‹ De la tuberculose du pharynx et de l'angine tuberculeuseChapitre 16 sur 43 · LÉSIONS DE LA MUQUEUSE · texte numérisé non relu

LÉSIONS DE LA MUQUEUSE

cifié, granuleux, il se détache aisément; — le cborion muqueux, étouffé par la néoformation, est pâle et anémié; les éléments glandulaires sont repoiissés par les tubercules ; les vaisseaux, au niveau desquels ceux-ci se développent de préférence, sont enflammés, leur membrane interne est proliférée, leur calibre est rempb par une masse granuleuse dans laquelle on distingue de nombreux globules blancs. — L'infiltration embryonnaire ambiante se prolonge ordinairement suivant des traînées longitudinales qui paraissent correspondre aux espaces lymphatiques.

Les ulcérations, lorsqu'elles se développent, sont le résultat direct de l'abaissement de vitalité produit par l'accumulation des tubercules dans la muqueuse. — Elles débutent, comme nous l'avons dit, par la chute de l'épithélium : celui-ci, resté remarquablement sain dans les preaiières phases, s'altère et devient granuleux lorsque les couches sous-jacentes sont envahies par les tubercules ; il se détache et tombe pour ne plus se reproduire. — Les granulations se trouvent ainsi mises à nu; il est rare qu'elles soient tout à fait caséifîées; elles ne peuvent donc se vider tout d'un coup, comme les foyers caséeux du poumon par exemple, mais les éléments en dégénérescence granulo-graisseuse qu'elles renferment achèvent rapidement de se mortifier ; ils sont éliminés peu à peu, pendant qu'un travail inflammatoire et suppuratif s'étabht dans la zone embryonnaire hmitante, et ainsi se trouve constituée l'ulcération, d'abord très petite, punctiforme, mais qui ne tarde pas à s'agrandir.

L'ulcération une fois constituée entretient an travail phlegmasique dont le résultat est de modifier sensiblement les caractères histologiques de la muqueuse atteinte. — Si, en effet, on pratique une coupe à travers une ulcération pharyngienne, on ne découvre ni au fond ni sur les bords des granulations tuberculeuses comme celles que nous avons décrites : les bords de l'ulcère sont formés par des masses de

tissu embryonnaire tout à fait semblable à celui des bourgeons charnus; les parties centrales, surtout si l'ulcère est ancien, ont subi la transformation fibreuse et ne présentent plus que des faisceaux amorphes, d'épaisseur variable, dans les interstices desquels on distingue encore une certaine quantité de cellules rondes.

A quelque distance des bords de l'ulcération, les granulations tuberculeuses se retrouvent avec tous leurs caractères, et dans les formes chroniques, où l'ulcération se fait tardivement, il n'est pas rare d'en voir des amas considérables, logés dans le tissu sous-muqueux. — Au contraire, dans les formes aiguës, où les ulcérations se font d'une manière précoce, et deviennent lapidement confluentes, il peut arriver que les granulations, détruites ou masquées par l'inflammation ulcérative, deviennent méconnaissables, et alors on les cherche vainement dans toutes les parties du pharynx. — Ce fait s'est présenté, dans notre observation 111 : les lésions étaient tellement avancées, tellement générales, que les granulations passées à l'état fibreux étaient difficiles à j^econnaître, et, pour en trouver de parfaitement nettes, nous avons dû aller les chercher sur les hmites du mal, dans des points respectés par l'ulcération.

Peut-être est-ce là, comme le fait remarquer M. Laveran (1), qu'il faut chercher l'explication des difficultés que plusieurs auteurs ont rencontrées à déterminer la nature tuberculeuse des ulcérations du pharynx et les doutes qu'ils paraissent avoir conservés relativement à l'existence de la granulation mihaire dans cette partie du tube digestif.

Nous en avons dit assez sur les altérations histologiques de la muqueuse pour faire comprendre quelle est la marche et quels sont les résultats du travail ulcératif. — Venons maintenant aux lésions des autres organes constitutifs de la paroi

H) Laveran, Bull de la Soc, méd. des hôpitaux, 1877.

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