‹ De La Tuberculose Chez Les EnfantsChapitre 12 sur 30 · TYPHO-TUBERCULOSE. — FIÈVRE CONTINUE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

TYPHO-TUBERCULOSE. — FIÈVRE CONTINUE TUBERCULEUSE

Sous le nom de éypho-tuberculose, de fièvre continue tuberculeuse, nous décrivons cette forme de tuberculose aiguë évoluant à la manière d'une dothiénentérie, d’une façon pour ainsi dire cyclique et aboutissant généralement à la guérison.

On trouve signalée dans la plupart des auteurs la tuberculose aiguë guérissable à forme de fièvre typhoïde. M. Empis l’a étudiée dans son livre. M. Landouzy en à fait l’objet de leçons à la Charité en 1886. Jeannel et Papon l'ont décrite après lui. En 1891, M. Landouzy en a repris l'étude et l’a désignée sous le nom de « typhobacillose », «fièvre continue pré-luberculeuse ».

Malgré ces travaux, latypho-tuberculose reste encore mal connue de la majorité des médecins. Cela tient beaucoup, croyons-nous, à ce qu’on à englobé sous le nom général de « granulie » les diverses manifestations de la tuberculose aiguë et qu'on n'a pas suffisam- ‘ ment différencié les formes qui guérissaient de celles qui tuaient presque fatalement.

C’est à ce titre que l’histoire de la typho-tuberculose nous a paru intéressante et utile à refaire.

Pathogénie. — I] y a deux façons de comprendre la typho-tuberculose. On peut la considérer comme la première manifestation de la tuberculose, ou simplement comme une poussée aiguë d’une tuberculose déjà existante.

De ces deux interprétations la seconde est la vraie dans la grande majorité des cas. La tuberculose aiguë, en effet, quelle qu'en soil a forme clinique, est presque toujours secondaire à une tuberculose

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localisée chronique. C'est l'opinion généralement admise, c’est l’opinion qu'émettait devant nous l’an dernier notre maître M. Hutinel qui, considérant ce que nous appelons « typho-tuberculose » («typho-bacillose» de M. Landouzy), comme une granulie atténuée, ne voyait pas l'utilité de décrire à part cette variété clinique de l'infection tuberculeuse aiguë. Nous avons déjà donné les raisons qui nous avaient engagé à séparer la «typho-tuberculose » de la tuberculose granulique généralisée aiguë, nous ne croyons pas utile d'y revenir 101.

Il est possible cependant de rencontrer des cas dans lesquels l’infection tuberculeuse peut être généralisée d'emblée, ne pas succéder à une tuberculose localisée et se manifester cliniquement par la symptomatologie que revêt la « typho-tuberculose ». C'est là une opinion que M Landouzy a émise depuis longtemps et qu'il soutenait encore l’année dernière — avec le talent que l'on sait — dans ses leçons cliniques à l'hôpital Laennec et au Congrès de la tuberculose (1891).

M. Landouzy a comparé ce qu’il observait chez les malades atteints de «typho-bacillose » à ce qui se passe chez les lapins auxquels.on a injecté par voie veineuse une certaine quantité de culture pure de tuberculose aviaire.

Ces animaux succombent au bout de quinze jours, après avoir présenté tous les symptômes d’une infection profonde et à leur autopsie on ne trouve en aucun organe de granulations tuberculeuses, mais seulement une quantité énorme de bacilles. Ces animaux n'ont donc été que des bacillisés et non des #uberculisés. S'ils avaient résisté, s'ils avaient guéri de cette infection bacillaire, ils auraient succombé plus lard, ainsi que l’ont démontré les recherches de MM. Grancher et Ledoux-Lebard, à une tuberculose soit généralisée, soit localisée.

M. Landouzy pense qu'il en est ainsi chez les malades atteints de typho-bacillose. Suivant lui, ce qui se manifesterait tout d’abord chez eux, et pendant un temps quelquefois fort long, ce serait une infection générale par les bacilles de Koch. C'est à cette infection qu'il faudrait rattacher les troubles observés (fièvre, troubles digesüfs, état typhoïde). À cette période d'infection bacillaire succède une période pendant laquelle s'organisent les lésions tuberculeuses

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(période granulique). Les malades atteints de typho-bacillose seraient donc des bacillisés; ils ne deviennent #wberculeux que plus tard.

Tout en admettant l'identité de la tuberculose humaine et de la tuberculose aviaire, nous ferons remarquer que sur les animaux (lapins surtout), c'est uniquement la tuberculose aviaire qui produit cette forme si spéciale de septicémie bacillaire (Yersin, Grancher), la tuberculose humaine donnant toujours naissance à une tuberculose généralisée (Straus).

De plus, il faudrait qu’il fût démontré que les bacilles de Koch ayant pénétré dans l'organisme humain soit par les voies respiratoires, soit par les voies digestives, produisent tout d’abord une infection bacillaire généralisée, et qu'à cette période d'infection bacillaire succède — après un temps plus ou moins considérable — une période de lésions tuberculeuses. Nous ne croyons pas pour notre part que les choses se passent ainsi généralement.

Autre chose, en effet, est, chez un animal, l'injection intraveineuse d’une culture pure de bacilles de Koch, et, chez un enfant, l'introduction dans ses voies respiratoires d'un air contenant en suspension des poussières renfermant des bacilles, ou la pénétration dans son tube digestif d'aliments qui, pour tuberculeux qu'ils soient, n’en renferment pas moins que de très rares bacilles. &i chez l'animal l'infection est forcément généralisée d'emblée, il nous semble que, non moins forcément, la quantité des bacilles et la porte d'entrée étant différentes, elle doit être localisée chez l’enfant. Il y a donc une période de tuberculisation localisée qui précède le plus souvent la période de généralisation bacillaire. Nous ne nions pas cependant la possibilité, dans certaines circonstances, d’une infection tuberculeuse généralisée primitive. Mais ces cas doivent être très rares.

En résumé, il convient de reconnaître à la « typho-tuberculose » une double pathogénie :

1° Ou bien elle est la première manifestation de la prise de possession de l'organisme par les bacilles de Koch, ce qui est rare;

2° Ou bien elle est l'expression d'une tuberculose aiguë avortée, consécutive à une tuberculose locale, ganglionnaire ou autre, ayant passé inaperçue, non diagnostiquée.

Si nous croyons à l'extrême fréquence de ce second mode de

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