ABRÉGÉ DES OBSERVATIONS PUBLIÉES PAR DIVERS AUTEURS
Observation VIII .
Julliard, Thèses de Paris, 1863. — Ulcérations tuberculeuses du pharynx.
Une femme de 45 ans toussait depuis deux mois et avait eu à diverses reprises des hémoptysies, quand elle fut prise de mal de gorge et d’une grande gêne de la déglutition. — Deux mois plus tard on constatait l’existence d’une ulcération assez profonde, à bords déchiquetés, occupant la luette et le voile du palais ; — il y avait des signes manifestes de tuberculose pulmonaire.
Les lésions gutturales s’aggravèrent rapidement, de nouvelles ulcérations se développèrent sur le pharynx : douleurs vives en avalant, salivation et sputation ; — enrouement révélant l’extension de la maladie au larynx. Au bout de quinze jours, mort par œdème glottique.
A l’autopsie, on trouva les ulcérations du voile, de la luette et du pharynx recouvertes d’un mucus visqueux. Excavations tuberculeuses
OBSERVATIONS
aux deux sommets. — Œdème des replis arÿ-épiglottiques ; quelques petites ulcérations dans le larynx. Ulcérations tuberculeuses de l’intestin.
Observation IX.
Julliard, loc. cit. — Tuberculose miliaire de la gorge.
Femme de 30 ans, atteinte depuis deux ans de tuberculose pulmonaire, éprouvait depuis plusieurs mois de l’enrouement, et des douleurs dans la gorge dues au développement d’une phthisie laryngée.
Pendant qu’elle était à l’hôpital, on vit se développer rapidement une tuberculisation miliaire du voile du palais, des amygdales et du pharynx. Il se produisit une salivation très abondante et un gonflement marqué des ganglions sous-maxillaires. — La malade succomba un mois après aux progrès de l’hecticité.
Il y avait dans le pharynx des ulcérations étendues, livides et blafardes; des ulcérations analogues se voyaient dans le larynx et jusque dans la trachée. 11 en existait quelques-unes dans l’intestin et dans l’estomac. — Les deux poumons étaient farcis de cavernes.
Observation X.
Julliard, loc. cit. — Phthisie pulmonaire; angine tuberculeuse.
Autre femme de 30 ans, atteinte depuis trois ans de tuberculose pulmonaire. Depuis sept semaines environ elle éprouvait de la sécheresse et quelques picotements dans la gorge. Pas d’enrouement.
Quand on l’examina, elle présentait des ulcérations sur la luette, le voile du palais, le fond du pharynx, tapissées de mucosités. — Tuberculose pulmonaire au 2° et au 3e degré. — Bientôt se manifestèrent des douleurs très vives au moment de la déglutition; — les ulcérations gutturales, malgré des cautérisations répétées à la teinture d’iode, prirent une extension rapide; il se développa un gonflement douloureux des ganglions sous-maxillaires. — La malade
tomba dans un état d’hecticité profonde, et succomba au bout de six semaines.
A l’autopsie, on trouva les parois pharyngiennes parsemées d’ulcérations superficielles à bords nets et saillants, tapissées d’un muco-pus tenace. — Autres ulcérations superficielles et peu nombreuses dans le larynx. Ulcérations tuberculeuses de l’intestin. — Infiltration tuberculeuse et cavernes dans les poumons.
Observation XI.
B. Wagner, Arch. fur Heilk. VI Jahrg. Heft 4. — Tuberculose miliaire
de la gorge.
Un homme de 44 ans succomba à une tuberculose chronique. — A l’autopsie, on trouva des tubercules dans les poumons, dans le foie, la rate, les reins, et dans le larynx. De plus, on rencontra à la racine de la langue et sur la face antérieure du voile du palais, de nombreuses ulcérations du diamètre d’une lentille, à bords blanchâtres fortement infiltrés, dont le fond était couvert de pus. La base de la langue dans toute son étendue, les parties latérales et la paroi postérieure du pharynx dans leur moitié supérieure montrèrent de petits nodules d’un gris rosé, du volume d’un grain de millet ou d’un grain de chènevis, autour desquels la muqueuse était médiocrement injectée et couverte de pus. En quelques points on voyait des ulcérations, les unes arrondies, les autres irrégulières, recouvertes d’un pus tenace.
L’examen microscopique a montré dans les nodules ci-dessus décrits les éléments du tubercule : petites cellules et noyaux la plupart ratatinés et en voie de dégénérescence, détritus granuleux, etc.
Les bords et le voisinage des ulcérations présentaient des éléments plus jeunes ; les noyaux étaient plus ronds et moins altérés. Dans l’épaisseur de la muqueuse fortement hypertrophiée, on remarquait de nombreuses proliférations nucléaires, qui semblaient se développer aux dépens des cellules du tissu conjonctif.
OBSERVATIONS
Observation XII.
E. Wagner, Arch. für Ilcilk. 1870, H. 6 et 1871, H. 1. — Tuberculisation
pharyngo-laryngée.
Dans un cas de phthisie pulmonaire chronique, on trouva dans le voile du palais, le pharynx et le larynx, un fort épaississement de la muqueuse, avec néoformation de tissu réticulé; — il y avait en plusieurs endroits des ulcérations.
Observation XIII.
E. Wagner, loc. cit. — Tuberculose généralisée ; angine tuberculeuse.
Chez un homme de 25 ans, on crut trouver, avec tous les signes d’une phthisie pulmonaire avancée, ceux d’une syphilis secondaire du pharynx. La luette et les piliers étaient rouges et tuméfiés, couverts en beaucoup de points d’un exsudât blanchâtre, et exulcérés dans quelques-uns de ces points. Sur la paroi postérieure se voyait une ulcération plus étendue, assez sèche, dont les environs étaient également d’un rouge vif et très gonflés. L’épiglotte aussi était fortement tuméfiée.
Le malade étant mort au bout de six semaines, l’autopsie montra les lésions ordinaires de la phthisie pulmonaire et intestinale avec néoformation d’éléments lymphoïdes groupés ou diffus, dans le voile du palais, le pharynx, le larynx, la plèvre costale et pulmonaire, le péritoine, le foie et les reins. Dans le pharynx, ce tissu de nouvelle formation pénétrait en certains points jusque dans les muscles.
Observation XIV.
S. Gee, S. Barthol. hosp. Reports, vol. VII, 1871. — Phthisie gutturale
aiguë simulant la diphthérie.
Georges Hammond, âgé de 8 ans, souffrait depuis quinze jours de
la gorge quand il fut amené â l’hôpital comme atteint de diphthérie. Fièvre intense et cachexie rapide. Dysphagie excessive ; expuition muco-purulente abondante; ulcération générale de la muqueuse pharyngée. Engorgement considérable des ganglions sous-maxillaires.
Mort huit jours après; à l’autopsie on constata une infiltration miliaire généralisée des deux poumons, du foie et de la rate. Depuis l’apophyse basilaire jusqu’au cartilage cricoïde, la muqueuse pharyngienne était entièrement détruite; les deux amygdales profondément excavées. Des ulcérations profondes situées au niveau des grandes ailes du cartilage thyroïde laissaient à nu le bord postérieur de ce cartilage. La membrane muqueuse de l’épiglotte, des replis ary-épiglottiques et de la face postérieure du cartilage cricoïde était rouge et boursouflée. Les cordes vocales étaient superficiellement exulcérées.
Observation XV.
S. Gee, loc. cit. — Tuberculose pulmonaire et pharyngo-laryngée.
Caroline Hill, âgée de 30 ans, fut admise le 17 mars 1871 à l’hôpital Saint-Barthélemy, où elle mourut le 13 avril suivant.
A l’autopsie on trouva les deux poumons farcis de tubercules miliaires, et creusés d’excavations à leur sommet. La muqueuse pharyngienne, depuis le voile du palais jusqu’au cartilage cricoïde, était ulcérée ; les replis glosso-épiglottiques étaient ulcérés, et l’épiglotte presque entièrement détruite. Le voile du palais, très épaissi, n’était pas ulcéré. La membrane muqueuse du larynx était ulcérée jusqu’audessous des ventricules.
Observation XVI.
Isambert, Soc. méd. des hôpitaux , ) 871 . — Granulie aiguë pharyngo-laryngée.
Une femme de 30 ans souffrait de la gorge depuis environ deux ans, et se plaignait d’un peu de difficulté à avaler; de plus elle toussait depuis cinq ou six mois.
OBSERVATIONS
A son entrée, on trouva un peu de submatité au sommet droit; voix nasonnée. Pas d’engorgement des ganglions cervicaux. Sur la face antérieure du voile du palais, les piliers antérieurs et la luette, plaques nombreuses à contours sinueux, il surface gaufrée et mamelonnée, entourées d’un liséré inflammatoire étroit, d’un rouge terne. Sur la luette, les amygdales, les piliers postérieurs et la paroi pharyngienne, couche grisâtre mamelonnée, demi-transparente, rappelant l’aspect des dépôts plastiques de la péritonite adhésive. Sur la paroi postérieure du pharynx, on remarquait plusieurs boutons acuminés analogues à la pointe d’un furoncle il maturité, perdus au milieu des produits pultacés de la gorge.
Après avoir essayé des applications locales de bromure de potassium, puis de chlorate de potasse, sans résultat, on essaya un traitement spécifique par le proto-iodure, qui dut être interrompu en raison de l’augmentation des douleurs, et de la salivation mercurielle. On eut alors recours à l’huile de foie de morue, au vin de quinquina et aux cautérisations par l’acide chromique concentré. Les surfaces ulcérées se détergèrent et la douleur diminua, ainsi que la suffocation.
Mais bientôt leâ symptômes pulmonaires s’aggravent, et la malade succombe au bout de deux mois.
A l’autopsie on trouva les poumons farcis de granulations miliaires en voie de ramollissement ; la glotte rétrécie par le gonflement des parties voisines. Les ulcérations pharyngiennes étaient superficielles.
Observation XVII.
Isambert, Soc. méd. des hôpitaux, 1872. — Granulie aiguë du pharynx.
Un individu, offrant des signes peu nets de tuberculose pulmonaire au premier degré, voit se développer sur le voile du palais et le pharynx un semis de granulations grisâtres grosses comme des grains de semoule. En même temps dysphagie, affaiblissement de l’ouïe, engorgement des ganglions sous-maxillaires.
Peu à peu les granulations augmentent de volume, s’ulcèrent et deviennent saignantes ; les ganglions se ramollissent et s’abcèdent. Le malade meurt dans le marasme au bout de quatre mois.
L’examen histologique du pharynx, fait par M. Troisier, a montré des granulations tuberculeuses formées par de petits groupes d’éléments embryonnaires tassés les uns contre les autres, occupant le chorion de la muqueuse et le tissu sous-muqueux.
Observation XVIII.
Bucquoy, Soc. méd. des hôpitaux, 1874. — Angine tuberculeuse.
D..., âgé de 34 ans, sommelier, entre le 18 février 1874 à l’hôpital Cochin. Depuis l’an dernier il tousse, a maigri et perdu ses forces. Au moment de son entrée il présente des signes nets de tuberculose pulmonaire au deuxième degré.
Il se plaint de cuisson dans la gorge et de difficulté à avaler. Sur la moitié droite du voile du palais, on découvre de petites saillies grisâtres, arrondies, du volume d’un grain de millet, reposant sur une muqueuse à peine enflammée. Les jours suivants ces granulations se multiplient, forment des plaques de l’étendue d’une lentille qui s’exulcèrent rapidement. Cachexie rapide.
Le 21 mars le malade exige sa sortie et on le perd de vue.
Observation XIX.
Cadiat, Bull, de la Soc. anat., 1874. — Tuberculose pulmonaire et pharyngée.
Une femme, manifestement tuberculeuse, a été prise depuis deux mois de douleurs de gorge, avec parésie du voile du palais, gênant beaucoup la déglutition des liquides. — On a constaté des ulcérations pharyngées qui ont paru de nature tuberculeuse. — A diverses reprises il s’est produit des accidents de suffocation paraissant dus à de l’œdème de la glotte.
La suite de l’observation n’a pas été recueillie.
Observation XX.
llanot, Bull, de la Soc. anat., 1874. — Phthisie gutturale.
Un homme de 51 ans, atteint depuis quatre ans de tuberculose
OBSERVATIONS
pulmonaire, a eu il y a deux mois une ulcération de la gencive, qui a amené la chute des incisives supérieures. Quinze jolirs avant son entrée à l’hôpital, tuméfaction et points blanchâtres sur la luette et la face antérieure du voile du palais ; bientôt suivie d’exulcération.
A l’entrée : signes de tuberculose pulmonaire au deuxième degré ; ulcérations irrégulières, à bords taillés à pic, sur la luette et ses commissures ; ulcérations très superficielles, à bords peu saillants, à surface chagrinée, sur le voile du palais ; — érosions ulcéreuses à. la surface des amygdales ; — rien sur la face postérieure du pharynx. — Léger engorgement des ganglions sous-maxillaires.
Cachexie rapide ; dyspnée; asphyxie. — Le malade succombe douze jours après.
À Y autopsie on trouve des granulations grises disséminées dans toute la hauteur des poumons ; quelques noyaux caséeux au sommet.
L 'examen microscopique du pharynx fait voir des lésions inflammatoires diffuses dans les parties ulcérées, avec quelques granulations tuberculeuses disséminées. — Les altérations sont limitées au chorion et au tissu sous-muqueux. Au niveau des amygdales on découvre également quelques granulations tuberculeuses concentrées dans la muqueuse de revêtement.
Observation XXL
Hayem, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 1874. — Tuberculisation
du pharynx.
M. Ilayem « a eu l’occasion d’observer un cas d’éruption tuberculeuse du pharynx, du voile du palais et de la luette ; cette éruption se composait de granulatiops grises ou jaunes entourées d’un liséré rougeâtre, ainsi que cela se voit dans les poumons atteints de phthisie aiguë. Il a vu se produire consécutivement un ramollissement avec ulcération. »
Observation XXII.
Martineau, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux , 1874. — Tuberculisation pulmonaire, pharyngée, anale.
Un homme atteint depuis l’année dernière d’une tuberculose pul- Barth. 10
monaire qui est aujourd’hui arrivée au deuxième degré, présente une angine tuberculeuse caractérisée par une rougeur diffuse du voile du palais et des piliers, et par l’existence d’une exulcération grisâtre sur la face antérieure du pilier postérieur près de la base de la luette; — celte exulcération est régulière, ovale, en coup d’ongle. La déglutition n’est pas douloureuse,
11 existe une ulcération du bord de l’anus et de la fesse gauche, datant de six semaines et offrant tous les caractères des ulcérations tuberculeuses.
Observation XXIII.
Cornil, Journ. des conn. mèd., 1873. — Tuberculose pulmonaire; ulcération
du voile du palais.
Un employé de commerce atteint depuis un an de tuberculose pulmonaire a été pris il y a un mois de douleurs de gorge et de dysphagie. — L’examen du pharynx fait voir sur le pilier antérieur du voile du palais, du côté droit, une ulcération grise, à bords irréguliers, parsemée de points jaunâtres saillants. A a périphérie sont des granulations isolées dont l’une est en voie d’ulcération à son sommet. — Une autre ulcération de même nature, mais moins avancée, occupe l’amygdale. — Aux deux sommets, on constate des lésions tuberculeuses au deuxième et au troisième degré.
Le malade est mort trois mois après. L’autopsie n’a pas été relatée.
Observation XXIV.
Cornil, Journ. des conn. médicales, 1873. — Ulcère tuberculeux du voile
du palais.
Un malade du service de M. Bernutz a succombé aux progrès de la phthisie pulmonaire, après avoir présenté un ulcère tuberculeux du voile du palais.
A l’autopsie : voile du palais épaissi et ulcéré ; formation abondante de tissu embryonnaire au fond et aux bords de l’ulcération,
OBSERVATIONS
et hypertrophie des glandes acineuses, dont les cellules épithéliales sont infiltrées de granulations graisseuses. — Sur les bords de l’ulcération se voient des amas de cellules rondes ayant la forme et les caractères des granulations tuberculeuses.
Observation XXV.
Isambert, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 1875-76. — Tuberculisation
du voile du palais.
Une jeune femme de 25 à 30 ans, présentant quelques craquements humides au sommet des poumons, est atteinte d’une érosion superficielle de la muqueuse palatine, constituée par de fines granulations occupant la face antérieure de la luette et le pilier postérieur droit du voile du palais. La luette est encore assez intacte, mais le pilier postérieur est fortement entamé, et derrière l’ulcération du voile, une excavation de la largeur d’une pièce de 20 centimes tend h se former dans la paroi pharyngienne postérieure.
Six mois plus tard la luette est tombée, détruite par la tuberculisation, mais ensuite il a paru se produire une amélioration ; le voile du palais est devenu moins douloureux ; les granulations tuberculeuses ont paru s’énucléer peu à peu par un travail de caséification et de suppuration, et les petites ulcérations alvéolaires, qui se produisent à la suite de ce travail, se comblent peu à peu. — Ce résultat est dû à la glycérine morphinée.
On trouve toujours aux poumons des signes de tuberculisation au deuxième degré.
Observation XXVI.
Isambert, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux , 1875. — . Granulie aiguë
pharyngo-laryngée.
Autre malade, atteinte de lésions pulmonaires passant du deuxième au troisième degré. Des granulations grises envahissent les deux côtés du voile du palais, à droite et à gauche. L’épiglotte érodée h sa
surface est le siège d’une infiltration qui double son volume. — Les ligaments ary-épiglottiques sont gonflés et œdémateux.
Observation XXVII.
S. Gee, S. Barthol. Hosp. Reports, vol. XI, l87o. — Ulcérations tuberculeuses de l’isthme du gosier.
Thomas S., âgé de six ans, souffrait depuis neuf mois d’une diarrhée continuelle, quand il commença à se plaindre de la gorge. — On reconnut que la surface de la luette était très inégale, couverte de saillies et de dépressions ; l’amygdale gauche manifestement ulcérée. Un muco-pus très épais couvrait la face postérieure du pharynx. Les ganglions cervicaux étaient engorgés et durs, surtout à droite.
L’ulcération du voile du palais s’accrut avec lenteur et finit par détruire la luette. Dysphagie ; régurgitation des liquides par le nez ; douleurs excessives au moment de la déglutition, rendant l’alimentation presque impossible. Timbre nasonné de la voix.
Amaigrissement extrême ; fièvre hectique. Mort au bout de six semaines.
Autopsie : la totalité du pharynx jusqu’à l’origine de l’œsophage est couverte d’une matière jaune, puriforme ; la membrane muqueuse est détruite dans une grande é tendue et laisse à nu la couche musculeuse. 11 en est de même au niveau des deux faces du palais. La luette est détruite. La membrane muqueuse de la base de la langue est également en partie ulcérée. L’amygdale droite est détruite, la gauche difficile à distinguer. L’épiglotte et les replis aryépiglottiques sont ulcérés, mais moins profondément que les parois pharyngiennes. Les surfaces ulcérées sont parsemées de points et de traînées blanchâtres et piquetées d’ecchymoses. Le voile du palais, considérablement épaissi, est décoloré. — L’altération s’étend à la face postérieure de l’épiglotte et au vestibule du larynx ; les cordes vocales et la portion sous-glottique sont intactes.
Les ganglions lymphatiques sous-maxillaires et cervicaux sont caséifiés et ramollis.
Infiltration tuberculeuse dans les poumons ; — ulcérations tuber-
OBSERVATIONS
culeuses de l’intestin grêle, du cæcum et du côlon ascendant. Engorgement considérable des ganglions mésentériques.
L’examen histologique du voile du palais a fait voir des granulations nombreuses, les unes sphériques, d’autres allongées ou fusiformes, répandues dans le tissu conjonctif sous-muqueux. Ces granulations ont les caractères du tubercule cellulaire de Virchow, et sont formées d’une agglomération de noyaux très petits, sans aucune des cellules dites épithélioïdes ; on n’y découvre pas de cellules géantes.
Observation XXVIII.
Liouville, Bull, de la Soc. anat. , 1875. — Ulcération tuberculeuse du pharynx.
Un malade atteint de tuberculose généralisée présentait une dys phagie extrême, et l’ingestion des liquides excitants, comme le vin, déterminait des douleurs très vives.
A l’autopsie on trouva sur la face antérieure du pharynx, derrière le larynx, une ulcération très profonde, ayant déterminé l'ossification et la nécrose du cartilage cricoïde; dans le point correspondant de la face postérieure du pharynx, autre ulcération absolument semblable. — Le larynx était sain et nullement intéressé, si ce n’est par propagation et de dehors en dedans.
Observation XXIX.
Isambert, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 187G. — Ulcérations tuberculeuses de l’isthme du gosier.
Petite fille de quatre ans et demi, née de parents bien portants ; a présenté quelques accidents scrofuleux dans la première enfance.
Il y a quatre mois, on s’est aperçu que le voile du palais était couvert d’ulcérations blanchâtres et qu’il n’y avait plus de luette.
Actuellement la respiration est gênée; il y a un peu de cornage, peu de douleur de la déglutition. Sur le bord libre du voile du palais et les piliers, zone ulcérée superficiellement, couverte de granu-
lations chagrinées, blanchâtres comme des grains de semoule ou des œufs de poisson, le tout formant une plaque de 1 centimètre de largeur environ. — La luette est tombée, il n’en reste qu’un tronçon. Rien qu’un peu de rougeur à la paroi postérieure du pharynx. — Tuméfaction de l’épiglotte et des replis ary-épiglottiques.
Les poumons ne présentent encore aucun signe certain de tuberculose, mais il est à craindre qu’ils ne soient prochainement envahis.
Observation XXX.
Frænkel, Berl. Klin. Wochenschr ., 1876. — Phthisie pulmonaire; pharyngite
tuberculeuse.
Un homme de 42 ans, atteint d’une phthisie pulmonaire bien caractérisée, présenta des ulcérations tuberculeuses du dos de la langue et de tout le pharynx. — Peu de temps après il contracta la diphlhérie à laquelle il succomba.
L’autopsie, faite parCohnheim, fit voir des noyaux de pneumonie caséeuse et des excavations dans les deux poumons, avec infiltration de tubercules miliaires anciens et récents ; — des tubercules miliaires dans la rate, le foie, les reins, la prostate; — des ulcérations tuberculeuses de l’iléon ; — enfin sur le dos de la langue et dans le pharynx de nombreuses ulcérations tuberculeuses, avec engorgement de même nature des ganglions cervicaux.
Observation XXXI.
Frænkel, loc. cit. — Ulcérations tuberculeuses du pharynx.
Une fille de 18 ans fut atteinte d’ulcérations du pharynx que l’on supposa de nature syphilitique et que l’on traita en conséquence. — Mais, loin de s’améliorer sous l’influence des mercuriaux, les lésions ne firent que s’accroître, et en même temps se manifestèrent des signes de plus en plus nets d’une affection tuberculeuse des sommets.
OBSERVATIONS
loi
Observa vion XXXII.
Frænkel, loc. cit. — Tuberculose pulmonaire et pharyngée.
Un homme âgé de 33 ans, dont le père et deux frères sont morts phthisiques, a été atteint il y a un an d’hémoptysie. Depuis deux mois il éprouve des douleurs en avalant.
Au moment où on l’examine il est pâle et maigre, présente des signes d’induration tuberculeuse au sommet droit. — Au pharynx, surtout du côté droit, se voient des ulcérations étendues qui occupent toute la paroi latérale, dépassent en avant l’isthme du gosier et empiètent sur le voile du palais. La luette, de la grosseur du pouce, est couverte de petites saillies du volume d’une lentille ; son point d’implantation sur le voile est entouré d’un cercle de petites ulcérations. Le bord des ulcérations est lardacé par places, et à leur voisinage se montrent de petits noyaux grisâtres et jaunâtres. Les ganglions lymphatiques de l’angle des mâchoires sont engorgés et atteignent le volume d’une noix.
Le traitement par l’iodure de potassium n’a amené aucune amélioration, et le malade succombe au bout de quelques semaines. — Autopsie non faite.
Observation XXXIII.
Frænkel, loc. cit. — Tuberculose généralisée ; ulcérations du pharynx.
Une femme, dont le frère était mort poitrinaire, souffrait depuis deux mois de douleurs dans le cou, et d’une gêne de la déglutition ; — bientôt après, fièvre continuelle, toux et perte des forces.
On constata une infiltration tuberculeuse des deux sommets. — Sur toute la moitié droite, et un peu sur la partie gauche du voile du palais, ulcérations lenticulaires confluentes, qui ne tardèrent pas à envahir les parois latérales et postérieure du pharynx ; — excroissances polypoïdes au voisinage de l’amygdale droite. — Luette atrophiée. L épiglotte très raccourcie, couverte d’ulcérations con-
fluentes, était épaissie de môme que les replis ary-épiglottiques. Il existait quelques ulcérations sur les cartilages aryténoïdes. Les cordes vocales, d’un rouge vif, offraient un bord inégal et déchiqueté.
Il y avait un gonflement notable des ganglions du cou. Les divers symptômes s’aggravèrent rapidement et le malade succomba quinze jours après.
A l’autopsie, indépendamment des lésions constatées dans le pharynx, on trouva les deux poumons infiltrés de granulations grises, et creusés de cavernes à leur sommet ; des tubercules dans les plèvres, le foie, la rate ; — des ulcérations tuberculeuses dans l’intestin.
Observation XXXIV.
Frænkel, loc. cit. — Tuberculose pharyngo-laryngée.
Une journalière de 37 ans, qui présentait des signes évidents de tuberculose pulmonaire au deuxième degré, se plaignit de difficulté à avaler. Sur les parties latérales du pharynx on trouva des ulcérations lenticulaires, confluentes, entourées de nodules grisâtres semitransparents. Au laryngoscope, œdème notable de l’épiglotte, moin considérable des replis ary-épiglottiques ; — petits ulcères sur les cartilages aryténoïdes, injection vive des cordes vocales et de la muqueuse de la trachée.
Ganglions du cou engorgés, gros comme des noix.
Observation XXXV.
Frænkel, loc. cit. — Angine tuberculeuse.
Un ouvrier de 29 ans, non syphilitique, offrant des antécédents héréditaires suspects, toussait depuis longtemps quand il fut pris d’une gêne dans le cou avec douleur et difficulté de la déglutition, besoin fréquent d’éructer. Il consulta un médecin qui le soumit aux frictions mercurielles.
OBSERVATIONS
Trois semaines après il était atteint d’une stomatite avec fétidité extrême de l’haleine. Sur le voile du palais et les parties latérales du pharynx on découvrait de nombreuses ulcérations lenticulaires facilement saignantes, entourées de nodules gris et jaunâtres. Tuméfaction considérable de la luette. Engorgement et tuméfaction notable des ganglions cervicaux surtout à droite. Signes d’infiltration tuberculeuse au sommet droit.
Les jours suivants, sur le voile du palais se développent de petites nodosités confluentes, qui s’exulcèrent rapidement. Trois semaines plus tard le malade succombe.
A l’autopsie on trouve des ulcérations tuberculeuses sur le bord droit de la langue, sur toute l’étendue de l’isthme du gosier. Le larynx et l’épiglotte sont également envahis. Il existe des tubercules dans le foie, les reins, la rate et les poumons. — Ulcérations tuberculeuses de l’intestin.
Observation XXXVI.
Vallin, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 1876. — Ulcérations tuberculeuses
du palais et de la langue.
Un homme de 43 ans, d’une bonne santé habituelle, avait eu des hémoptysies en 1872 ; s’était rétabli.
En novembre 1873, ulcération au pilier droit du voile, de la dimension d’une pièce de 50 centimes, à fond grisâtre, â bords minces d’un rouge vif. — Un traitement spécifique suivi pendant deux mois ne fit qu’aggraver le mal.
Au 15 juin 1876, on constate une tuberculisation pulmonaire au troisième degré. La voix estnasonnée, la déglutition difficile et accompagnée de rejet des liquides par le nez. L’isthme du gosier est couvert d’ulcérations souillées de sanie purulente et de détritus alimentaires; ces ulcères recouvrent les deux piliers, le voile du palais, la voûte palatine; leur fond est inégal, grisâtre; leurs bords, irréguliers, sont rouges, bourgeonnants, saignants. Les lésions sont surtout prononcées du côté droit. Deux ulcérations arrondies, grisâtres, se voient sur les parties latérales de la langue.
On constate une diminution notable de la sensibilité cutanée dans
la région mentonnière droite, et une parésie des muscles masticateurs, que l’on est tenté d’attribuer à une compression ou à une inflammation du nerf maxillaire inférieur au voisinage des ulcérations du voile du palais et de la voûte palatine.
A l’autopsie, on trouve les deux poumons farcis de granulations tuberculeuses à divers degrés de développement. — Les lésions buccopliaryngiennes sont limitées à l’isthme du gosier; la paroi postérieure du pharynx est intacte. Il en est de même du larynx.
Observation XXXVII.
Laveran, Bull, de la Soc. mèd. des hôpitaux, 1877. — Tuberculose miliaire de la voûte palatine et du pharynx.
G..., âgé de 35 ans, a été atteint l’année dernière d’une pleurésie gauche qui, ponctionnée deux fois, a paru guérir. — Il y a un mois, développement de petites aspérités sur la muqueuse de la voûte du palais, un peu à gauche de la ligné médiane; mastication pénible et salivation abondante et incommode.
L’examen de la gorge fait voir des ulcérations superficielles occupant toute la moitié gauche de la voûte palatine et du voile du palais, dépassant même la ligne médiane sur quelques points ; ces ulcérations sont confluentes vers la partie antérieure; leurs bords irrégulièrement arrondis se touchent sur un grand nombre de points ; çà et là de petits îlots de muqueuse rouge, enflammée. Vers la partie postérieure, notamment au niveau de la luette, les petites ulcérations sont bien distinctes les unes des autres ; le fond est grisâtre, les bords sont arrondis : elles ont le diamètre de petits pois, tout^au plus. — Signes d’induration sous la clavicule droite.
Les lésions pulmonaires font des progrès rapides, et le malade succombe trois semaines après.
A Y autopsie on trouve une infiltration tuberculeuse généralisée des deux poumons ; — de nombreuses ulcérations intestinales, petites, arrondies, semblant occuper les follicules clos ; — granulations tuber culeuses dans le péritoine.
L 'examen histologique fait voir, dans la couche sous-épithéliale de la
OBSERVATIONS
muqueuse palatine, des groupes de granulations tuberculeuses très reconnaissables, avec cellule géante centrale. — Mômes lésions dans la luett
Observation XXXVIII.
Secchi, Berl. K lin. Wochenschr., 1877. — Tuberculose miliaire du pharynx.
Un homme de 42 ans, qui n’offrait aucun antécédent de syphilis ni de tuberculose, vit se développer pendant l’été de 1876 une ulcération très tenace, située au côté gauche du palais, à. l’union de la voûte avec le voile. — En même temps il commençait à tousser.
Un traitement spécifique ne produisit aucune amélioration, et bientôt, l’état général ne laissant plus de doute sur le développement de la tuberculose, on envoya le malade dans le midi.
En décembre 1876, l’émaciation était extrême, la peau sèche, terreuse, très chaude. Voix presque éteinte ; douleurs dans le cou avec irradiations dans les oreilles, rendant la déglu tition si pénible, que les aliments solides ne peuvent être avalés qu’avec beaucoup de peine et que les liquides refluent par le nez. Expuition incessante de mucus tantôt blanchâtre, tantôt purulent, épais. Dans la gorge du côté gauche du palais, grande ulcération étendue et superficielle qui va depuis le milieu de la voûte palatine jusqu’aux piliers du voile (25 millim. environ de longueur sur 10 de largeur); les bords sont irréguliers, le fond lardacé d’un jaune sale. Une autre ulcération s’étend sur la muqueuse de la face interne de la joue ; une troisième sur le côté de la langue. Aux environs de la première ulcération, petits nodules jaunâtres, gros comme des têtes d’épingle, en train de s’exulcérer. Mêmes nodosités, mêmes petites ulcérations lenticulaires sur le bord libre de l’épiglotte, qui est œdématiée. — Engorgement considérable des ganglions lymphatiques sous-maxillaires et cervicaux des deux côtés.
Au thorax, matité et râles sous-crépitants aux deux sommets.
Le 31 décembre, on découvre sur la moitié droite, saine jusqu’alors, du palais, de nombreuses granulations grises, miliaires, dont quelques-unes sont déjà remplacées par de petites ulcérations arrondies et jaunâtres. — Depuis ce moment la maladie prend une marche
rapide : il se forme, îi droite comme à gauche, une large ulcération d’aspect lardacé qui ne tarde pas à envahir les piliers du voile du palais et l’amygdale. — Difficulté croissante d’avaler, ne permettant que l’ingestion d’une très petite quantité de lait, ou de quelques boissons mucilagineuses; — le vin, le bouillon, occasionnent des douleurs intolérables.
Le malade meurt dans le marasme le 27 janvier. L’autopsie n’a pu être pratiquée.
Observation XXXIX.
Sourris, Thèses de Paris, 1877. — Angine tuberculeuse chronique.
Une jeune fille de 17 ans, issue de parents tuberculeux, avait eu dans son enfance divers accidents de nature scrofuleuse : conjonctivites rebelles; engorgements ganglionnaires, etc.
Il y a quatre ans, elle fut prise de maux de gorge avec ulcérations de la luette, qui ne furent pas arrêtées par des cautérisations à la teinture d’iode et au nitrate d’argent.
Au premier examen, pratiqué par M. Krisbaber, on constata une •destruction partielle de la luette et de l’épiglotte; des ulcérations profondes dans l’espace inter-aryténoïdien. — La voix était altérée. — On eut recours aux toniques généraux, et aux applications de glycérine morphinée.
Sept mois plus tard, la luette avait disparu en totalité ; le voile du palais et ses piliers étaient presque entièrement détruits; la voix éteinte ; la déglutition presque impossible. On constatait des signes de tuberculisation au sommet des deux poumons.
Un mois plus tard la malade succomba.
Observation XL.
Krishaber, Thèse de Sourris, 1877. — Folliculite tuberculeuse aiguë du
pharynx.
Une jeune fille de 22 ans fut prise de point de côté, de toux, de fièvre et présenta rapidement tous les symptômes d’un état typhoïde
OBSERVATIONS
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très accentué. Le diagnostic restait indécis entre une fièvre typhoïde et une granulie aiguë quand la malade se plaignit de difficulté de la déglutition. — On examina la gorge et on constata sur le voile du palais, la luette et sur toute la paroi postérieure du pharynx, l’existence d’un grand nombre de granulations grises. La muqueuse était rouge, mais nullement exulcérée.
Un peu plus tard des râles sibilants se manifestèrent aux deux bases, et bientôt la malade succomba avec tous les symptômes d’une granulie aiguë.
Observation XLI.
Bourceret, Thèse de Sourris, 1877. — Ulcération tuberculeuse de l’amygdale.
Un homme de 65 ans fut pris il y a quatre ou cinq mois de fièvre, de toux et de perte des forces. — A partir de la même époque il souffrit de temps en temps de la gorge; quelques hémoptysies, diarrhée.
Au moment de son entrée il portait aux deux sommets des lésions tuberculeuses au deuxième et au troisième degré. Il souffrait de la gorge et éprouvait de la difficulté à avaler ; le fond de la gorge était rouge ainsi que le voile du palais; la luette tuméfiée. Sur l’amygdale droite, près du pilier antérieur, se voyait une petite ulcération ovalaire, à fond grisâtre atonique ; tout autour, cinq' ou six petits points jaunâtres et quelques autres points d’un blanc grisâtre. On fit des cautérisations avec le nitrate d’argent.
Quelques jours après, l’ulcération était devenue plus profonde, les granulations plus conlluentes. — Des attouchements avec la teinture d’iode produisirent de bons résultats ; l’ulcération resta stationnaire, la déglutition devint moins pénible.
Le malade mourut quelques jours après.
A l’autopsie on trouva les poumons farcis de noyaux tuberculeux, quelques petites excavations aux sommets; quelques ulcérations tuberculeuses dans l’intestin.
L’examen histologique de l’ulcération amygdalienne permit d’y reconnaître des granulations tuberculeuses petites et nombreuses.
Observation XLII.
K. Breus, Wiener med. Wochenschrift, 1878. — Ulcérations tuberculeuses du pharynx, de l’œsophage et de l’estomac à la suite de l’action d’un caustique.
Un individu de 21 ans, phthisique, avala dans un moment de désespoir une certaine quantité de solution de potasse, et se fit des brûlures profondes au pharynx, à l’œsophage et à l’estomac. -Trois mois après il mourut dans le marasme.
A l’autopsie on trouva des tubercules dans les poumons, dans le foie, dans la rate et dans les reins. Sur les parois pharyngiennes se voyaient des cicatrices fibreuses et rétractiles, et dans leur voisinage de nombreuses ulcérations ayant tous les caractères des ulcérations tuberculeuses ; d’une forme irrégulièrement arrondie, d’une dimension atteignant 1 centimètre, elles mettaient à nu la couche musculeuse. Dans leur voisinage se voyaient nettement des granulations miliaires et d’autres plus volumineuses, manifestement caséeuses. Parmi les faisceaux musculaires du constricteur du pharynx, existaient également de nombreux tubercules miliaires visibles à l’œil nu.
Observation XLIII.
Uelade, Thèses de Paris, 1878. — Ulcérations tuberculeuses bucco-pharyn-
gées ; salivation.
Un homme de 36 ans éprouvait depuis quelques semaines des douleurs de gorge, avec un peu de toux et d’expectoration.
A son entrée on constate de la submatité et quelques craquements aux deux sommets. Sur le voile du palais, à droite, large ulcération à bords nets taillés à pic et dentelés; à gauche et plus en arrière, autre ulcération, étroite et allongée, allant se terminer sur l’amygdale; autres ulcérations dans le sillon gingivo-labial et sur la muqueuse labiale. La mastication et la déglutition sont très gênées, le malade crache plus de trois crachoirs par jour.
OBSERVATIONS
Bientôt dyspnée croissante; cyanose et asphyxie, et le malade succombe un mois après son entrée.
A l’autopsie on trouve les poumons farcis de granulations disséminées.— Pas de lésions de l’intestin. L’examen histologique montre une infiltration embryonnaire diffuse occupant le tissu sous-muqueux, et se propageant dans les glandes muqueuses et entre les muscles.
Observation XLIY.
Féréol, Thèse de Gelade. — Tuberculisation du voile du palais.
Une femme de 27 ans, qui ne présente pas d’antécédents héréditaires de phthisie, a eu une pleurésie il y a un an ; depuis cette époque elle tousse, sans avoir craché de sang; elle a maigri et se plaint de transpirations nocturnes.
Il y a cinq mois, a débuté une petite ulcération à la face interne de la muqueuse gingivale, entre les deux dernières molaires. Depuis deux mois, picotements dans la bouche; un médecin qu’elle a consulté a trouvé la voûte palatine parsemée de petits boutons blancs qui en peu de temps se sont transformés en ulcérations.
Au moment où la malade entre à l’hôpital, on constate une large ulcération, parsemée de plaques jaunâtres, mais non saillantes, qui occupe la moitié gauche de la voûte palatine et de la face antérieure du voile du palais. — Submatité et craquements aux deux sommets.
Des attouchements avec la teinture d’iode ayant produit une légère amélioration, la malade quitte l’hôpital.
Observation XLV.
Siredev, Thèse de Gelade. — Ulcération tuberculeuse du voile du palais.
Une femme de 29 ans avait présenté à diverses reprises des signes de tuberculisation pulmonaire, et toussait continuellement depuis dix-huit mois, quand elle fut prise de douleurs de gorge. — Au moment où on l’examina, il y avait des signes de ramollissement aux
DE LA TUBERCULOSE DU PIIARYMX
deux sommets. La partie gauche du voile du palais offrait une ulcération irrégulière à surface grisâtre et granuleuse, à bords dentelés minces, non décollés, entourés d’un liséré rose. Autre ulcération analogue sur la gencive.
Il y avait des douleurs assez vives, s’irradiant dans l’oreille gauche; — la mastication était gênée, la déglutition également douloureuse; la sécrétion salivaire augmentée. Pas d’engorgement des ganglions sous-maxillaires.
Observation XLVI.
Fernet, Thèse cle Spillmann, 1878. — Granulie aiguë péritonéale, pulmonaire et pharyngée.
Une femme de 54 ans avait présenté depuis cinq mois des signes successifs de granulie du péritoine et des plèvres, quand elle fut prise de douleurs de gorge et d’une grande gêne de la déglutition. — Un mois plus tard on constata l’existence d’une large exulcération qui occupait la luette, le bord libre du voile, les piliers et le fond du pharynx. Sous l’influence d’un collutoire morphiné l’ulcération se détergea, devint granuleuse, et les douleurs se calmèrent. — Mais la malade mourut subitement quelques jours après.
A l’autopsie on reconnut que l’ulcération observée pendant la vie s’étendait à la face supérieure du voile du palais ; il existait de plus une ulcération isolée au niveau de la grande corne gauche de l’os hyoïde. — Les lobes supérieurs des deux poumons étaient farcis de tubercules de grosseur variable ; il existait des ulcérations tuberculeuses dans l’intestin ; — le foie était infiltré de granulations embryonnaires récentes.
L’examen histologique fit reconnaître une prolifération embryonnaire très abondante, occupant le tissu conjonctif, étouffant les éléments glandulaires et les muscles. Quelques granulations tuberculeuses bien nettes sur les limites de l’ulcération.