OBSERVATION II
Publiée par A. WuirrieLp, in Lancel, juillet 1908.
Un homme, qui avait passé une grande partie de sa vie en Chine, fut amené à ma consultation par le docteur Ernest Playfair, se plaignant d'eczéma de la plante du pied et de la dureté de ses ongles d'orteils. L'affection avait été constatée trois ans et huit ans auparavant, à son retour de Chine. Il avait essayé plusieurs remèdes et avait élé traité par un spécialiste des maladies de la peau qui diagnosliqua un eczéma des doigts de pieds.
À l'examen, tous les ongles des orteils étaient jaunâtres, friables et fendus longitudinalement. Le malade les coupait court à cause de celte grande friabilité. La peau autour des ongles et spécialement la partie postérieure du pli de l’ongle était rougeâtre et la surface irrégulièrement desquamée. Il y avait une grande quantité de squames hyperkératosiques et macérées entre les orteils et quelques fissures aux angles des plis. Sa maladie siégeait surtout à la partie distale de
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la tête des métatarsiens. La peau des mains et des ongles des doigls était parfaitement conservée.
Le malade racontait une histoire d'éruption survenue sur la jambe qu'un médecin aurait identifiée avec une trichophytie. Le patient, sans se soucier d’une infection secondaire, était assez occupé à se tailler et à se gratter les ongles. La guérison des doigts établie, il ne prêla aucune attention à l'affection actuelle.
Cependant, je m'avisai de faire un examen microscopique. Dans les squames macérées on découvrit, après plusieurs recherches minutieuses, des filaments mycéliens en grande abondance.
Traitement : Badigeonnage à la solution iodée faible de Sabouraud. Le malade ne put supporter le traitement et, quand il revint, la guérison n'était pas encore effectuée.
OBsERvATION III
Publiée par A. WuirrEeLp, in Lancet, juillet 4908.
Un homme vient me consulter pour des démangeaisons et une desquamation de la plante des deux pieds et me raconte l'histoire suivante :
Depuis quatre mois, il avait des démangeaisons aux pieds avec de la desquamation entre les orteils. Depuis deux mois, sa femme puis sa fille avaient présenté les mêmes symptômes. Il crut que ses bas avaient été nelloyés avec quelque produit irrilant. Il les fit laver chez lui. Quelque temps après, sa femme et sa servante avaient contracté la même affection que lui à la paume des mains.
Les trois personnes que je vis présentaient un eczéma hyperkératosique entre les orteils avec desquamation de la plante des pieds, s'étendant sans limite précise sur le dos du pied. Il n'y avait pas de vésicules. L'examen microscopique de chaque échantillon montra des trichophytons en grande abondance.
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OBsERvATION IV (résumée).
Publiée par M. le professeur DugreuiL, Annales de dermatologie, 1899.
L..., âgé de 40 ans, vient consuller pour des lésions des derniers espaces interdigilaux des deux pieds qui datent de dix ans.
Le 4e décembre 1896, les lésions occupent symétriquement les deux pieds. Elles commencent dans le 2° espace interdigital et vont en augmentant dans les 3° et 4° espaces interdigitaux.
Dans le 2° espace inlerdigital où la lésion est le moins accusée, on voit que tout au fond du pli l’épiderme est blanc, opaque et comme macéré. Cette plaque d’un blanc mat comme du papier se continue avec l'épiderme voisin sans ligne de démarcation. Au loucher, on voit que cet épiderme est souple, mais dur et comme parcheminé.
Dans le 4, tout en prédominant au fond du pli, l’altération s'élend sur toute la surface de contact des deux orteils contigus. L'épiderme est d'un blanc éclatant, opaque, épaissi, dur et parcheminé. Tout au fond, il est coupé d'une fissure verticale à travers laquelle on voit une surface rouge qui est le derme recouvert d'une couche épidermique mince et transparente.
Sur la face interne du 5° orteil, l'épiderme épaissi se soulève sous forme d'un grand lambeau adhérent par un de ses bords. Ce lambeau est épais, dur, quoique souple, opaque et ressemblant de tout point à un morceau de parchemin mouillé. Si on cherche à arracher ce lambeau, on constale qu'il est très résistant, qu'il ne se laisse ni déchirer, ni arracher, ce qui d'ailleurs est très douloureux.
La surface recouverte par la partie libre du lambeau est rougeâtre et Lapissée par un épiderme mince, mais déjà blanchâtre et un peu opaque.
Le 5° orteil et à un degré moindre le 4 présentent à leur extrémité un certain degré d'hyperkératose. L’angle du 5° orteil est difforme, épais, mou, paraissant formé plutôt par de l’épiderme corné que par’de-la substance unguéale. Il est encadré par une hyperkératose de toute sa serlissure, c'est-à-dire des bourrelets basal et