‹ De La Tuberculose CongénitaleChapitre 12 sur 51 · OBSERVATION [X · texte numérisé non relu

OBSERVATION [X

Cas de Heilz

Une femme de 29 ans entre dans le service du docteur Merklen, le 10 mars 1902. Elle tousse depuis environ 6 mois. En novembre 1901, elle a commencé à perdre des forces et eut une hémoptysie abondante.

Huit jours plus tard, nouvelle hémoptysie, amaigrissement, transpiralions nocturnes.

À l'examen, signes de tuberculose du second degré au sommet droit (sous la clavicule, matité, vibrations exagérées, bronchophonie ; en arrière, une respiration soufflante avec des râles sous-crépitants moyens).

Le Sommet gauche parait sain. Laryngite chronique. Dyspepsie. Rien au cœur. La malade semble enceinte de 3 Mois. |

L'état s'aggrave rapidement les jours suivants. Des signes sthétoscopiques apparaissent à la base droite en arrière ebten avant au-dessus du foie. Malgré les conseils, sort le 16 avril.

Le 5 mai,la malade rentre dans un état désespéré. Dyspnée intense, cyanose des lèvres et des ongles. Fièvre très élevée, amaigrissement extrême. À l’auscullation, très gros ràles humides aux deux sommets, ràles fins et serrés dans loute l'étendue des deux poumons. Le foie, extrêmement augmenté de volume, descend jusqu'au niveau de la crête iliaque. Il y à une petite quantité

SOI ERE d'albumine dans les urines. La grossesse continue sans incidents. Depuis près d’un mois, la mère percoit les mouvements actifs du fœtus.

L'utétus remonte jusqu’à l'ombilic. La grossesse semble d'environ cinq mois et demi. Le surlendemain 7 mai, la malade suecombait. Elle était dans un demi-coma, sans connaissance depuis 24 heures et les mouvements fælaux n'ont pu être perçus pendant cette période.

Aulopsie. — Poumons parsemés de très nombreuses granulations assez volumineuses, caséifiées et jaunatres à leur centre. Au sommet gauche, lésions légères. A droite, infiltration caséeuse de tout le lobe supérieur creusé de deux petites cavernules. Granulations dans les reins. Au foie, tubercule caséeux de la grosseur d’un petit pois.

L'utérus est enlevé lout entier avec son contenu et transporté Sur une autre table. Il est soigneusement essuyé de toule trace sanguine. Toutes les opérations suivantes ont élé exécutées avec des instruments stérilisés et dans des conditions d'asepsie aussi rigoureuses que possible.

À l'ouverture de la ligne médiane, il s'écoule une quantilé normale de liquide amniotique.

Le muscle utérin semble normal et n'offre sur les surfaces de section aucune granulation tuberculeuse.

Le placenta, de même, paraît absolument sain macroscopiquement. Un cobaye est inoculé immédiatement au flanc droit sous la peau avec une certaine quantité de substance placentaire préalablement réduite en bouillie.

Fœlus. — Son volume est à peu près celui d’un fœtus de cinq mois. Sa cavité péritonéale étant ouverte avec de nouveaux instruments, on prélève un fragment de foie

qui, réduit en bouillie, est inoculé dans le flane gauche d'un deuxième cobaye, également sous la peau.

Les différents organes sont ensuite examinés. Pas d’altérations macroscopiques tubereuleuses.

Résullats des inoculalions. — Les deux cobayes inoculés ont été réunis à un troisième cobaye témoin, qui s’est montré plus tard indemne de toute lésion tuberéuleuse.

Au bout de cinq semaines, les deux cobayes inoculés se trouvaient encore en parfaite santé; mäis au flanc droit, le cobaye n° 1 présentait déjà un petit chanere accompagné de gros ganglions dans l’aine correspondante. Mêmes constatations chez le cobaye n° 2, cette fois à gauche. Ces deux lésions correspondent évidemment aux points inoculés. Les jours suivants, le cobaye n° 1 {inoculation placentaire) maigrit, se cacheclise rapidement. Son chancre s’ulcère, suppure. Il meurt le 16

juillet. L’autopsie montre de gros ganglions caséeux,

inguinaux, certains entièrement ramollis. IE y avait quelques granulafions dans la rate et dans le foie. Dans les coupes, outre les lésions cellulaires tuberculeuses (foyer caséeux, cellules géantes), bacilles espacés, peu nombreux mais caractéristiques.

Le cobaye n beaucoup plus tard. Sacrifié le 9 août, il montra’ des

2 {inoculatior épalique) s’amaigrit re oculation hépaliqu g

lésions moins profondes que le cobaye inoculé avec le placenta (quoique la date de lPinoculation se trouvàt plus éloignée). Il y avait aussi quelques ganglions caséeux et ramollis; mais, en dehors de quelques granulations spléniques discrètes, les autres organes étaient sains. [ei aus&i, bacilles à peu près dans la même proportion. Examen histologique. -- Sur les coupes du placenta on n’aperçoit aucune lésion tuberculeuse ni infiltration embryonaaire, ni foyer dé nécrose, ni cellules géantes.

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