‹ De la tuberculose du pharynx et de l'angine tuberculeuseChapitre 9 sur 43 · ANATOMIE NORMALE · texte numérisé non relu

ANATOMIE NORMALE

muqueuse , soit dans les petites cryptes folliculaires.

La muqueuse 'pharyngienne varie beaucoup dans son aspect et dans sa structure, selon qu'on examine sa portion nasale, ou sa portion pharyngienne proprement dite.

La portion nasale, d'une coloration rosée ou même rouge, offre une surface inégale, comme mamelonnée ; cet aspect, surtout prononcé à la face postérieure du voile du palais, est dû aux glandes nombreuses qui soulèvent la muqueuse. Celleci est revêtue d'un épithélium cylindrique à cils vibratiles qui plus bas fait place, tantôt brusquement, tantôt par des modifications graduelles, à Tépilhélium pavimenteux du canal pharyngien.

Le stroma de la muqueuse présente, dans cette même portion nasale, des caractères tout particuliers : il est infiltré de tissu adénoïde, ou cytogène, formé par un réticulum à mailles fines dans lesquelles sont logées des cellules lymphatiques. Ce tissu adénoïde est si abondant à la partie moyenne de la voûte, correspondant à l'apophyse basilaire, qu'il forme en ce point un bourrelet de près de 6 millimètres d'épaisseur, auquel les Allemands ont donné le nom ^'amygdale pharyngienne (Rachentonsille). — Cette partie présente des phcatures, des sillons qui la divisent en une série de bourrelets, ou plutôt de crêtes parallèles, à direction antéro-postérieure. Au microscope on découvre des follicules bien limités, rangés autour des dépressions lacunaires, et reproduisant exactement la structure des amygdales proprement dites.

Sur les côtés de l'amygdale pharyngienne, se voient les orifices des trompes d'Eustache, dont la portion cartilagineuse forme en avant et en bas une sorte de bourrelet ; — plus en arrière, entre l'orifice de la trompe et la paroi postérieure, est une fossette appelée, par certains auteurs, fossette de Rosenmiiller. La muqueuse qui revêt ces parties est très riche en folhcules clos ; au-dessous d'elle se trouve une couche épaisse de glandes acineuses, dont les conduits excréteurs

traversent fréquemment un follicule, pour venir aboutir dans une dépression qui en occupe le sommet.

Les vaisseaux lymphatiques forment un réseau assez serré dans la muqueuse ; les troncs qui en émanent traversent les interstices des faisceaux musculaires pour se rendre à deux ganglions situés au devant de l'aponévrose prévertébrale, à peu de distance de la base du crâne.

Dans la portion pharyngienne proprement dite, seule visible à l'examen direct par la bouche, la muqueuseprésenteune coloration d'un gris rosé ; sa surface, principalement dansla région la plus élevée, est souvent inégale, mamelonnée, aspect qui n'a rien de pathologique et qui est dû à la présence des foUicules disséminés dans la couche sous-épi théhale. — La muqueuse, revêtue d'un épithélium pavimenteux stratifié moins épais que celui de la bouche, est très riche en fibres élastiques, remarquables sous le microscope parleur finesse, leur cahbre uniforme et leur coloration d'un jaune verdâtre.

Comme nous venons de le dire, des follicules adénoïdes, simples ou composés, sont disséminés dans les diverses régions, surtout à la partie supérieure de la face postérieure ; on en trouve parfois aussi quelques-uns sur l'épiglotte, les replis glosso-épiglottiques, et la face postérieure du cartilage cricoïde.

Les capillaires sanguins forment dansla muqueuse un riche réseau, susceptible de se dilater énormément en cas d'inflammation ; des veines volumineuses, disposées en trame à larges mailles, circulent dans la couche sous-muqueuse ; elles présentent souvent des varicosités.

Les lymphatiques vont aboutir à un groupe nombreux de ganglions situés près de la grande corne de l'os hyoïde.

§ 2. — Lésions visibles à Tceil nu.

La tubercuhsation pharyngée, étudiée sans le secours du microscope, présente dans son évolution deux phases succès-

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