloniale outrage la nature } mais fut-il jamais un code plus monstrueux que celui des lois pénales concernant les catholiques Irlandais et en général ceux des trois royaumes? Parmi les recueilsqu’on enapubliés , et qui peuvent servir de pendant au Directoire des Inquisiteurs , par Eymeric , celui qui est attribué à Scully (1) sufïiroit seul pour démontrer qu’ên fait de persécution , Julien l’Apostat n’étoit qu’un novice, et que Machiavel seroit tout au plus un élève dans l’école à laquelle il a donné son nom.

Mais , dira-t-on , ces lois sont révoquées ou tombées en désuétude. En supposant que le sentiment de la justice ait eu à cet adoucissement autant de part que la politique , toujours il est vrai de dire que des Orange ~nien sont les persécuteurs infatigables des catholiques; qu’une partie de ce code est en vigueur , et que l’opinion en aggrave encore le joug par

(i) y. Statement of the Penal laws wJiich aggrieve the €atholics of IrelancL 8°., Dublin, 1805.

des distinctions humiliantes : un lord protestant , un gentleman , un paysan de cette communion se croyent supérieurs aux individus catholiques de ces états respectifs (1). Cette nuance d’opinion se maintient sur les bords de la Tamise : car , en Angleterre, une sorte de défaveur attachée à la qualité d’irlandais , s’accroît par la disparité de culte. Ce préjugé contre une nation estimable la poursuit jusque sur les rives américaines , où se sont réfugiés tant d’Irlandais, parmi lesquels il en est beaucoup dont le mérite doit exciter le regret de les avoir perdus.

Pour justifier l’aversion nationale, on assure qu’en compulsant les écrous des prisons , les greffes des tribunaux, les procès-verbaux d’assises du jury, le nombre comparé de convicts irlandais et anglais présente, sur la moralité respective des deux peuples , des données qui sont toutes à l’avantage de l’Angleterre. Le fait énoncé par les accusateurs est contesté

(i) Ibid, pag. 137.

par les accusés, mais admettons qu’il soit vrai nous aurons le droit d’en scruter les causes. ’

? 11 est des ver!us mi ne fleurissent guère qu’à l’ombre de la liberté et de l’aisance 3 il est des vices mhérens , pour ainsi dire , à l’esclavage et à la misère des hommes qu’on a expropriés et assen îs : a-t-on droit d’exiger d’eux ces vertus et de leur reprocher ces vices ? A leur place que serions-nous? car elle est vraie en partie celte maxime d’un philosophe qui d’ailleurs a débité beaucoup d’erreurs : L’homme est le produit de son éducation et des circonstances. Si 1 éducation est nulle, ou vicieuse; si la patrie, mère des uns, est marâtre des autres ; si des constitutions protectrices et en même temps oppressives, répartissent les avantages avec une partialité qui fomente d’une part l’orgueil , de l’autre l’envie et la haine, cet état de choses accuse le Gouvernement : à ces causes si fécondes de dépravation dans diverses contrées de l’Europe , si l’on ajoute les jeux publics, les loteries et tant d’institutions immorales qu’on entoure de prétextes spécieux, mais dont t’u-

nique but est d’arracher de l’argent, on sentira toute la justesse de cette observation : Que les Gouvernemens punissent souvent des crimes qu’ils ont fait naître.

Ainsi, quand une législation tortionnaire, au heu d’ouvrir à tous les membres du corps social les routes de l’instruction , de la considération , de la fortune, en rend l’accès plus difficile à une classe de citoyens, et lorsque, repoussés des fonctions publiques, ils ne s’élèvent pas au même degré de culture que la caste privilégiée, qui faut -il inculper? Mais si leurs efforts triom*plient des obstacles qu’on oppose au développement de leurs facultés intellectuelles et morales, qui faut-il préconiser? Alors n’est-on pas autorisé à croire qu’on les hait, parce qu’011 leur a fait du mal, et qu’on persiste à leur faire du mal , parce qu’on les hait : c’est dans ce cercle vicieux que s’agite une passion qu’on a très-bien caractérisée en disant que Y offenseur ne pardonne pas .

J outesles raisons d’état qu’on allègue pour refuser l’émancipation politique de l’Irlande , vien-

lient se briser contre les lois rigoureuses de la justice, qui frappent de nullité radicale la partie du serment du couronnement relative a cet objet. Une promesse contraire au droit naturel, ne peut etre ni licite, ni valide ; Je gou\ emement anglais, paroît l’avoir reconnu lui-même, lorsqu’il a révoqué plusieurs de ces lois. Et dès-lors à quoi bon cette discussion prolongée sur les engagemens qu’impose le coro nationoath ? On sait d’ailleurs quel abus criminel on fait depuis long-temps en Europe des promesses les plus sacrées, qui semblent n’être que des mensonges légalement convenus. La plupart des traités de l’Europe moderne contiennent, pour première clause, qu’entre les parties contractantes il y aura paix et alliance perpétuelle , quoiqu'on ne puisse montrer jusqu ici un seul exemple de cette perpétuité • et, quant auxsermens, jugez-en par celui des trenteneuf articles de l’Eglise anglicane, sur le sens desquels on a tant disputé depuis un demisiècle. Est -il un seul clergymcm qui attache à tous ces articles l’acception et l’intention de

ceux qui, clans l’origine, les firent décréter?

La révocation de l’Edit de Nantes fut un acte également inique et împolitique. Les 1 1 o Le s! ans avoient autant de droit d’habiter paisiblement le sol qui les avait vu naître , que le despote qui les chassoit. Des cris d’indignation se firent entendre chez vous, contre Louis XIV; mais rappeltz-vous que les articles de Limerik , en i6gi , consacroient les droits des Catholiques d’Irlande , en prêtant le serment d 'allégeance. La violation de ces articles est-elle moins odieuse que celle de l’Edit de Nantes?

l’échafaud, dans toutes les contrées protestantes , on répandit avec profusion la gravure qui représentoit son supplice : pourquoi n’a-t-on pas fait des gravures représentant le supplice de tant de prêtres catholiques pendus jadis en Angleterre , uniquement pour avoir célébré la messe , et dont l’évêque Chaloner a publié l’histoire ?

Quand, au sein de la Convention nationale,, des prêtres catholiques ? des ministres protes-

lans, abdiquèrent leurs fonctions et blasphémèrent contre la révélation , chez vous on en parla avec horreur ; on imprima des sermons , et d’autres ouvrages , contre \ athéisme français : car sans doute pour alimenter des haines si abusivement nommées religieuses , on supposoit que cette doctrine désolante étoit généralement professée en France. Mais ignoret-on que vos lois invitent les prêtres catholiques à l’apostasie , en les alléchant par des pensions ?

Lorsque la violence eut arraché de Rome le chef vénérable de l’Eglise Catholique, les chaires de l’Eglise Anglicane et celles des Dissenîers retentirent d’applaudissemens. On fit une dépense d’érudition , pour prouver que le moment de la chute du papisme étoit arrivé , et qu enfin alloient s’accomplir les folles prédictions de Jurieu , qu’on s’empressa de réimprimer. Le dénouement les a*t-il vérifiées ? Pie VJI long-temps captif , précisément pour avoir reuisé d’accéder a une coalition formée contre ■ Angleterre , est sur le siège que lui et ses suc-

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cesseurs occuperont jusqu’à la consommation des siècles.

Cesseront- elles enfin ces déclamations dans lesquelles on suppose que nous attribuons au Pape l’infaillibilité personnelle , le pouvoir de déposer les chefs des états , de délier du serment de fidélité et de l’obligation de garder la

foi aux hérétiques? Cent fois on a réfuté ces calomnies auxquelles ne croient pas sans doute, mais feignent de croire ceux qui les débitent. Elles sont repoussées avec horreur , par les dé saveux du clergé catholique de la domination britannique.

Les rêveries d’ineptes scholastiques, les assertions de quelques théologiens adulateurs , j’ai presque dit blasphémateurs, les prétentions de quelques pontifes entraînés par les préjugés de leurs siècles ou par l’ambition , n’entrent pas dans notre symbole ; non jamais elles 11e furent l’objet de notre croyance , ces doctrines que l’évêque anglican Thomas Barlow avoit exhumées des fausses décrétales et d’autres écrits actuellement tombés dans les égouts de

l’histoire. Et à quelle époque lesimputoit-il aux Catholiques: c’est lorsque l’Eglise Gallicane dans ses jours de gloire , par l’organe de Bossuet , proclainoit les maximes qui constituent le droit primitif et inaliénable de toutes les Eglises , et qui furent défendues si victorieusement par celle d’Afrique. D’après cela,, peut-on supposer de la droiture chez dés hommes qui , n’étant pas Catholiques , s’obstinent à vouloir insérer dans notre profession dogmatique des erreurs que nous rejetons ?

Parce que nous admettons la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie , y a-t-il de la bonne foi à dire dans votre serment du test que la messe est une idolâtrie , et de nous assimiler à tout ce que le paganisme offre de plus hideux ? Cette injure s’adresse non seulement a l’Eglise Latine, mais aux Russes , aux Grecs unis et non unis et à tous les Chrétiens Orientaux , qui professent comme nous le dogme de la présence réelle. Les Luthériens même , par leur doctrine de V impanation , pourraient bien avoir quelque teinte d’idolâtrie , je parle des

anciens Luthériens j car ceux d’aujourd’hui..... Si Luther et Calvin revenoient au inonde , ils seroient bien surpris en comparant leur croyance avec la croyance actuelle des sectes qui ont emprunté d’eux leur dénomination; et quant à ceux qui prêtent le serment du test, ils déclarent par là qu’ils rejettent un article de notre foi mais pourroit-on nous dire ce que croient la plupart d’entre eux? Cette observation s’applique à toutes les sociétés protestantes , où chacun , interprète suprême de l’Ecriture Sainte, y trouve ce qui lui plaît.

Lira-t-on toujours sur votre colonne , appelée le Monument , que l’incendie de Londres , en 1666, est l’ouvrage des Catholiques, tandis (Jue l’histoire atteste le contraire ?

Votre liturgie, sous la date du 5 novembre , attribue à VEglise Catholique la conspiration des poudres , puisque le crime de quelques individus est appelé une trahison papiste ; en mentant à la vérité., n’outrage- t on pas l’auteur de toute vérité ?

Maintefois on a tenté de persuader à la na-

lion anglaise que sa constitution courroit deë risques i si les Catholiques en parfageoient tous

les avantages. Mais ces Catholiques , dont la religion a civilisé vos ancêtres , ont-ils manifesté moins d attachement que vous à la cause de la liberté ? tûtes-vous jamais des monar—

ques qui aient montre plus cPamour pour celte liberté et plus de respect pour la souveraineté nationale qu’Alfred le Grand et saint

Edouard ; Combien de fois ne vous a-t-on pas rappelé que cette grande charte , exposée au British Muséum à la vénération , est l’ouvrage de \ os pères catholiques ? des partisans de I cuicicjinc Joi , 1 ancienne religion , V ancienne église ? expressions employées au Parlement, meme par des évêques anglicans , qui ? par la, taxoient leur église de nouveauté (i).

(i) Y. The speeches ofDoctor Dromgole. 8°., Dublin , et a la suite de cet ouvrage ; la pièce intitulée : T^indica.lion, etc., p. XX Y. Il est à remarquer que des édits publics en Hollande ? au seizième siccle ? par le prince cl Orange , de concert avec les nobles confédérés , en parlant du culte catholique, Rappellent également Vcin *-

A toutes les sessions où l’on a discuté sur 1 e- Mancipation des Irlandais , sont arrivées des pétitions contre leur demande. Je ne ferai pas aux signataires l’outrage de croire quelles ont été provoquées par une tactique usitée en Fiance , ou tant de pétitions , tant d’adresses ,

pour des mesures les plus désastreuses, ont été souscntes par des hommes, qui ont successive"* rnent adulé Roberspierre, Bonaparte , les Bourbons, et qui, pour de l’argent et des places, eucenseroient simultanément saint Miche! et

Satan. .Mais je remarque que ces pétitions, contre les Catholiques, étant peu nombreuses, elles n’expriment pas le vœu national, au lieu que celles qui sont dirigées contre la traite des Noirs ont recueilli des millions de signatures. Il seroit vraiment curieux de savoir s’il est des hommes qui, par une contradiction plus qu’étrange , ont à la fois voté pour la liberté des Africains et l’esclavage des Catholiques, et à

demie religion. Y. Hist. abrégée de l’Eglise d’ Utrecht , 'par du Pac de Bellegarde,) 8°., 1765., png. 27 et suiv.

quelle classe de la société ils appartiennent, fl est affligeant qu’un homme aussi recommandable que Porteus , évêque de Londres, ait mérité ce reproche (1).

Quand , chez vous , on répète le cri injurieux et banal no popory , point de papisme, sous prétexte que l’Eglise établie est en péril , on peut croire qu’il y a, sinon suggestion, au moins connivence de la part du clergé , qui craint 1 invasion de ses dîmes , de ses bénéfices j de la part surtout des titulaires d’évêchés, doyennés, prébendes , etc. et de ceux qui aspirent à leur succéder. Le clergé anglican , distingué par ses talens , a des titres incontestables à l’estime , mais

peut-on ne pas remarquer avec douleur que la concession des droits de cite aux Catholiques trouve beaucoup d’antagonistes dans ce cierge , et particulièrement sur le banc des évêques , sauf quelques exceptions? Les noms honorables de Watson et de Bathurst (2), se présentent

(!) V. Quarterly revieu> 1812 ? mars 5 pag. 42 et suiv. (2) V. Watson, évêque de Landafj Bathurst, évêque de Norwich.

sous la plume. Un Français adroit de Faire ces

observations, quand il a constamment plaidé la

cause civile de toutes les sectes qui , dans son

pays , éloient condamnées à l’exhérédation politique.

L’Eglise Anglicane est une de celles qui ont;

le plus d’affinité avec l’Eglise Catholique : c’est un fait bien développé par le due de Sussex , dans un très-bon discours en faveur de l’émancipation (i). Mais quelque divisées que soient entre elles les sociétés protestantes , toutes se réunissent contre la tige dont elles sont des branches séparées. Il semble qu’elles aient pour dogme commun l’aversion contre cette Eglise Catholique , qui , traversant les siècles , élève sa tête majestueuse au milieu des sectes qu’elle voit successivement naître et s’écrouler autour

d’elle.

Si 1 Eglise Anglicane court des dangers, c’est plutôt par les sociétés nouvelles qui , dans son

(2) Y. Thenew Annual regis ter, de 1812, 8° LoncL î8i3; British and foreign, etc. ; pag. 21 1 et suiy.

sein , ont pris, de nos jours, un accroissement prodigieux , à tel point que lord Sydmouth , ministre et membre du conseil privé, craint que bientôt l’Angleterre 11e soit réduite à n’avoir plus qu’un etablissement nominal pour son église et un peuple sectaire { 1).

Ces observations jettent delà lumière et peutêtre amèneront-elles une décision , sur un point

agité par vos publicistes, les avantages et les

inconvèniens cTun établissement civil pour un culte quelconque . Des institutions de ce genre, pouvant être en faveur de Terreur comme de la vérité , dans le premier cas, elles ne font que prêter au mensonge des appuis humains, dont la vérité n’a pas besoin : fille du ciel , elle triomphe par des moyens dignes de sa céleste origine. One ses ministres , pénétrés de leurs devoirs , unissent toujours à la solidité de V instruction , l’efEcacilé du bon exemple , qui est le premier des prédicateurs , ils feront des conquêtes réelles, tandis que l’Inquisition et les a

(1) V. Dromçoîc V indication , p. XXIX et XXX,

U ra g o n n a cl es n e fe r o i 1 1 j a r i mis q u c cl e s 1 1 y po c ri l es .

Ainsi, malgré tant d’efforts pour neutraliser ou du moins atténuer l’in fluence de l’Eglise Catholique , dans les possessions de la Grande- Bretagne; malgré ces’instructions secrètes , envoyées de Carie ton- Ilo use , le22 octobre 1811, au gouverneur du bas Canada, où l’on recommande de substituer des ministres Protestans aux prêtres catholiques, dans les Missions Indiennes (1), si ces pasteurs catholiques se distinguent de plus en plus par Pétendue des lumières et la régularité des mœurs ; s’ils rivalisent avec leurs frères protestans dans l’attachement à la cause de leur pays ; si, comme chrétiens et comme citoyens , ils sont toujours les modèles des fidèles confiés à leurs soins; après avoir forcé l’estime publique , l’estime forcera à reconnaître la légitimité de leur réclamation, dans toute sa plénitude : peut-être n’est-elle pas très- éloignée l’époque où la plupart des Gou-

(1) Elles ont été Imprimées clans le journal Religious repsrtory , iu-i2 , Cork, j lüllet , 1 8 1 4 , et autres numéros.

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