Bollinger. Deutché Zeichrift für Thiermediz, I
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Un autre lapin a reçu dans la peau environ deux grammes de liquide amniotique. On n’observa en lui non plus aucun trouble, ni dans la santé générale, ni au point d'inoculation. Par contre, un Japin ayant subi une inoculation de deux cents grammes environ de sang chargé de bactéridies pris dans la veine jugulaire de la mère, cet animal succomba au bout de 36 heures.
M. Bollinger en conclut que « dans le charbon à mar-
che aiguë, les bactéridies charbonneuses rencontrent au uiveau.du placenta des femelles gravides une barrière ; le placenta constitue un appareil de filtration physiologique d’une perfection dont n’approche aucun filtre artificiel, Le sang fœtal, qui ne contient pas de bactéridies, ne renferme pas non plus le virus charbonneux : Son inoculation n’entraîne pas de virulence, tandis que le sang maternel, qui contient des bactéridies, est virulent. »
Ainsi, nous voyons une fois de plus la loi de Branell- Davaine confirmée en apparence et universellement acceptée jusqu'à lapparition des travaux de MM. Straus et Chamberland.
Les expérimentateurs ne s’en tinrent pas au microscope et à l’inoculation ; ils eurent recours à la méthode des cullures qui a ouvert des horizons si neufs et si féconds dans l'étude des maladies infectieuses.
MM. Straus et Chamberland (i) ont démontré que le placenta ne constitue ni une barrière infranchissable, ni
1. MM. Straus et Chamberland. Recherches expérimentales sur la transmission de quelques malaiies virulentes, et en particulier du charbon de la mère au fœtus Arch. de physiologie normale et palholo qique, 1883. T. I. page 436).
un filtre parfait, comme on le disait autrefois, que le sang des fœtus de mères charbonneuses renferme des bactéridies, mais que leur nombre est très restreint. et que leur présence ne peut être sûrement constatée que par la culture. | |
Les expériences qui ont servi pour démontrer l’inexactitude de la loi Brauell-Davaine ont été faites de la façon suivante.
« Des femelles de cobayes à différentes périodes de la gestation ont été inoculées, soit avec de la culture virulente du charbon, soit avec de la culture atténuée. Ces animaux succombèrent au charbon type au bout de 36 à 60 heures. »
Les fœtus étant extraits avec toutes les précautions nécessaires on préleva du sang dans le foie, dans la rate et dans le cœur.
Ce sang examiné au microscope avec les soins les plus minutieux, donna des résullats négatifs, d'accord avec les résultats obtenus par les observateurs précédents. II en fut tout autrement pour les cultures. Trois éventualités se présentèrent :
4° Le sang de lous les fœtus que renfermait la mère demeura stérile.
20 Sur 2, 3, 4 ou 5 fœlus que contenait l’utérus, le sang d’un, de deux, de trois ou de quatre, fut semé avec succès, le sang des autres fœ'us demeurant stérile.
3° Dans certains cas, tou les petits d'une même portée donnèrent du sang, dont la culture fut féconde.
MM. Straus ct Chamberland répétèrent aussi les inoculations du sang des fœtus provenant de mères charbonneuses. Les résultats furent variables : lorsqu'on n'ino-
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culait que des quantités très faibles de ce sang l’inoculation demeurait en général sans résultat.
Lorsqu’au contraire la quantité de sang fœtal inoculée était relativement considérable, les résultats de l’inoculation étaient ordinairement positifs, MM. Straus et Chamberland expliquent ce fait par le nombre très restreint des bactéridies contenues dans le sang fœtal, de sorte que pour obtenir un résultat positif il fallait inocu-
ler des quantités notables de sang.
Ils tirent de ces expériences la conclusion que le filtre placentaire n'est pas un filtre parfait; mais qu'il joue cependant un rôle de filtration manifeste en ce sens qu’il ne livre passage qu'à un nombre restreint de microorganismes. Dans cerlains cas, exceptionnels 1l est vrai, la filtration est parfaite, et le sang du fœtus ne possède réellement ni bactéridie, ni virulence.
A peu près à la même époque, Perroncito (1), dans une série d'expériences entreprises dans le même but, arrive à des conclusions presque analogues à celles de MM. Straus et Chamberland.
A l'examen microscopique de 54 fœtus issus de mères charbonneuses (cobayes) il a constaté le bacillus anthracis une fois dans le cordon ombilical et dans le foie dans un autre cas. Les méthodes de culture et les inoculations furent comme toujours plus démonstratives : 8 fois sur 24 les résultats ont été positifs.
1. Perroncito. Sulla transmissione del carbonchio della madri al feti (Accad. dei Lincei, Ser., 3 vol., XIV, mars 1883.
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Koubassof (1): examina dix-sept fœtus provenant dé cinq femelles de cobayes-mortes de charbon. Chez tous ces fœtus il constata par l’examen microscopique des différents organes, la présence du bacille du charbon.
Max Wolf (2) inocule des spores du bacillus anthracis à neuf femelles (cochon d’Inde, lapines) en état de gestation. Elles meurent toutes du charbon entre 36 heures et 3 jours. Chez les 29 petits qu’elles portaient, il recherche la bactéridie au microscope, par la méthode des cultures et des inoculations. Les résultats de l'examen microscopique sont négatifs, comme ceux de la plupartdes autres expérimentaleurs.
Sur 156 cultures (plusieurs cultures avec les organes du même fœtus) 6 résultats positifs. Le nombre des bactéridies dans ces cas fut très restreint. Wolf pense à une infection accidentelle.
29 animaux très aptes à contracter le charbon (13 cochons d’inde et 16 souris blanches) sont inoculés avec les organes de 24 fœtus. 2 cochons d'Inde et une souris blanche meurent. du charbon. Les 26 autres sont restés sains (Dans ces expériences chaque animal a été inoculé avec plusieurs organes à la fois et les morceaux avaient au moins 1/2 centimètre d'épaisseur).
Plus tard cinq de ces souris qui ont survécu à l'inoculation avec des organes fœtaux ont été de nouveau inoculées avec les bacilies du charbon. Elles meurent dans les
2k heures. Ces expériences prouvent, en outre, dit
1. Koubassof. Comptes-rendus, février 1885, juillet 1885, etc. Transmission des microbes de la mère au fœtus. 2, Woli. Virchow. Archiv. f. Pathol. Anatomie Band, 112; 1888:
ay PC ue M. Wolf, que l'inoculation avec les organes fœtaux d’une mère charbonneuse ne confère pas l’immunité.
Morisani (4) examina le sang et les tissus d’un fœtus expulsé mort par une femme gravement atteinte de pustule maligne. Il ne put, ni par le microscope, ni par la culture, y déceler la présencé du bacille. Célte femme mourut, on ne put faire son autopsie, mäis du sang pris au pourtour. de l’eschare fit voir des baëilles du charbon, et des rats, inoculés avec des fragments de leschare, moururent avec un charbon typique. Si donc, le fœtus était mort dans le sein de sa mère chàärbonneuse, il fallait qu'il eût été tué par des produits de sécrétion bacillaire, ayant pu filtrer à travers le placenta, alors que cet organe, par contre, avait servi de filtre imperméable pour les bacilles eux-mêmes. |
À propos de ce cas, Morisani fit des expériences sur des femelles de cobayes pleines ; dans le sang des fœtus, il trouva constamment par la culture des bacilles charbonneux. Chez les souris pleines, au contraire, le résultat est négatif. Morisani explique ces différences par la différence de la structure anatomique du placenta ; elui-ci serait plus simple chez les cobayes que chez la femme et la souris, d’où une plus grande facilité chez la femelle du cobaye, pour le passage des bacilles des vaisseaux maternols dans les vaisseaux fœtaux. Il pense du reste que ce passage ne peul s'effectuer que par des ruptures vasculaires et non par des échanges osmotiques.
1. Morisani. Sopra in caso di pustula maligna non transmessa della madre al feto (Morgagni, 1886).