‹ De La Tuberculose IntralingualeChapitre 11 sur 16 · APT · texte numérisé non relu

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à la façon d’un lipome, c’est-à-dire avant qu’il ait eu le temps de se ramollir et de se diffuser par la voie conjonctive. |

Mais quel est le traitement de choix ? La ponction simple est un moyen de diagnostic et non de traitement, car la récidive est fatale; la ponction suivie d’injections modificatrices est une méthode lente et aveugle parce qu’elle nécessite des manœuvres répétées : elle est imparfaite parce qu’il n’est pas facile de faire sortir par une canule le pus crémeux et même les fongosités, contenu ordinaire des abcès froids; enfin la réaction inflammatoire qui suivra l'injection ne peut-elle pas excéder l'effet thérapeutique, provoquer un œdème excessif et partant des accès de dyspnée et de suffocation qui-pourraient devenir inquiétants ? |

L’abrasion au thermo-cautère en tissu sain aura l’avantage de nous mettre en garde contre une hémorragie plus effrayante que dangereuse,fmais la lenteur de la cicatrisation, la déformation toujours appréciable qui résultera de la perte de substance sont des facteurs trop importants dans un organe qui doit rester libre comme la langue pour que nous puissions préconiser cette méthode.

. Voici quel sera pour nous le traitement de choix : Pendant les quelques jours qui précèdent l'opération il faut prendre les soins antiseptiques nécessaires pour assurer une asepsie relative de la cavité buccale, il faut aussi s’occuper de l’état général et se rappeler que lintervention est quelquefois le point de départ d’une infection générale rapidement fatale. Le malade étant anesthésié, on fait au niveau de la tumeur une incision longitudinale ou cruciale si cela est nécessaire, on dissèque soigneusement la poche

si c’est possible et on procède à son ablation. Si la tumeur

est adhérente, si de nombreux prolongements rendent

son extirpation impossible, il faut avoir recours à l’extirpation partielle suivie du raclage de toute la poche puru-

lente. Les suites opératoires sont des plus simples, des

lavages antiseptiques fréquents suffisent pour éviter une

infection secondaire tant que dure la cicatrisation rendue rapide ici plus qu'ailleurs par la grande richesse vasculaire de l'organe, par les faibles dimensions de la cavité

abcédée, par la non-diffusion des lésions et enfin par la

netteté de la ligne de démarcation entre les tissus sains et

les tissus pathologiques.

Cette destruction rapide du tuberculome a peut-être contre elle le péril des auto-inoculations, la possibilité de la récidive par oubli d’une traînée embryonnaire perdue dans les mailles conjonctives et enfin la nécessité d’une brèche relativement large pour le volume de l’organe et partant l’inconvénient d’une cicatrice, Tous ces prétendus inconvénients sont plus fictifs que réels. Dans toutes les observations que nous avons dépouillées, nous n’avons nulle part trouvé que l'intervention ait été le point de départ d’une généralisation tuberculeuse fatale ou d’une infection secondaire d'ordre septicémique ; au contraire, l'intervention hâtive a pu dans certains cas arrêter l’évolution des lésions viscérales., Quant aux infections secondaires dues aux microbes vulgaires de la suppuration, la clinique ne nous montre-t-elle pas tous les jours que contrairement à ce que l’on pourrait croire, étant donnée la richesse considérable de la cavité buccale en espèces microbiennes, les infections secondaires y sont relativement rares ?

Sue

Les trainées nodulaires aberrantes si fréquentes dans l’épithéliome interstitiel sont exceptionnellesdans le tuberculome intra-lingual; nous attribuons ce fait à la bénignité très réelle de cette localisation morbide et à la rareté très grande du tissu conjonctif dans la constitution anatomique du parenchymelingual. Quant à la cicatrice, elle ne sera jamais assez considérable pour produire une gêne marquée dans les fonctions de la langue et, le côté esthétique étant ici écarté, c’est le résultat fonctionnel seul qui doit entrer en considération,

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