‹ De la transmission intra-utérine de certaines maladies infectieusesChapitre 4 sur 54 · INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET HISTORIQUE

L'observation clinique a depuis longtemps établi d’une façon indiscutable la transmission de certaines maladies infectieuses de la mère au fœtus. La maladie qui a surtout servi de type à cet égard est la variole, si répandue autrefois et si bien étudiée par les anciens pathologistes. La littérature abonde en observations sur « la variole intra-utérine, la variole congénitale ou la variole du fœtus ». Pour d’autres pyrexies, pour les fièvres éruptives notamment, pour la scarlatine, la rougeole, des faits analogues de transmission s’effectuant de la mère au fœtus avaient été signalés depuis longtemps.

Dans les cas auxquels nous venons de faire allusion, c'était la maladie elle-même et tout entière qui de la mère était communiquée au fœtus, maladie se traduisant chez ce dernier, venu au monde mort ou vivant, à terme

ou avant terme, par des lésions caractéristiques, telles

LUS que des pustules de variole, une éruption scarlatineuse ou morbilleuse du tégument externe, etc.

Il s’agit là d’une véritable contagion intra-utérine. Cette notion, dérivant d’une observation clinique séculaire,

: comporte déjà un premier enseignement de la plus haute importance : c'est que le principe virulent, quelle que soit la nature, existe à un ‘moment donné de la maladie dans le sang maternel et circule avec lui ; il n’existe en effet entre la mère et le fœtus d’autres connexions que des connexions vasculaires, au niveau du placenta. En réalité, le problème de la contagion intra-utérine, réduit à ses termes les plus simples, doit être ramené à l'étude des échanges pathologiques qui peuvent s'effectuer dans le placenta ; ou plutôt, et plus précisément, il s'agit de déterminer si les microbes pathogènes d’une part, les substances solubles élaborées par eux d’autre part peuvent, à travers le placenta, passer du sang de la mère dans celui du fœtus; il s’agit, en outre, de rechercher dans quelles conditions ce passage s’effectue,et quelles conséquences peuvent en découler pour le fœtus.

L'histoire de l’hérédité infectieuse comprend encore un autre ordre de faits.

Nous venons de parler des cas où la mère atteinte de variole pendant sa grossesse communique la maladie au fœtus. Mais les choses peuvent se passer différemment ; elle peut mettre au monde un enfant bien portant, n'’offrant aucune trace d’éruption ni de cicatrices varioleuses ; et cependant cet enfant avait élé impressionné, in utero, par l'affection maternelle, car après la naissance il

se montre réfractaire à la variole spontanée, à la variole

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