partie modifié leurs caractères morphologiques : elles res
1. Unna. Die epitheliale Natur der Nœvuszellen in Deuische Me-
dizin. Zeilüung, 1897 p. 505.
Se semblent moins aux épithéliums de revêtement qu'aux éplthéliums glandulaires.
S'il est impossible de tirer de leurs caractères histologiques une conclusion formelle au point de vue de leur nature, il n’en est pas de même si l’on s’adresse à lhistoire de leur développement. Et nous trouvons ici une
réponse explicite à notre question.
Les cellules nœviques ne sont vraiment pas autre chose que des cellules épithéliales, qui se sont séparées de la masse et qui se sont enfouies dans le tissu conjonctif, On n’a, pour s’en convaincre, qu’à examiner les nœvi chez les nouveau-nés et les jeunes enfants, et l’on saisit sur le fait le processus de cette séparation. On observe là trois temps différents et faciles à différencier :
1° Une prolifération épithéliale ;
2° Une métaplasie épithéliale, c’est-à-dire, une modification de structure et de colorat.on du protoplasma cellulaire ;
3° La séparation de ces cellules épithéliales et leur
enfouissement dans le tissu conjonctif de la peau.
Chacune de ces trois étapes peut être plus ou moins longue, plus ou moins nette, plus ou moins accentuée. De leurs variations, de leurs combinaisons, naissent ces
formes si variées des nœvi de l’enfance.
La prolifération épithéliale est seule indépendante des autres facteurs. La métaplasie évolue à peu près parallèlement à la séparation, et est probablement la cause déterminante de cette dernière.
En ce qui concerne la nature des tumeurs développées
3% sur des nœvi, Unna (1), en 1893 et 1894, a trouvé dix carcinomes alvéolaires sur soixante-dix cancers de la peau, les dix étaient alvéolaires. Il en a conclu que ces épithéliomes provenaient du développement des cellules intradermiques.
Tailhefer pense que les nœvi et les tumeurs qui s’y développent sont des épithéliomas. Pour lui, le sarcome mélanique de la peau n’existe pas. Seulement, les cellules intradermiques n’ont pas toujours la forme épithéliale ; elles peuvent ressembler aux cellules sarcomateuses, ce qui explique les erreurs commises. Cornil et Trasbot avaient d’ailleurs, dès 1868, signalé la possibilité de cette confusion.
Quant à admettre l’évolution possible de ces cellules épithéliales dans le sens du sarcome (Kromayer), l’hypothèse va à l'encontre de la théorie de la spécificité cellulaire soutenue par Bard et admise par la plupart des anatomo-pathologistes.
Devant des opinions aussi différentes et émanant de personnes dont la compétence est indiscutable, nous n’o-
sons conclure.
1. Unna. Nœvi und Nœvo carcinome. Bert. Klin. Woch., janvier 1893.
Delisle
ÉTIOLOGIE
Age et sexe. — L'importance de ces deux facteurs étiologiques ressort des deux tableaux suivants que nous
empruntons au travail de Renoul :
Sexe non Age Hommes Femmes Indiqué Total Au-dessous de 11 ans 0 0 0 0 de 11 à 20 ans 1 0 0 1 de 21 à 30 ans 2 0 0 2 de 31 à 40 ans 4 5 0 9 de 41 à 50 ans 0 6 0 6 de 51 à 60 ans 2 4 0 6 de 61 à 70 ans 0 3 0 3 Age non indiqué il 1 2 4 Total 10 19 2 BE |
Dans ce tableau, qui porte comme on le voit sur 31 cas d’épithéliomes développés sur des nœvi, on voit que le sexe féminin est de beaucoup le plus atteint. Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer cette prédilection; aucune d'elles n’est satisfaisante.
La statistique nous apprend autre chose. Les deux
sexes ne sont pas atteints aux mêmes âges ; les tumeurs
er.
se montrent chez l’homme avant trente ans, tandis qu’on ne les voit pas chez la femme à cette période de la vie.
Le maximum de fréquence a lieu, chez l’homme de 31 à 40 ans; chez la femme, un peu plus tard, de 41 à 50 ans.
Les âges extrêmes sont pour l'homme 20 et 56 ans ; pour la femme 31 et 68 ans. Chez celle-ci, l’âge moyen est 49 ans; pour celui-là de 33 ans. L'homme est donc plus tôt atteint que la femme.
Le deuxième tableau porte un total de 39 cas de sar=
comes :
Sexe non
Age Hommes Femmes indiqué Total Avant 10 ans il 1 1 3 de 11 à 20 ans 2 0 0 2 de 21 à 30 ans 3 o 0 6 de 31 à 40 ans 4 1 0 5 de 41 à 50 ans 1 7 0 8 de 51 à 60 ans 3 4 0 7 de 61 à 70 ans 2 3 (0) 5 de 71 à 80 ans 1 0 6 fl Age non indiqué 4 1 0 2
Ce tableau nous montre que pour les sarcomes, comme pour les épithéliomes, le maximum de fréquence a lieu au même âge. Seulement, les sarcomes se voient aux âges extrêmes de la vie : O0 année et 75 ans pour
l’homme ; 0 année et 68 ans pour la femme. La moyenne
= ds est iciaussi plus basse chez l’homme que chez la femme: 38 ans contre 45.
Enfin, un troisième tableau, dressé par Renoul, est plus intéressant en ce qu’il montre le rapport des tumeurs mélaniques, primitives, et de celles qui se sont développées sur des nœvi, au point de vue de l’âge. Pour cela, ce dernier auteur s’est servi de la statistique de Dieterich (1) qui porte sur toutes les tumeurs sans distinction
d’origine. Il est arrivé aux résultats suivants :
Age Tum. primitives Tum. d’origine nœvique
de O0 à 10 ans 4 2 de 11 à 20 ans 2 7 de 21 à 30 ans 7 47 de 31 à 40 ans 17 20 de 41 à 50 ans 21 16 de 51 à 60 ans 24 17 de 61 à 70 ans A 12 de 71 à 80 ans 2 4
Ce qui nous montre que le maximum des tumeurs mélaniques, primitives, a lieu de 51 à 60 ans, tandis que pour les tumeurs développées sur les nœvi, ce maximum s’observe de 31 à 40 ans. D’où la conclusion que la présence d’un nœvus rend l’apparition des tumeurs mélaniques plus précoce, sans qu’on puisse dire au juste pourquoi.
1. Dieterich. Æin Beitr. zur Slatislik und Klin. Bdent. Melanot. Gescluoülsle Arch. fur Klin. Chir., Berlin, 1887, p. 289.
ul. —
Traumatisme. — Le traumatisme a été signalé par quelques auteurs: les malades accusent quelquefois le frottement des vêtements, les grattages, un choc, une égratignure : l'influence de ces traumatismes est discutable.
Il n’en est pas de même de l'influence des interventions thérapeutiques dont les nœvi peuvent être l’objet, qu'il s’agisse des substances caustiques ou du bistouri. Les cas ne sont pas rares de ces nœvi qui, ayantétéirrités par quelques-unes de ces manœuvres, ont pris tout à coup un développement considérable, subissant la dégénérescence maligne et parfois jusqu’à la généralisation. C’est pour cela que ces nœvi, ces verrues, avaient été désignés par les anciens cliniciens sous le nom de: Mol; me tangere. La malade qui fait l’objet de notre deuxième observation en est un exemple frappant. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point, à propos du traitement.
L'influence des maladies générales, des exanthèmes, tels que la variole, est admise par Virchovo. Quant à l’hérédité, elle joue probablement le mème rôle que dans le développement des néoplasies en général.
Le siège du nœvus ne paraît pas favoriser le développement des tumeurs, on en a rencontré dans toutes les régions ; le maximum de fréquence à été observé à la
tête et au tronc.