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voir évoluer une forme, également chronique, légère, atténuée, qui allire tardivement l'attention du imalade. Tel est le cas publié par M. le professeur Dubreuilh dans le Journal de médecine de Bordeaux, 1912 (Obs. V). Le sujet portait des lésions aux aines, aux mains et aux pieds. Les mains n'offraient au toucher qu'une sensalion de sécheresse avec un état farineux plus marqué des plis de flexion. Aux pieds les lésions avaient les caractères cliniques cités plus haut maïs à un moindre degré d'intensité.
A côté de cette forme clinique, Whitfield, dans le Procedings of the royal sociely of medecine London, 1911, décrit une forme vésico-bulleuse aiguë sans caractères cliniques nets, de telle sorte qu’il est difficile de faire un diagnostic exact sans l’aide du microscope. On pense à de l’eczéma aigu ou à de la dysidrose. Les vésicules ne renferment pas de pus mais seulement un exsudat séreux parfois mêlé de sang dans le cas de grosses bulles. Les vésicules sont disséminées sans ordre, ne forment pas d'anneaux ou de disques. Aucun indice ne permet de soupçonner l’envahissement centrifuge du parasite.
Toutes ces lésions, que l’on ait les formes hyperkératosique ou vésiculo-bulleuse, présentent peu de symptômes subjectifs. Les malades souffrent rarement ; ils accusent un peu de démangeaison ou de cuisson, une vague sensation de picolement et parfois de la gêne dans le port des chaussures.
Évolution. — La marche de cette affection est chronique. Les lésions abandonnées à elles-mêmes durent des années. Le début est difficile à indiquer. Souvent, les malades s'aperçoivent de la maladie à la suite d'une petite sensalion vague de douleur éprouvée au niveau des espaces interdigitaux. Parfois, c'est le médecin lui même qui, à l'occasion d'une épidermophytie de l’aîne ou des mains, a la curiosité d'examiner le fond du pli des orteils.
Ensuite, lorsque les lamelles constituées commencent à se détacher, le malade est souvent porté à les enlever complètement. C’est l’origine de fissures très douloureuses qui vont parfois jusqu'à rendre la marche impossible (Obs. IV). La malpro-
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preté s'y ajoutant, il peut se produire des infections secondaires microbiennes amenant la production de vastes pyodermitles. fl n'est pas rare de rencontrer des lymphangites en nappes graves qui envahissent le cou-de-pied pour s'étendre ensuite sur la jambe (Obs. IV, X). Parfois même, il se forme des abcès du pli interdigital (Obs. IV) et de la plante du pied qui, par confluence, amènent un décollement important de l'épiderme corné et un gonflement douloureux de tout le pied.
Les lésions n'ont aucune tendance à la guérison spontanée. L'état peut quelquefois présenter une très légère amélioration sous l'influence du repos ou de simples lavages à l'eau bouillie. Mais, même sous l'influence d'un traitement bien conduit et suivi d'une façon intelligente par le malade, les lésions peuvent persister des années sans changement notable. Tel est le cas publié par M. le professeur Dubreuilh en 1899 (Obs. IV). Le début de l'affection remontait en 1896, et en 1910 la guérison n’était pas encore survenue.
Conclusion. — Ainsi, le soi-disant eczéma des pieds est le plus souvent dû à une localisation trichophytique. L'honneur de la première description clinique revient à M. le professeur Dubreuilh. En effet, un des malades qui fit l'objet de sa publi cation revint dernièrement non guéri. L'examen des squames, contrôlé par le maitre, nous permit de découvrir quelques filaments mycéliens, rares il est vrai, mais en nombre suffisant pour nous permettre de reconnaître l'élément caractéristique du trichophyton.
La nature parasitaire fut entrevue par Whitfield, en Angleterre, et mise en évidence par les cultures de Sabouraud.
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