LÉSIONS DE LA MUQUEUSE
des muscles, des \aisseaux sanguins, enfin des vaisseaux et des ganglions lymphatiques.
A. Lésions de la muqueuse. — Les lésions de la muqueuse sont les plus constantes, celles qui ne manquent pour ainsi dire jamais : elles peuvent être isolées jusqu'à la fin, et les organes sous-jacents échapper à toute altération. C'est ce qui existait dans notre observation IV, fait qui nous a été fort utile par la facilité qu'il nous a fournie d'étudier l'infiltration tuberculeuse à son début, et dégagée de toute complication inflammatoire.
Étant donnée une plaque d'infiltration tuberculeuse à sa première période, et avant toute ulcération, lorsqu'on examine à un grossissement suffisant une coupe fine de la muqueuse pharyngienne, préalablement colorée par le picrocarminate d'ammoniaque, on aperçoit dans la couche sous-épithéliale, et dans le tissu plus lâche qui la double, une série de petites masses, de 60 à 100 \j. de diamètre, fortement colorées en rouge, et qui semblent enchâssées dans le tissu conjonctif de la muqueuse ; ces petites masses sont arrondies ou ovoïdes, à grand axe parallèle au plan de la surface de la muqueuse ; tantôt elles sont nettement isolées, d'autres fois elles se touchent par leurs bords, mais toujours il est facile de les distinguer les unes des autres. Elles sont constituées par une agglomération de petits éléments ayant à peu près la dimension des cellules lymphatiques ou des globules blancs, formés d'un noyau nucléolé entouré d'une petite quantité de protoplasma, serrés les uns contre les autres ou à peine séparés par une matière intercellulaire peu abondante. — Les éléments cellulaires, très nombreux au centre du nodule, s'écartent peu à peu à la périphérie et s'infiltrent d'une manière diffuse dans les mailles du tissu conjonctif ambiant.
Ces nodules offrent, comme on le voit, tous les caractères des granulations tuberculeuses à la période embryonnaire, telles qu'on les peut voir dans les travées conjonctives de&
poumons, dans le foie et aussi dans les muqueuses. Ils sont très nombreux et très faciles à voir dans les nodosités tuberculeuses récentes.
A cette phase, la muqueuse ainsi infiltrée présente peu d'altérations ; le revêtement épithélial en couches stratifiées est intact ; les vaisseaux, du moins ceux d'un certain cahbre, sont volumineux et dilatés.
A un degré plus avancé qui précède immédiatement l'ulcération, on trouve les lésions plus intenses ; les granulations tuberculeuses sont augmentées de volume; elles atteignent un diamètre de 200 à 300 p., et sont alors visibles à l'œil nu. Au centre se voit une zone granuleuse, mal colorée par le carmin, dans laquelle les éléments fondus ensemble tendent à la caséifîcation ; sur les limites de cette zone, on distingue un ou plusieurs de ces corps singuliers, désignés par les Allemands sous le nom de cellules géantes ou cellules gigantesques ; — ces corps d'un \olume considérable, 30 à 60 de diamètre, sont tantôt arrondis, plus souvent ovales ou irrégulièrement triangulaires. — On leur découvre dans les cas favorables un nombre variable de prolongements qui peuvent toutefois manquer complètement. Leur surface est brillante, leur coloration jaunâtre, et dans leur épaisseur, ordinairement près de la périphérie, on dislingue des cellules à noyau, rangées en cercle plus ou moins complet; enfin, le corps entier de la cellule et de ses prolongements est remph de fines granulations. — des éléments ne sont pas constants ; ils ne se rencontrent que dans les granulations volumineuses et déjà vieilles; nous ne nous y arrêterons pas davantage pour le moment. — A la périphérie de la granulation, on trouve une zone assez large de prohfération embryonnaire qui envahit toute l'épaisseur de la muqueuse ordinairement très hypertrophiée.
Les lésions de ce degré peuvent exister sans qu'il y ait d'ulcération, mais celle-ci est ordinairement imminente. — Au niveau des amas de granulations, l'épithélium est opa-