SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
Nous ne voulons tracer dans ce chapitre que l’histoire des nœvi dégénérés. L'évolution du nœvus en tant que malformation congénitale n’a rien de bien particulier et sortirait d’ailleurs du cadre que nous nous sommes tracé.
Mais auparavant, nous voudrions dire un mot de l’ulcéralion qui peut s’observer au niveau des nœvi-capillaires des enfants et spécialement, des enfants nouveau-nés. Nous en empruntons la description à un récent article de Paget (1).
L’ulcération commence généralement au centre du nœvus. Elle peut être considérée comme spontanée, car très souvent aucune raison traumatique ou autre ne peut expliquer. Cette ulcération cest superficielle, indolente ; il s’en échappe une sérosité visqueuse. Puis, à un moment donné, elle se dessèche et s'encroûle. S'il y a un plexus veineux sous-jacent au nœvus, on peut y observer de la thrombose,
Généralement, l’ulcération est de bon augure etannonce la quérison du nœvus par rétraction cicatricielle, il suffit alors de la tenir propre et de la protéger contre les trau-
matismes extérieurs. Mais il peut arriver que le processus
1, J. Paget. Ulcéralion of nœvi The Lancet, 1890, T. III p. 1027.
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Paget, cite à l'appui de ces faits trois observations. La première a trait à un enfant syphilitique âgé d’une semaine. Cet enfant portait un angiome qui occupait à peu près toute la moitié droite de la face. Vers le troisième ou le quatrième jour de la naissance, cet angiome se mit à s’ulcérer ; la perte de substance envahit l’orbite, détruisit le globe de l'œil et l’enfant mourut avant le quinzième Jour.
La seconde observation se rapporte à un enfant âgé de six Semaines qui était venu au monde avec un nœvus lui couvrant tout un côté du cou, depuis loreille jusqu’à l’épaule. Le nœvus s’ulcéra en deux endroits, donnant lieu à un écoulement abondant de sérosité visqueuse.Les ulcérations s’étendirent rapidement ; l’enfant se cachectisa et mourut.
Enfin, dans la troisième observation, il s’agit d’un enfant nouveau-né, porteur d’une tache rouge au dessous du menton. Trois semaines après, la tache s’ulcéra; l’ulcération détruisit le plancher de la bouche et l’enfant ne tarda pas à succomber.
Ces complications terribles sont heureusement rares. Il était bon cependant de les signaler.
Lorsque la dégénérescence d’un nœvus est sur le point de se faire, on peut observer, au niveau de la lésion, des phénomènes qui doivent attirer l’attention du clinicien.
Il est alors en droit de soupçonner une transformation
maligne et de ce soupçon, doit naître une intervention