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Ces résultats sont rassurants en ce qu'ils expliquent Textréme rareté d'accidents semblables. Un ouragan d'une TÏedence exceptionnelle dans une contrée tourmentée habitaellement par ce fléau ; le vent soufflant dans une direction perpendiculaire à l'une des faces du train ; la rupture des attelages ; la réunion d'nn certain nombre de wagons vides h. la suite les uns des autres; toutes circonstances qui peuvent se reproduire fortuitement sans doute, mais qui régulièrement se produiront autrement ; ce ne sont pas là les caractères que doivent avoir des accidents pour motiver d'autres
précautions que celles dont l'utilité se présente sous l'influence du moment du danger. L'art n'a point à chercher de solution ou à fixer de règles là où le remède le plus simple est, en face du danger, de lester les wagons. Cette précaution sera, dans tous les cas, inutile pour le matériel destiné, à traverser les Alpes, parce que sa pesanteur spécifique dépassera nécessairement celle du matériel ordinaire et que son centre de gravité sera plus bas à cause de la position des appareils locomoteurs.
De l'ensemble des faits et des observations météorologiques qui sont exposés ici, peut-être concluera-t-on qu'à trèspeu de jours près les conditions d'exploitation seront les mêmes dans la montagne que dans la plaine, en ce qui iconcerne les effets de la neige sur l'adhérence ; ceux du froid sur les frottements des organes des machines, ceux du vent sur la marche des trains; qu'en conséquence, à part les dispositions spéciales pour obtenir des générateurs la puissance motrice nécessaire, il convient de rester dans les conditions d'emploi du matériel actuel consistant à demander, si faire se peut, tout l'effort de traction à la machine sans intéresser les véhicules à cet effort.
Tel n'est pas notre sentiment.
L'étude attentive de la météorologie des Alpes dissipe bien des craintes et des incertitudes. Les esprits les plus nets, et les moins sujets aux écarts de l'imagination ne laissent pas de subir à un certain degré l'influence des descriptions des voyageurs et des poètes, et beaucoup ne voient au Simplon que
Des rocs escarpés, Que rhlver a blanchis, que la foudre a frappés.
LAMARTIiaC.
Nous sommes accoutumés depuis notre enfance à considérer ces lieux, peu étudiés, comme le siège habituel des plus affreuses^ et des plus redoutables révolutions de Tatmosphère et du sol. Mais en regardant en face tous ces phénomènes, en consultant les hommes qui, vivant au milieu d'eux, les connaissent, les mesurent, et entretiennent avec eux, s'il est permis de parler ainsi, un commerce habituel, on ne tarde pas à trouver les moyens de les combattre et de les détourner.
Nous aussi nous avons senti le charme irrésistible de ces grands désordres, mais nous n'avons pas tardé à nous repré« senter une locomotive parcourant cette route française au milieu de l'hiver, sans plus de danger que la diligence qui transporte en été les voyageurs émerveillés.
Toutefois en envisageant les ressources que l'art met à notre disposition, nous avons gardé la conviction qu'il faudra recourir à des ressources spéciales, parce que ces ressources ne se trouveraient pas dans les machines, les wagons et les mesures communément en usage, comme on a l'air de le croire. L'étude permet de se rendre compte des difficultés naturelles; l'art donne les moyens de les combattre et de les assujélir, mais il serait puéril de passer de l'extrême crainte au dédain présomptueux, et de nier la difficulté après en avoir été épouvanté.
Nous ne pourrions nous contenter d'une exploitation qui n'aurait pas, pour lutter contre les forces de la nature dans la montagne, des avantages supérieurs à ceux dont l'utilité ne se présente que très-rarement dans l'exploitation des lignes des bas pays. Nous croyons que, dans les régions élevées et sur les rampes de 50 à 60 m/m, l'utilité d'être
en pleine possession du train se présentera |dji6 souyent. C'est cette supériorité d'avantages, qui s'attache aux dia* positions que nous proposons, que nous expliquerons danis jLe chapitre suivant.