‹ De la trichine et de la trichinoseChapitre 1 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

« Je suis persuadé que ces petits entozoaires trichines) ne sont pas très-rares; mais ils échnppent aisément par leur lénuité a une observation peu attentive. »

(Cruveilhier, Anat. patholog. génér., t. H, page 6 i, 1862.)

Il y a tout au plus uue trentaine d'années que la trichine a été découverte en Angleterre chez un homme mort de luberculisalion, et déjà sa présence a été signalée en Écusse, en Norwége, dans le Dauemark, en Suède, en Amérique, en Allemagne et en France. Jusque dans ces derniers temps, on l'avait considérée comme un parasite des plus inoftensil's, qui vivait dans les muscles sans déterminer le moindre trouble daus leurs fonctions. Malheureusement les faits qui viennent de se passer eu Allemagne ne permettent plus d'avoir celte opinion . Là des milliers d'individus sont tombés gravement malades pour avoir mangé de la chair de porc qui se trouvait farcie de ces petits vers, et plusieurs même ont payé de leur vie l'ingestion de quelques bouchées de celle viande ! Partout les accidents n'ont éclaté que chez les personnes qui avaient mangé la chair de porc crue, tandis que celles qui l'avaient mangée cuite n'ont rien présenté d'anormal dans leur état.

Nous voyons donc parla que lestrichines sont très-dangereuses pour l'homme, puisqu'elles peuvent déterminer sa mort, et que l'homme peut, à son insu, les puiser dans la chair de porc crue qui, en elt'et, en renferme souvent.

En France, la trichine jusqu'ici n'a pas été rencontrée sur le vivant; mais M. Cruveilhier, eu 1852, et M. Kœberlé, en 1862, l'ont vue tous les deux sur des cadavres; le premier, sur les muscles d'un homme adulte, et le second sur ceux d'une femme morte de carie vertébrale.

Faudrait-il croire, d'après ces deux seules observations, que

la trichine n'existe qu'exceptionnellement chez nous? Nous ne pourrions souscrire à celle manière de voir, surtout quand nous pensons à la quantité vraiment énorme de viande de porc qui se consomme annuellement en France, et qui ne s'élève pas à moins de 400 à 500 millions de kilogrammes (1). Sans doute les habitants des campagnes ont assez généralement l'habitude de la faire cuire avant de la manger; mais par contre, dans les villes, combien n'est-il pas répandu l'usage de ne la manger'que crue et de rechercher plus spécialement celle qui provient de Westphalie, de Mayence, d'York.... où depuis quelques années les porcs ont été vus très-souvent infectés par les trichines?

Aussi, n'avons-nous eu d'autre but, en nous livrant à quelques expériences sur ce parasite, que de trouver l'occasion d'appeler de nouveau l'attention sur les dangers qu'il peut faire courir à l'homme et d'insister un peu dans notre travail sur la prophylaxie et le traitement de la maladie qu'il peut déterminer.

Nous prions M. Chauveau, professeur à l'École vétérinaire de Lyon, de vouloir bien recevoir l'expression de noire reconnaissance pour la bienveillance avec laquelle il a mis des animaux trichinisés à notre disposition.

Qu'ils veuillent bien aussi accepter nos sincères remercîments : M. Guyot, élève de la même école, pour tout l'appui qu'il nous a donné dans nos recherches ; — M. Léon Tripier, interne des hôpitaux de Lyon, pour les excellents dessins qu'il nous a composés ;

et M. Cordés, élève des hôpitaux de Paris, pour les traductions

allemandes qu'il nous a faites.

( I ; Statistique de la France, publiée par S. Exc. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, MDCCCLV1II.

ET

DE LA TRICHINOSE

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