‹ De La Tuberculose IntralingualeChapitre 12 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

M. H. BarrTH. — Tuberculisation parenchymateuse de la langue à forme nodulaire. 25 novembre 1887.

Homme, quarante-six ans, placier, entré il y a cinq mois pour une affection tuberculeuse des poumons. Pas de bacillose dans l'hérédité, pas de syphilis. Six mois après le début d’un rhume négligé, il a commencé à souffrir de la langue : sensation de brûlure et gêne des mouvements. En juin, signes manifestes d’infiltration et ramollissement des deux sommets. À la fin de juillet, l'extrémité antérieure de la langue devient bosselée et présente sur ses deux faces plusieurs petites saillies arrondies grosses comme des lentilles, la muqueuse est saine, Au point de vue fonctionnel, la parole est épaisse, la mastication possible, la déglutition normale, quelques douleurs névralgiformes. On institue un traitement antisyphilitique qui reste sans effet et les lésions continuent leur évolution. Pas de lésion d'aucune nature dans la bouche, pas d’engorgement ganglionnaire, mais la recherche des bacilles dans les crachats étant positive et les tumeurs ayant abouti à l’ulcération on fait le diagnostic de tuberculose intralinguale. Ablation au thermocautère par le D' Berger,

RS 2,0 EE à

M. CHAUFFARD. — Tuberculose gommeuse de la langue.

Ouvrier surmené, quarante-huit ans, aspect presque cachectique, A vingt-quatre ans, syphilis bénigne très probable; enfin, depuis l'hiver 1891-1892, tuberculose pulmonaire en voie d'évolution confirmée par l’examen des erachats, Augmentation considérable du tiers antérieur de la langue qui est mamelonné et présénte au niveau du sillon médian une fissure grisâtre irrégulière se terminant en arrière par une sorte de cratère. Sur la muqueuse lisse et rosée on constate un semis discret de petits nodules jaunâtres dont Julliard et Trélat ont montré la grande valeur seméiologique. Peu ou pas de douleurs. Pour assurer le diagnostic on prescrit l’iodure à haute dose, mais les lésions s’aggravent et ici elles sont trop étendues et trop avancées pour que l’on puisse songer à une intervention radicale.

M. P£AN. — Gommes tuberculeuses ulcérées.

Ablation. — Mort.

C..., trente-huit ans, garçon d’hôtel, entre le 10 décembre 1888 salle Nélaton, 33. Pas d'hérédité, une pleurésie il y a six ans.

Toute la partie libre de la langue est très dure et paraît augmentée de volume. Le bord droit est occupé par une tumeur volumineuse supportant une vaste ulcération qui s’étend de la pointe à la partie moyenne de la langue; cette ulcération est profonde, les bords sont à pic et déchiquetés. Le bord gauche de l'organe est aussi occupé par une ulcération plus profonde, plus irrégulière, mais moins étendue que la précédente, La parole est très gênée, la déglutition et surtout la mastication des aliments durs sont impossibles; la salivation est continuelle, l’haleine est fétide. L’auscultation des poumons dénote à droite des bruits de frottement sur presque toute la hauteur, vestiges de la pleurésie ancienne; le sommet de ce côté est mat et l’on y entend des

craquements, Au sommet gauche, submatité, respiration rude el saccadée. L'état général est mauvais, le malade a un aspect jaunâtre, cachectique. En raison des antécédents et des lésions pulmonaires on diagnostique néoplasme tuberculeux.

La tumeur est circonscerite à l’aide de pinces à dents et enlevée au bistouri, Les jours suivants la langue se cicatrise bien mais le malade décline rapidement, il tousse, maigrit et a de la fièvre le soir, Il meurt le 1% janvier : l’autopsie vérifie en tous points le diagnostic clinique,

M. Le DenTu. — Abcès froid de la langue. — Tuberculose au premier degré. — Extirpation au bistouri avec rêéunion immédiate.

D. G.., maréchal-ferrant, trente et un ans, entre à l'hôpital Necker le 18 mars 1895 pour une tumeur de la langue. A la face dorsale de la langue, tout près du bord gauche, on constate une tumeur saillante, enchâssée dans le parenchyme, à sa surface la muqueuse est pâle et présente de petites saillies papillomateuses, une petite craquelure se voit dans cette muqueuse hypertrophiée, mais lestylet n’y pénètre pas. La tumeur est ferme, fluctuante, et légèrement douloureuse ; les mouvements de l’organe sont libres, la parole n’est point gênée. Trois ganglions maxillaires du volume d’un gros pois.

L'’auscultation révèle des craquements secs aux deux sommets, l’état général n’est pas bon. On porte le diagnostic de collection liquide de la langue. Une ponction à la seringue de Pravaz donne issue à du pus, il s’agit donc d’un abcès qui est enlevé par une opération qui consiste à exciser au bistouri un fragment cunéiforme de la langue comprenant l’abcès dans son épaisseur. L'examen bactériologique et l’inoculation ont prouvé que l’abcès était de nature tuberculeuse,

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