CHAPITRE IX
OBSERVATIONS I. —— TUBERCULOSE DU CORPS UTÉRIN ISOLÉ, O8s. I. — Daniel et À. Babes (Tuberculose fongueuse du
corps utérin. Société de gynécologie de Bucarest, séance du
30 mars 1924, in Société d’obs. et gyn., août 1925).
Marie Sava, 50 ans, ménagère, entrée le 28 janvier 1924.
AH ES RTASS.
A. P. — Réglée à 15 ans; menstruation régulière toutes les trois semaines ; dure huit à dix jours, avec douleur et indisposition générale.
Mariée à 16 ans : six grossesses à terme, trois avortements provoqués, règles disparues depuis trois ans.
Maladie actuelle. — Depuis environ un an et demi, la malade se plaint de douleur dans l’hypogastre et la fosse iliaque ; douleurs légères intermittentes au début, intenses et continues par la suite. L'apparition d’un écoulement mucopurulent, sale et fétide, abondant, provoque son entrée à la clinique.
Depuis un an, pertes hémorragiques abondantes de courte durée, survenant tous les huit à dix jours, tantôt plus rarement. Pas d’autres troubles fonctionnels de voisinage ou à distance ; la température est normale, l’état général assez satisfaisant ; les poumons sont indemnes ; B W, négatif.
Urée, 0,44 p. 100.
Urines normales.
Examen génital. — Léger prolapsus vaginal. Col utérin un peu augmenté de volume, de consistance moyenne ; corps utérin, rétroversion réductible; augmenté de volume; globuleux: annexes normales.
Spéculum : le col est volumineux, l’orifice externe tranversal d’où sort un liquide sanguinolent.
Curettage explorateur 15/2/24. Biopsie : pas de lésions carcinomateuse.
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Opération 3/3/24. Rachianesthésie à la syncaïne 0,12 cg. Hystérectomie vaginale (Daniel). Pendant l’hémisection antérieure, apparition, au fond de l’utérus, d’une tumeur arrondie sessile, de dimension d’une noix verte, prise pour une tumeur maligne ; utérus enlevé ; on laisse les annexes reconnues saines ; ligature des péducules, rétrécissement de l’ouverture vaginale, mèche dans le bassin, retirée au bout de trois jours. Guérison, quinze jours ; sortie le 3 avril 24.
Examen anatomo-pathologique
1° Biopsie du fragment retiré par curettage explorateur (Babes). Prédominance du stroma de la muqueuse sur les éléments glandulaires Le stroma contient une grande quantité de lymphocytes et de mononucléaires eosinophiles ; les vaisseaux de la muqueuse, dilatés, pleins de sang, contiennent un grand nombre de polynucléaires. Entre les éléments du stroma, nombre plus grand de globules rouges, retrouvés également à l’intérieur de quelques glandes.
Glandes : rares,-de formes et dimensions variables, les unes grandes et même kystiques ; Fépithélium de ces glandes est formé;-en général, de plusieurs couches de cellules, au noyau rond, petit et pâle. ,
Diagnostic : métrite interstitielle du corps utérin avec vive prolifération de l’épithéliuim glandulaire sans atypie.
Examen de l’utérus après l’opération
a) Macroscopique : long de 9 cm., présente une augmentation du diamètre transversal et antéropostérieur donnant à l’organe la forme et la grosseur d’une orange moyenne. Portion vaginale du col réduite.
Section de l’utérus : Dans la cavité du corps, tumeur de dimension d’une petite pomme, implantée sur la paroi postérieure, occupe toute la cavité de l’organe. La muqueuse du corps, au niveau de la tumeur, présente un aspect irrégulier avec saillies sous forme de végétations plus ou moins grandes. La muqueuse de la paroi antérieure a un aspect irrégulier avec végétations très fines lui donnant un aspect velouté ; à la section de la tumeur, la muqueuse la recouvrant est très épaisse. Dans la muqueuse et surtout dans la musculeuse, série de petites cavités, de dimension d’un grain de mil jusqu’à un grain de chanvre, remplies de pus jaune-vert bien lié. Dans la musculeuse, on reconnaît, en outre, un grand nombre de vaisseaux épaissis.
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b) Microscopique : La surface de la muqueuse est irrégulière, grâce à la présence d’élevures, sous formes de végétations de la muqueuse ; l’épithélium de revêtement manque, les glandes de la muqueuse sont très rares ; elles ont une cavité dilatée, et l’épithélium est formé de plusieurs couches de cellules au noyau allongé ou rond, irrégulier,
Le reste de la muqueuse, ainsi que les végétations de la surface de celle-ci, présente une infiltration cellulaire formée en majorité de cellules rondes, les unes ayant un noyau plus grand et plus pâle que celui des lymphocytes ; les autres. semblables à celui de ces lymphocytes. Quelques leucocytes éosinophiles. En certains endroits, pénétration des glandes dans les couches superficielles de la muqueuse, glandes accompagnées d’une infiltration de petits nodules équivalents à ceux décrits plus haut.
Les sections pratiquées au niveau des végétations montrent la même structure que celles des végétations au niveau de la tumeur.
A la section des cavités de la musculeuse, on constate une partie centrale formée d’une masse nécrotique et irrégulière, avec des restes de noyaux fragmentés.
La paroi est formée d’un stroma cellulaire avec cellule de forme et de dimensions variables, les unes ressemblant aux lymphocytes, les autres aux cellules du stroma de la muqueuse utérine. Dans ce stroma, on trouve éparpillées quelques rares glandes utérines et nombreuses cellules géantes isolées.
Diagnostic : métrite interstitielle tuberculeuse à forme hypertrophique.
O8s. II. — Bardou et André (Société d’obstétrique et gynécologie 1928)
Diagnostic porté : néoplasme du corps utérin. Après l’opération, un prélèvement montre une tuberculose limitée au corps. Traitement consécutif : rayons U. V.
Clinique : Forme hémorragique ; pas de pertes blanches habituelles, d’où erreur. Seule, l’histologie peut donner le diagnostic, ce qui prouve le curettage préparatoire nécessaire.
Os. IT. — Cornil (Bulletin de la Société anatomique 1887, p. 270 ; in Daniel, La Gynécologie, 1925).
Tuberculose de la muqueuse utérine chez une femme morte de tuberculose pulmonaire.
Nécro : Utérus gros en rétroffexion, la cavité du corps est dilatée par un pus granuleux qui la tapisse en une couche
RTS en
uniforme et qui s’est substitué à la muqueuse que l’examen histologique montre entièrement absente. Pas de tuberculose
tubo-ovarienne ; cependant, quelques granulations péritonéales.
O8s. IV. — Goullioud (Lyon Chirurgical, 1913).
Femme de 54 ans, ménopausée, présentant des pertes sanieuses et de petites hémorragies. Trois enfants tuberculeux pulmonaires.
La maladie débute par une fièvre inexpliquée, et le mois suivant, perte brusque d’ «eau de riz», puis pertes blancrosées. Deux mois après, la fièvre reprend, pleurite droite, pertes blanches suspectes. Dix mois après, une dilatation utérine donne ur vaseum blanchâtre. Hystérectomie. A l’examen histologique, la muqueuse et une partie de la musculeuse sousjacente sont inflltrées de tubercules petits très nombreux quelquefois isolés, d’autres fois confluents ; pas de caséification centrale. Quelques granulations de la trompe droite. Suites opératoires normales. Mort par localisation tuberculeuse cérébrale.
O8s. V. — Tourneux (S. O. G., 1921. Tuberculose primitive du corps ; in Daniel, La Gynécologie, 1925).
Femme de 44 ans : Leucorrhée, métrorragie utérus et annexes normales. Diagnostic : métrite banale.
Curettage : débris de muqueuse avec lésions tuberculeuses.
Hystérectomie abdominale totale : annexes normales, endomctrite tuberculeuse jusqu’au milieu du canal cervical. Le chorion contenait des follicules tuberculeux dont certains tendaient à évoluer vers l’ulcération, musculeuse intacte
Ogs. V. — Miller (in thèse Gorovitz, Paris, 1902). Bactériologie de la cavité utérine : Deux cas de tuberculose limitée au corps utérin. Trompes indemnes.
O8s. VII. —— Henkel (S. O. G. Berlin, 1903) ; in Daniel (La Gynécologie, 1925).
Tuberculose primitive du corps utérin et atresie du col.
Dysménorrhée sans perte de sang avec utérus rétroversé. Méningite, mort ; noyau tuberculeux au fond du corps utérin.