‹ De La Tuberculose Du Corps De L'UtérusChapitre 13 sur 44 · II. RECHERCHES DE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

II. RECHERCHES DE LABORATOIRE

Devant la fragilité de l'examen clinique, et devant la nécessité d'établir un diagnostic précoce permettant un traitement également précoce, le seul radical, les auteurs ont demandé au laboratoire de les seconder. « Il faut renoncer en dehors de cas très rares à demander à la £linique plus qu’elle ne peut donner et prendre son parti de reconnaître la tuberculose génitale à l'opération ou à l’examen histologique », disait J.-L. Faure au congrès de Rome de 1902 ; Moulonguet, en 1933, résumant l'opinion actuelle des auteurs, concluait dans le même sens. C’est ainsi que l'étude systématique de tout curettage utérin chez des malades n’ayant qu’un syndrome métritique banal a permis de déceler la tuberculose du corps utérin.

Martin, sur 1.500 examens ainsi faits, décèle 22 fois ja tuberculose utérine et si l'examen clinique permet le soupçon, seul le laboratoire permet l’affirmative. Quels moyens avons-nous à notre disposition

1° Les réactions sérologiques, le Vernes, le Bedsredka, sont bien inconstantes.

2° L’iodure, jadis employé, est d’un danger trop grand.

3° L'exämen direct des mucosités, des pertes leucorrhéiques du pus est délicat. Gupta, Morris, cités par Moulonguet, ont trouvé 4 résultats positifs, mais il faut bien différencier les saprophytes acido-résistants des voies génitales du bacille tuberculeux.

4° « Au cours de ces métrites à allure insolite, il 5era prudent de recueïllir à la curette quelques débris de muqueuse pour faire l’étude microscopique, ainsi que de rechercher le BK dans les sécrétions (Siredey). L’anatomie pathologique se montre en effet beaucoup plus efficace et la plus certaine, les statistiques de Martin, Kelley, Cullen, Miller, Keogh l'ont prouvé ; cependant, ce curettage est d’une technique à préciser et malgré tout présente certain danger pratiqué dans un utérus fragilisé par une tuberculose rongeant et tarodant sa paroi. « Utile et indiqué dans certains cas, le curettage ne saurait être à bon droit vulgarisé comme il paraît l’être dans les pays de littérature allemande » (Moulonguet). Cependant, fait dans un but biopsique, la majorité des auteurs se rallient à sa nécessité et préconisent son emploi dans tout syndrome métritique n’ayant pas fait sa preuve. Ce curettage est en outre dangereux, car, en ouvrant quantité de petits vaisseaux, il risque d'amener une septicémie bacillaire ou tout au moins, en créant malgré tout une certaine perturbation anatomique, de déclancher une pelvi-péritonite.

Ses résultats sont interprétés différemment ; si beaucoup d'auteurs en ont été satisfaits, certains comme Brocq admettent que les fragments de muqueuse retirés ainsi ne permettent que rarement l’examen histologique-de valeur. Caffier rapporte un cas où l’histo-pathologie laisse hésitant le diagnostic entre la tuberculose et la syphilis. Cependant sa nécessité est grande et entre de nombreuses observations, celle de Tourneux (SOG, 1921) le prouve dans un cas de métrorragie.

5° L’inoculation au cobaye des produits de sécrétion a

pu dans certains cas donner des résultats (Daniel). Cependant, il a l'inconvénient d’être lent ; signalons à ce sujet les études entreprises ces derniers temps pour obtenir des résultats plus rapides en soumettant l’animal inoculé aux rayons X.

6° Le lipiodol-diagnostic doit être également signalé ; il pourrait dans certains cas permettre d'éliminer le cancer du corps, montrer la perméabilité tubaire ; ce procédé, utilisé dans la recherche de trajets fistuleux, paraît inoffensif et même dans certains cas avoir une action thérapeutique réelle.

7° La culture sur milieux spéciaux, notamment celui de Lowenstein, semble devoir donner également de bons résultats.

8° L’hystérométrie, dangereuse dans ces cas, ne donne aucun résultat au point de vue tuberculose, elle aiderait à éliminer le diagnostic de fibrome si souvent posé dans le cas-de tuberculose.

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