A. ETUDE MACROSCOPIQUE
La tuberculose du corps de l’utérus se présente sous les quatre aspects suivants, principaux :
I. L’endométrite tuberculeuse forme la plus fréquente de la lésion pouvant revêtir 3 allures principales
a) la forme miliaire surtout fréquente dans la tuberculose utérine secondaire à la tuberculose tubaire (P' Jeanneney, S. O. G., 1928), caractérisée par des granulations jaunâtres disséminées sur la muqueuse utérine, laissant par place l’épithélium intact, quelquefois coalescentes, établissant ainsi tous stades de passage avec
b) la forme ulcéro-caséeuse, type d’ulcération tuberculeuse débutant par des follicules tuberculeux dans le chorion de la muqueuse pour aboutir aux ulcérations (P' Jeanneney) « ulcération arrondie ou ovalaire, à fond irrégulier avec enduit caséeux (Gorovitz), à bords déchiquetés entourés de granulations jaunâtres, pouvant corroder la muqueuse et atteindre la musculeuse par lymphangite tuberculeuse.
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€) Plus rare, plus difficilement diagnosticable à la vue existe une troisième forme d’endométrite tuberculeuse : Ja forme hypertrophique végétante fongueuse, d'aspect tumoral, irrégulière, envahissant la lumière utérine et pouvant ainsi que la forme ulcéro-caséeuse amener une pyométrie tuberculeuse par dégénérescence caséeuse des tissus, après avoir envahi le muscle (Chevrier, Derval, obs.).
II. La tuberculose localisée au myomètre a surtout été étudiée au point de vue anatomopathologique grâce aux observations de Watkins, Alessandri, du P' Jeanneney, du P' Bégouin. La muqueuse intacte montre bien le mode d’arrivée sanguine de l'infection. À la coupe de la musculeuse, nous rencontrons soit un noyau tuberculeux souvent caséifié, du volume d’une orange dans une observation du P' Bégouin (obs.) dans celle d’Alessandri, il s'agissait d’un véritable abcès froid du muscle utérin, soit comme dans le cas du P' Jeanneney, un envahissement du muscle utérin par des tubercules caséifiés.
II. Troisième forme très rare, la tuberculose interstitielle sclérosante demande une étude complète de la pièce anatomique pour découvrir des lésions tuberculeuses typiques ; on n’y trouve jamais de nodules tuberculeux, quelquefois seulement des follicules dissiminés.
IV. Moulonguet rattache à la tuberculose utérine une forme anatomique spéciale « l’infantilisme utérin », état que l’on retrouve dans certaines observations de tuberculose utérine évoluée et qui pour lui serait peut-être « une conséquence des troubles hormoniques d’origine tuberculeuse dont le siège serait à l’ovaire, l’hypophyse ou autres glandes ». Dans certains cas l’utérus est « gros comme une noix » (Thèse Bicig, Montpellier, 1914).
Evolution. Ces lésions utérines évoluent peu à peu et nous retrouvons bientôt au col les mêmes formes anatomiques qu’au corps, l'infection remontant le tractus génital va bientôt également s’emparer de la trompe et Daniel montre les
2H 9 hypothèses anatomiques permettant de supposer quand les lésions utérine et tubaires coexistent le cas où le point de départ de l'atteinte tuberculeuse s’est fait sur le corps : « la bilatéralité des salpingites tuberculeuses, la prédominance au début de lésions utérines, la fréquence de perméabilité de l’ostium abdominale » dit Daniel « sont en faveur d’une extension utérine ». Nous ajouterons, avec le P' Jeanneney, une notion plus certaine : c’est le peu d'importance et d’étendue des lésions tubaires par rapport à la lésion utérine qui permet de se rendre compte que la trompe n’est pas le siège du processus initial. Bientôt par continuité, par la trompe, par les lymphatiques, l’atteinte péritonéale se crée, et la péritonite tuberculeuse serait toujours la suite de lésions génitales (Sponelli, Leuret).