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CHAPITRE HI

Aperçus mycologique et étiologique.

Le médecin éprouve de plus en plus le besoin de voir confirmer son diagnostic par des recherches de laboratoire. Souvent, au point de vue pratique, les ressources de la clinique suffisent, mais on cherche sans cesse à savoir le pourquoi des choses.

En dermatologie, il y a beaucoup d'’affections parasilaires, comme les trichophyties, que l'on ne peut souvent dépister que par l'examen microscopique des squames ou des poils.

Aperçu mycologique. — Nous avons déjà signalé les travaux de Whitfield et de Sabouraud. Ce dernier Lermine son premier mémoire sur la trichophvlie interdigitale des pieds, en disant : « ces lésions doivent être relranchées du cadre de l’eczéma et considérées désormais comme faisant partie du tableau clinique de l'épidermophytie à laquelle Ferd von Hebra avait attaché le nom d’'eczéma marginatum ». S'il en était ainsi, la question, au point de vue scientifique, serait bien modifiée. L'épidermophyton inguinale présente en effet des caractères propres qui permettent de le différencier facilement de tous les dermatophytes connus.

Dans les squames, le parasite offre, d'après Sabouraud, un réseau de filaments mycéliens entre les couches de l’épiderme corné. Les filaments sont composés de cellules quadrangulaires disposés bout à bout et dont le diamètre transversal varie peu, tandis que le diamètre longitudinal varie du simple au triple. Les cellules, à double contour, comprennent une enveloppe cel-

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lulosique assez épaisse et un protoplasma très peu granuleux. Le diamètre extérieur des filaments est de 4 à 5 p. Les filaments sont très fragiles.

Les cultures commencent à se développer au bout de six à sept jours. Le début se fait par un point jaunâtre hérissé de duvet. La croissance est très lente dans la suite. Il existe souvent au milieu de la culture un point excentrique saillant comme un capuchon. La couleur générale de la culture, « semblable à du citron incomplètement mûr », est Jjaune-verdâtre, kaki. La surface est radiée, aride et poudreuse. La culture a dans son ensemble une forme arrondie.

L'examen microscopique d'une parcelle de la culture révèle les filaments déjà décrits et met en évidence la présence d'éléments reproducteurs spéciaux ou fuseaux qui suffisent au diagnostic.

Les fuseaux reproducteurs, nombreux, courts, ramassés, ont l'extrémité arrondie. Des septas les divisent en 3 ou 6 loges ayant 20 à 30 p de long sur 5 à 7 p de large. Ces fuseaux sont réunis par 5, 8, 10, et ont l'aspect « d’un régime de bananes ». Ils peuvent être verticillés autour d'une extrémité mycélienne ou, au contraire, appendus au long d’une tige par des sterigmates courts où sur un simple renflement d'insertion. Quelquefois ils sont ramifiés, uniques à leur base, doubles à leur extrémité. Certains plus trapus ont la forme d’une pomme de pin ou d’un cône de cèdre.

Dans les préparations permanentes, le protoplasma se condense, devient granuleux, sa masse se rétracte et ne remplit plus de cellule. Lorsqu'on laisse vieillir la culture, beaucoup de fuseaux meurent.

Dans certains articles mycéliens le protoplasma se condense, il se forme des clamydospores intercalaires.

L'épidermophyton inguinale, sur le milieu d'épreuve à la gélose maltosée, donne facilement et rapidement des cultures blanches, indice certain d'une dégénérescence pléomorphique du parasite. Les filaments, dans ce cas, sont minces, ramifiés et stériles.

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En résumé, l'épidermophyton inguinale ne présente aucune conidie latérale, aucune hyphe sporifère et pas de vrilles comme dans les trichophytons ordinaires.

Bang, quelques mois après la publication des observations de Sabouraud sur la trichophytie interdigitale, eut la bonne fortune d'étudier sur des sujéts venant du Mexique ou de l’Indo- Chine, une affection trichophytique de la peau lisse, que nous avons déjà signalée au cours de ce travail, capable de donner des lésions interdigitales. L’affection est due au trichophyton purpureum qui donne une culture blanchâtre, à surface plane, laissant apercevoir par transparence de petits points rougeâtres.

Enfin Whitfield, en 1911, eut dans un cas une culture différente qui, identifiée par le docteur Masse à Kew, montra la présence d’un champignon noir de l’espèce des helminthosporium,

Ceci nous permet de croire que, dans un avenir plus ou moins éloigné, on pourra décrire, dans la trichophytie interdigitale des pieds, des parasites autres que l’épidermophylon inguinale de Sabouraud. Cependant, il est indéniable qu'il existe des rapports étroits entre l’'eczéma marginatum de Hebra et la trichophytie interdigitale des pieds.

Les lésions des pieds ont souvent été précédées d'une localisation du parasite dans les plis de l'aine. Ainsi Sabouraud rapporte l'observation d'un homme qui était atteint d’une épidermophytie inguinale des plus actives et des plus tenaces. Quelques semaines plus tard, il existait autour des doigts et des mains une éruption généralisée à tous les doigts, discrète, faite de vésicules eczématiformes ou dysidrosiques. Puis de nouveaux éléments étaient survenus aux pieds comme aux mains. Le malade raconte qu'il avait passé son éruplion inguinale à:une femme mariée qui l'avait repassée à son mari et que ces personnes, qu'il revoyait tous les jours, avaient des manifestations semblables aux pieds et aux mains. L'affection était produile par l’épidermophyton inguinale.

Quelquefois il y a généralisation de l'infection, on constate simultanément des lésions aux pieds, aux mains, aux aines et même aux aisselles (Obs. V).

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