des méninges, du cerveau, etc
re
Il est exceptionnel de rencontrer une tuberculose absolument localisée chez l'enfant ; il est de règle, en effet, de trouver des lésions tuberculeuses dans plusieurs organes ; mais, s’il y a prédominance et prédominance très manifeste du côté d’un organe, on est, ce nous semble, autorisé à localiser dans cet organe la tuberculose et à considérer les lésions tuberculeuses voisines comme des altérations récentes, opposées à l'ancienneté des autres.
Quelques mots d'explication sur chacune de ces formes nous paraissent indispensables.
A. Tuberculoses généralisées.
I. — La fièvre infectieuse tuberculeuse suraiquë représente ce qu'il y a de plus rapide comme évolution tuberculeuse. C'est une forme rare.
IT. — La fuberculose granulique généralisée aiquë où granulie est trop connue pour que nous ayons besoin d’insister.
IT. — La éyphotuberculose (tuberculose aiguë guérissable à forme de fièvre typhoïde) doit être séparée de la tuberculose granulique généralisée. Elle a une évolution clinique assez distincte pour mériter d’être décrite à part. Elle est bien, comme la granulie, une forme de tuberculose aiguë, mais moins grave. C'est, si l’on veut, une granulie atténuée.
Quand, pour une raison ou pour une autre, la généralisation de la tuberculose se produit, toute l’économie est envahie par les bacilles, l’organisation des lésions tuberculeuses dans les organes commence. Si elle ne s'arrête pas, le malade succombe à une tuberculose généralisée aiguë granulique ; si, au contraire, elle s’arrête, le malade guérit.
On a eu affaire dans les deux cas à une tuberculose aiguë, mais à évolution clinique différente. Nous désignons sous le nom de « typho-tuberculose » les formes atténuées.
Typho-tuberculose et granulie sont bien deux états voisins; il n'y a entre eux qu'une différence de degré, mais l’évolution clinique étant différente, il nous a semblé qu’il y avait un réel intérêt
Te pratique à décrire séparément ces deux formes de la bacillo-tuberculcse.
IV. —— Sous le nom de #wberculose granulique subaïquë, nous avons en vue la plupart des cas de phtisie galopante.
V. — Sous le nom de #wberculose diffuse, nous décrivons la tuberculose généralisée chronique qui est l'apanage presque exclusif du jeune âge et surtout de la première enfance (zéro à deux ans).
B. Tuberculoses localisées.
VI. — Nous pensons qu'il y a intérêt à séparer les tuberculoses à évolution rapide, à forme de pneumonie (pneumonie caséeuse) et de broncho-pneumonie, des tuberculoses localisées chroniques. L'étude de la #wberculose localisée à forme de broncho-pneumonie est des plus délicates; nous essayerons d’en faire ressortir tout l'intérêt.
VII. — Quant aux formes localisées chroniques, certaines sont encore incomplètement connues — les hépatites tuberculeuses par exemple, — et toutes présentent dans leur évolution des parti-
cularités cliniques qu’il n’est pas sans intérêt de mettre en relief.
On peut, avons-nous écrit au début de ce chapitre, reproduire en partie chez les animaux les différentes formes de la tuberculose. Les expériences de MM. Grancher et Ledoux-Lebard (1), de MM. Straus et Gamaleïa (2) l’ont démontré.
S1 l’on vient à injecter dans le péritoine d’un cobaye une forte dose de culture de tuberculose humaine, l’animal succombe très rapidement (Straus et Gamaleïa).
A l’autopsie, on constate la rétraction de l’épiploon et un épanchement séreux dans les plèvres. Dans ce cas, comme Koch l'avait déjà signalé, la mort survient avant la production de tubercules visibles dans les organes.
(1) Archives de méd. expérimentale, 1* mars 1891. (2) Ibid.
Fi
Nous trouvons là quelque chose d’analogue à la forme de févre infectieuse tuberculeuse suraïquë.
Si la dose de culture de tuberculose humaine est moins forte ou si la virulence des bacilles est moindre, le cobaye succombe à une tuberculose généralisée. C'est la #wberculose granulique généralisée aiguë; où bien, si la mort se fait plus lentement, la {uberculose granulique généralisée subaiquë; ou, si la maladie évolue moins rapidement encore, c’est la évberculose généralisée chronique.
Quand on fait dans le poumon d’un cobaye une piqûre à travers la paroi thoracique avec une culture de tuberculose humaine, on détermine une pneumonie caséeuse (?). Le foie et la rate présentent également des lésions tuberculeuses. Nous retrouvons là notre
tuberculose localisée à évolution rapide, à forme de pneumonie où de broncho-pneumonie. Nous ferons remarquer une fois de plus que, tout en disant tuberculose localisée, nous admettons la possibilité de quelques autres lésions tuberculeuses, mais de moindre importance, dans d’autres organes.
Avec la tuberculose aviaire, on détermine chez les animaux une tuberculose tout à fait différente. Les lapins inoculés, soit par voie péritonéale, soit par voie veineuse, succombent à une véritable septicémie (type Yersin) (1), et à l’autopsie on ne trouve de tubercules nulle part; mais le foie et la rate, hypertrophiés, contiennent de nombreux bacilles. $i, ainsi que l'ont démontré MM. Grancher et Ledoux-Lebard, on emploie des doses moins fortes (05,01 ; 0"e,001; 0:,0001 pour un lapin de 2 kilogrammes, au lieu de 06,1), la mort survient plus lentement et avec d’autres lésions. La rate et le foie sont devenus petits; en revanche, le poumon est régulièrement atteint de tuberculose plus ou moins limitée; les reins, les articulations contiennent souvent des tubercules.
L'atténuation des cultures tuberculeuses (chaleur, dessiccation, lumière) a également pour résultat la survie de l'animal, coïncidant toujours avec une modification du type anatomique de la tuberculose.
Ces expériences avec la tuberculose aviaire montrent qu'on peut
(1) Annales de l'Institut Pasteur, 1888, p. 245.
UC
produire chez le lapin une infection primitivement bacillaire et qui ne devient tuberculeuse (apparition des granulalions dans les organes) qu'au bout d'un certain temps. On retrouverait là, a pensé M. Landouzy, ce qui se passe chez certains malades qui, avant de devenir des tuberculisés, restent plus ou moins longtemps des bacillisés, qui présentent avant la période des granulations une période d'infection bacillaire, qui font, en un mot, une févre pré-luberculeuse avant la fièvre tuberculeuse.
C'est en se basant sur ces expériences el sur quelques faits cliniques, que notre cher maître, M. le D’ Cuffer, a décrit récemment la période pré-granulique de la tuberculose (1).
Nous verrons, en étudiant plus loin la pathologie de la typhotuberculose, jusqu’à quel point il est possible d'accepter cette analogie entre la tuberculose humaine et la tuberculose expérimentale.
(1) Currer. Recherches cliniques sur la période d’incubation des maladies infeclieuses en général, et en particulier de la période d’incubation (période prégranulique) de la tuberculose (Revue de médecine, 1891, p. 521).
A. Tuberculoses généralisées.