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langue d'une fistule sous fibro-muqueuse consécutive, à un abcès froid. La fistule est opérée, quelques jours après apparition dans la moitié opposée de la langue d’une induration bien limitée qui atteint le volume d’une noisette. Cette tumeur est ponctionnée, on fait le diagnostic d’abcès froid que l’on incise et cure. »
Dans son Traité de maladies de la langue 1873, Clarke raconte avoir observé souvent dans l’intérieur du parenchyme lingual des tumeurs qui offrent, dit:il, une grande ressemblance avec les syphilomes, mais qui semblent plutôt avoir une origine strumeuse ou tuberculeuse. IL rapporte en particulier l'observation d’une jeune fille de quatorze ans strumeuse dans son enfance dont le père était tuberculeux et qui était porteur d’une tumeur de la langue s'étant ouverte d’elle-même à l'extérieur qu’il déclara être une gomme ramollie.
La même année Gosselin à l’occasion d'observer un malade porteur d’une collection molle et fluctuante dans épaisseur de la langue : cette tumeur ne provoque d’autres troubles qu’une gêne de la phonation ; elle siège dans la moitié gauche de la langue, à droite on constate une saillie verruqueuse à bords arrondis offrant un léger relief et circonscrivant une sorte de dépression ayant l’aspect extérieur d’un trajet fistuleux. La ponction de la poche donne issue à du pus séro-sanguinolent et en explorant le trajet fistuleux on tombe dans la cavité de Pabces, la fistule est donc consécutive à l’abcès, la collection est traitée comme un abcès froid, mais quelques jours après l'opération on voit apparaître dans le fond de la plaie des bourgeons de mauvaise nature que l’on prend pour un épithélioma, on en fait l’ablation et on cautérise ay
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fer rouge. Il faut dire que si, dans ce cas, Gosselin a rejeté le diagnostic de gomme syphilitique suppurée porté par Lannelongue, il n’a pas songé à la tuberculose, mais si nous ajoutons que cette tumeur, de nature soi-disant épithéliale n’a jamais récidivé et que le malade avait été soigné antérieurement pour un abcès torpide de la région anale, nous avons bien des raisons pour croire à la nature tuberculeuse de l’abcès intralingual.
En 1883, de Brun publie pour la première fois une observation d’abcès froid avec examen histologique. Il s’agit d’une jeune femme dont l’état général est excellent et qui est porteur depuis quatre mois d’une tumeur indolente dans la moitié droite de la langue sans lésions de la muqueuse à son niveau, ni altération quelconque de la cavité buccale, pas de troubles fonctionnels. En raison de l’état général, on songe à un kyste hydatique, mais une ponction donne issue à un pus mallié contenu dans une poche villeuse qui est enlevée. |
L’examen histologique révèle dans l'épaisseur de la paroi de nombreux tubercules à toutes les périodes de leur développement, Il s’agit donc, dit l’auteur, d’un tuberculome et ce qui a empêché le diagnostic, c’est la rareté même de l’affection.
La même année, Gade observe à l’hôpital de Copenhague une tuberculose parenchymateuse de la langue chez une femme porteur de lésions pulmonaires.
En 1882, Péan fait dans ses cliniques chirurgicales une excellente étude des abcès froids de la langue dont :ül admet une variété non tuberculeuse.
Eu 1888, M. Poncet présente à la Société de chirurgie de Lyon un cas, diagnostiqué par lui, de tuberculose intra-
PAU ES linguale ; c’est ce cas que nous rapporterons qui a été le point de départ de notre travail. Depuis lors, l’affection étant mieux connue, les observations se multiplient, entre . toutes nous retiendrons celle de Dardignac (1894) qui admet la notion étiologique déjà signalée par Poncet en 1888 et que nous croyons pouvoir établir dans notre cha pitre sur la pathogénie.