OBJETS TAXÉS PAR COLLIER
Pierres, bois, tuiles, briques,^ importation ardoises, écorces, fourrages, chaux, houille, charbonde bois,fruits, volaille, poisson
exportation f } 2,085
Tonnes
Marchandises taxées par ( importation quintal de 50 kilos ) exportation
Produits du sol du pays
de Gex.
importation
Mouvement.
des bestiaux des marchan.
Têtes Tonnes
ES
Les cantons de Saint-Gall et des Grisons s'ouvrent sur l'Italie par les passages du Splugen et du Lukmanier ; celui du Tessin par le Saint-Gothard ; ceux du Valais et de Genève par le Simplon et la frontière de Genève.
La part de ce mouvement qui appartiendrait aux chemins de fer est ici d'autant plus difficile à déterminer que, dans
— ni —
ces chiffres, se trouve comprise une classe de transports que les chemins de fer n'ont pas encore réussi à recueillir : ce sont les expéditions à faible distance. Il est probable que la catégorie des matériaux de construction, combustibles, fourrages, etc., est presque exclusivement composée d'expéditions locales que les producteurs eux-mêmes transportent sur les'-voitures de leurs exploitations, D n'y a donc rien à conclure de précis de ces documents. Faut-il tirer des conséquences plus précises de ce fait que le mouvement des transports par les bureaux frontières, qui, d'après le document des Douanes, aurait été, en 1858, de 335,000 tonnes, était, il y a vingt ans, infiniment moindre? Tout le monde sait que le travail est, en Suisse, en grand progrès; que l'industrie s'y naturalise avec une rapidité remarquable ; que les professions laborieuses y conduisent à Taisance et y sont fort considérées ; mais ces progrès dans la production ne sont que relatifs. Il en faut de plus sérieux ; il faut de grands courants commerciaux pour suffire à un diemin de fer, et les passages à travers les Alpes n'ont évidemment pas donné lieu, jusqu'à ce jour, à un grand courant commiercial.
Dans la première période, la voie de mer a dû l'emporter sur la route de terre pour apporter à l'Italie ses approvisionnements.
Dans la seconde, celle où nous sommes, où les chemins de fer contribuent, avec les routes de terre, aux transports entre la France et l'Italie, il y a eu accroissement apparent du mouvement commercial. Le chemin de Victor-Emmanuel a dû donner la prépondérance au passage par le Mont-Cenis, Le Central-Suisse a favorisé le passage par le Saint-Gothard.
Le Simplori, a, par ces causes, vu diminuer ses transports.
Mais, malgré le rôle que jouent les chemins de fer dans l'approche des passages des Alpes, on ne peut attendre d'eux qu'ils puissent lutter encore avec la voie maritime. Il suffit,, pour s'en convaincre, de comparer les prix de transport. De Bâle à Milan, par le SaintrGothard, le prix de transport,, par le roulage ordinaire, est de 117 fr. 50 c. ; et, par le roulage accéléré, 180 fr. Ces prix cojsrespondent à 23 et à 36. c. par kilomètre et par tonne ; ce qui est d'autant plus élevé qu'une partie du trajet a lieu par les lacs, et que, sur la distance d'environ 500 kilomètres qui sépare Bàle de Milan, les chemins de fer sont en exploitation sur 93 kilomètres.
Les prix de transport, de Bâle à Gènes (650 kilomètres environ), sont de 130 fr. par le roulage ordinaire, et de 185 fr. par l'accéléré; il y a 270 kilomètres de chemins de fer. Supposant un tarif de fr . 1 5 c. pour ceux-ci, ce serait encore 23 et 38 c. par kilomètre et par tonne sur le trajet par la route et les lacs.
De Fluelen à Mogadino, la distance est de 125 kilomètres environ. Un traité spécial fixe le prix dé transport à 63 fr.
50 c. la tonne, en roulage ordinaire, et, en roulage accéléré, à 90 fr. C'est uniquement la route de terre qui est à parcourir pour franchir le col du Saint-Gothard. Ce prix revient à.
51 et à 72 c. par kilomètre et par tonne.
L'obstacle que les passages des Alpes offrent à la circulation des marchandises ne peut être mieux expliqué, que par ces chiffres. La mer a dû s'emparer de tous les transports importants, et c'est par l'importance même de ces transports que l'on pourra mieux juger des forces productives de l'Italie.
Nous prendrons pour exemple Timportation de la houille anglaise dans les ports du littoral italien, en 1858 :