PRONOSTIC
ptomatique de la phthisié pulmonaire aiguë, le pronostic n'est pas meilleur : le danger très prochain résulte non plus des lésions pharyngées, mais bien des altérations pulmonaires, dont la marche rapide et irrémissible ne laisse aucune place à l'espoir. — Dans un cas de granulie aiguë à symptômes typhoïdes dont le diagnostic serait resté incertain, l'apparition de l'angine tuberculeuse aiguë avec les phénomènes que nous avons décrits suffirait à lever tous les doutes, et ne permettrait pas de conserver la moindre incertitude sur l'imminence d'une terminaison funeste.
Dans la forme chronique, si le pronostic n'est pas meilleur, du moins l'échéance fatale n'est pas aussi courte. Les cas, assez rares il est \rai, oii une ulcération à marche chronique s'est développée primitivement sur une amygdale ou sur le voile du palais, sans que le larynx soit intéressé, ces cas sont les plus favorables : on a vu, dans de tels faits, l'évolution de la maladie se faire avec beaucoup de lenteur, et les symptômes graves mettre plusieurs mois à se développer. — Nous observons nous-même en ce moment un malade (Obs. VI) qui est atteint depuis quatre mois déjà d'une ulcération tuberculeuse de l'amygdale gauche, suivie au bout de quelque temps d'une altération analogue de l'amygdale droite : — sa santé générale, malgré des signes évidents de phthisié, est encore très satisfaisante, et la lésion locale, à condition qu'on ne la tourmente pas par des cautérisations intempestives, ne fait pas de progrès sensibles.
La marche est plus rapide, et le pronostic par conséquent plus immédiatement grave, quand les ulcérations pharyngées sont consécutives à une tubercuhsation du larynx. Dans ce cas^ en effet, l'évolution même de la maladie indique une tendance envahissante qui ne peut qu'aller en se développant. De plus, le malade, déjà cachectisé par l'effet de son angine et des troubles de l'ahmentation qui en sont la conséquence, est encore exposé à une autre cause de mort : la suffocation
par œdème glottique, ou, pour mieux dire, par infiltration tuberculeuse des replis ary-épiglottiques. Cet accident peut survenir d'une manière foudroyante, et mettre le malade dans une situation désespérée, à une époque où le degré d'intensité des lésions gutturales permettait de pronostiquer une survie encore assez longue. — Notre observation V présente un exemple des faits de ce genre.
§ 2. — Traitement.
En entreprenant de parler du traitement de l'angine tuberculeuse, nous ne nous proposons pas de faire connaître aucun moyen actif à employer contre cette redoutable maladie : comme nous l'avons déjà fait pressentir à propos du pronostic, la médecine est impuissante à guérir ou même à enrayer sérieusement la tuberculisation du pharynx^ et la principale préoccupation du médecin placé en face de cette affection doit être de ne pas nuire. — Cependant plusieurs moyens thérapeutiques ont été préconisés successivement, et employés tour à tour par divers médecins : quelques-uns ont produit, sinon une grande amélioration, du moins un soulagement réel, et à ce titre ils méritent d'être conservés.
Les cautérisations, inutiles et même nuisibles dans les formes aiguës, ont paru produire parfois de bons résultats dans les formes chroniques, oii on peut espérer favoriser la transformation fibreuse des tubercules ulcérés. — On a employé dans ce but un grand nombre de substances différentes.
lu acide chromique concentré a donné de bons résultats chez une malade d'Isambert, dont l'état avait été fort aggravé par un traitement mercuriel intempestif : on vit les surfaces se déterger, la douleur et la suffocation diminuer rapidement.
La teinture d'iode a produit des effets satisfaisants chez un malade de M. Féréol, et chez un autre de M. Vulpian : —