OBSERVATION X
M. L. G..., tailleur, de tempérament lymphatique, a toujours eu une santé excellente.
On ne connaît pas dans sa famille de personnes ayant d’antécédents tuberculeux.
Agé de 28 ans, ancien militaire, n’a jamais été sujet aux rhumes et bronchites; la denture est mauvaise, quelques molaires sont cariées au maxillaire inférieur droit.
A la suite de douleurs vives, il fit procéder à l’avulsion d’une dent. La cicatrisation de la plaie alvéolaire se fit rapidement ; mais trois mois après il se fit une colléction purulente qui entraîna une nécrose du rebord alvéolaire.
Malgré des gargarismes antiseptiques fréquents et un traitement approprié, il se déclarait une suppuration abondante et la plaie resta fistuleuse.
Deux mois après, il se produisit un engorgement des ganglions de la région sous-maxillaire qu’on sentait hypertro phiés et douloureux.
Huit mois après le début de l'affection, que le malade considère comme la suite d’un rhume négligé survenu après s'être légèrement exposé à la pluie, la toux se déclare, une bronchite s’ensuit, aveo expectoration abondante et hémoptisie légère.
A l’auscultation, on constate des râles sous crépitants sous la région sous-claviculaire et sus-épineuse ayec submatité du même côté, fièvre vespérale, amaigrissement et sueurs nocturnes; malgré le traitement institué le malade succomba quatre mois après. Il appréciait particulièrement la valeur thérapeutique du chlorhydro-phosphate de chaux et du glycéro-phosphate qui étaient pour lui, disait-il, d'excellents reconstituants.
OBSERVATION XI (Personnelle)
X..., âge de 38 ans, cultivateur, qui avait été soigné depuis longtemps par d’autres confrères pour une bronchite chronique, disait-il, vint à mon cabinet de consultation en mars
Il me raconta qu'il y avait environ quinze mois il avait eu un abcès de la bouche à la suite de l’avulsion d’une dent molaire droite mal arrachée; qu’un gonfiement du cou s'était produit ensuite du même côté, très douloureux ; que malgré les soins qui lui avaient été prodigués par les médecins, il n'avait pu faire résorber cette grosseur ganglionnaire et qu’il craignait que cette inflammation soit descendue sur sa poitrine, Car il toussait beaucoup depuis cette époque sans avoir pu obtenir de soulagement des soins médicaux qui lui étaient prodigués : potions calmantes, créosote, vésicatoires, arséniates, pointes de feu, etc.
Le malade, qui avait été toujours robuste et vigoureux jusqu’au jour où ils’est plaint de son affection, était considérablement amaigri, toussait beaucoup et l’expectoration était très abondante.
A l’auscultation on entendait de gros râles sous-clavicu-
op
laires droits, Souffle caverneux très limité; une légère hémoptisie, qui avait effrayé le malade, s'était produite quinze jours avant ma visite. Mon diagnostic fut: phtisie au 3° degré.
Je lui prescrivis la continuation du même traitement : créosote, arséniate, etc. , tout en y ajoutant le glycéro-phosphate de chaux à haute dose.
Sous l'influence de ce traitement, l’état général s’améliora sensiblement ; le malade avait augmenté de poids (2 kilos), expectorait moins, les sueurs étaient moins abondantes, l’appétit était revenu. On entend toujours le souffle caverneux à l’auscultation ; mais le malade se promène, se livre encore aujourd’hui à de petits travaux et se considère comme en pleine convalescence.