CHAPITRE V
Traitement.
La trichophytie interdigitale des pieds est difficile à guérir. C'est une maladie qui dure des années, même sous l'influence d’un traitement bien conduit (Obs. IV). « On améliore vite, mais on guérit lentement ».
Incrustés dans les couches cornées de l’épiderme, les parasites végétaux résistent, non pas qu'on ne puisse les tuer, mais parce qu'on ne peut les atteindre. Le seul moyen de les détruire, c'est de faire tomber l'épiderme qu'ils ont envahi.
De nombreux produits ont été utilisés dans le traitement des épidermophyties.
Hebra, dans les affections de l'aine, employait les frictions avec le savon mou ou les applications de soufre et de goudron.
Aux colonies, où ces maladies sont fréquentes, les indigènes ont recours à certaines plantes. Ainsi, à Madagascar, on fait des frictions avec les feuilles fraiches d'une légumineuse, le cassia alata. Dans d’autres contrées, on utilise la poudre de Goa, d'Arraroba, de Bahia.
Beaucoup de médicaments ont été vantés par les auteurs : on obtenait des guérisons merveilleuses. C'est ainsi que, tour à tour, furent préconisés les goudrons, les mercuriaux, les oléates de zinc et de mercure. L'huile de croton eut son ère de vogue; mais à la suite des irritations violentes qu’elle causait, elle ne fut plus employée que dans le traitement des tondantes lorsqu'on n'avait pas à sa portée l'outillage nécessaire pour pratiquer l'épilation électrique.
L'ichtyol a donné de bons résultats. L'huile de cade est encore employée avec succès, mais son usage semble réservé