‹ De la tuberculose du pharynx et de l'angine tuberculeuseChapitre 27 sur 41 · TROUBLES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

TROUBLES FONCTIONNELS

s'expliquerait par la dilatation que subit l’orifice de la trompe, lorsque le muscle péri-staphylin externe se contracte. Fraenkel (1) n’admet pas cette interprétation ; chez ceux de ses malades qui ont présenté des douleurs d’oreilles, l’examen rhinoscopique ne lui a montré aucune lésion des trompes : il est donc disposé à croire qu’il s’agit d’une sensation réflexe, transmise par le rameau de Jacobson et par le glossopharvngien. — Nous devons dire que notre observation est tout en faveur de l’opinion de Traube; chez le malade auquel nous avons déjà fait allusion, il existait des ulcérations profondes qui avaient détruit presque entièrement le revê- * tement muqueux de l’extrémité de la trompe.

C’est ici le lieu de parler de la surdité qui, chez notre ma lade, a accompagné les douleurs d’oreilles et qui nous a paru reconnaître les mêmes causes. Ce phénomène est signalé dans une des observations d’Isambert, mais il semble avoir passé inaperçu : du moins n’a-t-il pas été relevé par l’auteur, dont le mémoire déjà plusieurs fois cité ne mentionne aucune altération du sens de l’ouïe. Chez notre malade, la surdité s’est montrée avec des caractères trop évidents pour que nous n’en fussions pas frappé. En même temps que les douleurs d’oreilles, s’était manifestée une certaine dureté de l’ouïe, qui étonna d’autant plus que jamais le malade n’avait éprouvé aucun trouble de l’appareil auditif. Bientôt la surdité augmenta progressivement, et atteignit un degré marqué : dans les dernières semaines on avait toutes les peines du monde à se faire entendre du malade. A cette époque, le mouvement d’une montre, perceptible normalement à une distance de plus d’un mètre, n’était entendu par l’oreille droite du malade qu’à une distance de 4 centimètres, et n’était perçu par l’oreille gauche que lorsqu’on appliquait la montre sur la paroi crânienne. — Nous n’avons pas besoin d’ajouter que ce malade ne présen-

(1) Fraenkel, Inc. cil., Berliner Klin. Wochensclir., 187G.

ÜAHTII.

tait ni écoulement par le conduit auditif, ni aucun signe d’otite moyenne.

Quelle était l’origine de cette abolition de l’ouïe? En l’absence de toute lésion de l’oreille capable de provoquer la surdité, nous sommes très porté à la rattacher aux lésions des trompes d’Eustache, qui étaient, comme nous l’avons dit, profondément ulcérées, et oblitérées à leur extrémité. Mais de nouvelles observations sont nécessaires pour que cette interprétation puisse être définitivement admise.

A côté de la paralysie incomplète du voile du palais sur # laquelle nous avons insisté, M. Vallin (1) a observé, chez un malade, une paralysie ou plutôt une parésie du nerf maxillaire inférieur. Chez cet individu, la sensibilité de la moitié droite de la lèvre inférieure et de la région mentonnière était presque entièrement abolie ; la mâchoire inférieure était tombante et les mouvements de mastication étaient faibles et difficiles. M. Vallin fut tenté de voir dans cette paralysie l’effet d’une inflammation ou d’une compression du nerf au voisinage des ulcérations profondes qui occupaient le voile du palais et l’isthme du gosier. — Malheureusement l’autopsie, incomplètement faite, ne permit pas de reconnaître si cette hypothèse était justifiée.

Pendant le début des redoutables accidents dont nous avons tracé le tableau, Y état général est d’ordinaire peu altéré, et souvent Y appareil respiratoire ne présente aucun symptôme de tuberculisation.

Dans ces formes en apparence primitives, et qui méritent mieux que les autres la dénomination de phthisie gutturale , le larynx n’est nullement altéré : la voix est nette, pure, et, en dehors de ce timbre nasonné que nous avons signalé, ne présente aucune modification; — il n’y a pas de toux, aucune gêne respiratoire. — L’examen laryngoscopique montre alors

(1) Vallin, Soc. mcd . des hôpitaux, 1876.

Page 1